Vacances de février : faute de neige en moyenne montagne, un report de skieurs attendu dans les stations des Alpes

Les vacances d'hiver s'annoncent très contrastées en montagne où le manque de neige dans certains massifs pousse la clientèle vers les grandes stations d'altitude, creusant le fossé avec celles situées plus bas ou plus au Sud.

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Alors que la Cour des Comptes vient de rendre un rapport sévère sur le modèle économique du ski français, jugé fragile dans la perspective du changement climatique, de nombreuses stations de moyenne altitude souffrent du fort redoux que connaît le pays avec des températures parfois record en montagne

Tandis que les vacances d'hiver, cruciales pour les stations, démarrent samedi, nombre d'entre elles ont dû fermer une partie de leurs pistes et remontées mécaniques faute de neige, voire sont à l'arrêt dans l'attente des flocons.

Pas de neige sur les massifs 

"Il n'y a pas de neige sur les massifs de moyenne montagne (Vosges, Jura, Massif central)", résume Météo France dans un point mercredi. "Dans les Pyrénées et en Corse, seuls les sommets sont encore enneigés".

L'enneigement est en revanche "très excédentaire sur les Alpes au-delà de 2 400 m, mais nettement moins bien fourni à plus basses altitudes". Des précipitations sont attendues en fin de semaine des Alpes aux Pyrénées, mais pourraient, à nouveau, commencer avec de la pluie en basse altitude.

"Le département de la Drôme, qui compte six petites stations de moyenne montagne entre Vercors et Dévoluy, a pris le parti de se passer de neige artificielle, 'trop risquée dans nos secteurs', et a recours à des 'astuces' pour gérer son or blanc", explique Christian Morin, président de l'Epic qui les gère.

Des "pièges" de bois permettent d'amasser la neige au moment où elle tombe et elle est ensuite stockée au frais dans des zones boisées en attendant d'être utilisée pour colmater les trous dans les pistes si besoin. "On a pu déplacer deux fois ce qu'on aurait pu produire en neige de culture. C'est un bon compromis pour nos stations", estime-t-il.

Les choses sont très contrastées cette année, elles correspondent globalement à ce qu'avait projeté la science.

Hugues François,

chercheur à l'Inrae à Grenoble

"Le fossé entre les stations d'altitude, notamment celles les plus au Nord, se creuse de plus en plus avec celles les plus basses et/ou les plus au Sud qui ont été frappées de plein fouet par le redoux hivernal", constate Hugues François, chercheur à l'Inrae à Grenoble et auteur d'une récente étude sur l'enneigement de stations de ski en Europe.

"Les choses sont très contrastées cette année, elles correspondent globalement à ce qu'avait projeté la science", souligne-t-il en référence aux travaux du Giec.

Report de clientèle dans les Alpes du Nord

En conséquence, les Alpes du Nord bénéficient d'un "report de clientèle en plus de leur remplissage habituel, donc on a potentiellement une fréquentation extrêmement bonne chez eux et mauvaise chez les autres", note-t-il.

Même constat pour Pierre Scholl, délégué syndical CGT à Courchevel, en Savoie : "Les basses stations, c'est une catastrophe, donc les hautes stations bénéficient d'un report important. Au niveau climatique, (...) cette année, on a eu des chaleurs hallucinantes", note-t-il.

Selon Météo Pyrénées, il a fait 14,8 degrés dimanche à Font-Romeu, une station des Pyrénées-Orientales située à 1 800 mètres d'altitude.

82 % d'occupation pour les stations de Savoie et Haute-Savoie

L'agence Savoie-Mont-Blanc, qui représente 110 stations et villages des deux Savoie avec pour la plupart un domaine skiable à plus de 1 500 mètres d'altitude, table sur un taux d'occupation de 82 % pendant les quatre semaines de vacances, en hausse de 3 points par rapport à 2023. Avec sa clientèle hivernale composée pour un tiers d'étrangers, elle s'attend à "une très bonne saison" après avoir déjà fait "carton plein" à Noël.

À l'inverse, les réservations sont en chute libre dans certains massifs moins prestigieux comme le Jura, les Vosges et le massif Central avec des reculs de plus de 40 % en février sur un an, selon une récente étude du groupe PAP Particulier à Particulier.

Ces massifs "font les frais du contexte d'inflation, de manque d'enneigement et des blocages routiers des dernières semaines" et "sont possiblement en train de laisser la main aux grandes stations des Alpes", explique sa directrice générale Laetitia Caron.

"L'enneigement est un des premiers sujets, les gens veulent se garantir le fait d'avoir des bonnes conditions", faute de quoi ils sont prêts à "renoncer complètement au séjour" et même à partir à la mer à la place, souligne-t-elle.

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