VIDEO. Escalade : le PGHM et l'association "Casque et Vous" sensibilisent les grimpeurs à l'importance du casque

Seuls 61% des grimpeurs portent un casque dans les courtes parois. A partir de ce constat, un futur moniteur d'escalade a créé une association "Casque et Vous" pour promouvoir la sécurité du casque. Elle mène des opérations de sensibilisation sur les sites d'escalade, et le fera tout l'été.

© France 3 Alpes

En escalade, le port du casque n'est pas, comme le masque, obligatoire quand on grimpe hors encadrement, en pratique individuelle. Ce 19 mai 2021, jour J de déconfinement, nous sommes au départ des parcours sur le site du Désert de l'Ecureil, à deux pas de Grenoble, à Seyssinet-Pariset.

Et l'on interroge ceux qui s'apprêtent à se lancer : casque ou pas casque ? "ça peut être contraignant parfois, on fait l'impasse parfois" répond l'un, tête nue. "J'avoue que des fois je prends, des fois je prends pas, ça dépend de la paroi dans laquelle on va" répond un autre, bonnet sur le crâne.

65 % des grimpeurs portent un casque, en général, et pour des parois courtes. C'est un futur moniteur d'escalade, Adrien Chaboud, qui a réalisé lui-même ce sondage en Isère, auprès d'un échantillon de 1000 escaladeurs.

C'est ainsi qu'est née la toute jeune association, "Casque et Vous", qui ce jour-là s'est installée avec un petit stand présentant différents types de masques, et propose aux grimpeurs de les tester, et de les essayer pour grimper.

Une initiative accompagnée par le Pghm.

Et le débat est ouvert : "en fait, les sportifs s'inquiètent plutôt des chutes de pierres pendant leur course, c'est clair que le casque protège dans cette situation, mais ils pensent moins à d'autres risques : leur tête peut heurter la paroi, et même lors du retour au sol, quand la jambe est piégée en arrière par la corde, et peut les retourner, on peut se faire très mal."

Reportage Amélie Brignolie, Yves-Mrie Glo et Lisa Bouchaud

 

Pour les professionnels, à l'heure des sorties en falaise, si le casque n'est pas obligatoire, il est tout simplement indispensable, comme l'explique cet article de Climb Camp intitulé "3 raisons pour porter un masque".

Il fait en préambule une démonstration convaincante :. "Le fait que ce ne soit pas une obligation légale ne veut pas non plus dire que c’est sans risque de ne pas porter un casque en escalade. Un exemple tout simple : il existe encore énormément de pays dans lesquels le port de la ceinture de sécurité en voiture est facultatif à l’arrière. Pourtant, rouler à 130 km/h sans ceinture est tout aussi dangereux qu’on soit à l’avant ou à l’arrière du véhicule !"

La FFME (Fédération française de la montagne et de l’escalade) vient sur le sujet de mettre en ligne la première partie de l’une des études les plus poussées  qui soient sur les pratiques sécuritaires des grimpeurs, en salle ou en falaise, et sur l’accidentologie inhérente à cette activité.

Elle l'a réalisée en collaboration avec l’université d’Aix-Marseille et l'a intitulée ECORE (Étude des Comportements à Risque en Escalade Sportive).

Tous les comportements ont été passés au crible. Un chapitre est consacré au port du masque. En voici quelques éléments : 

Un peu plus de la moitié (54,6 %) des grimpeurs d’extérieur portent toujours ou presque toujours un casque, tandis que 24 % annoncent ne le mettre que rarement ou jamais. Les raisons évoquées sont l’acceptation du risque (site censé être purgé), la gêne et l’inconfort, l’oubli (casque jugé utile dans ce cas) ou encore la mauvaise habitude (reconnue) de ne pas le mettre en falaise.

D’autres motifs sont toutefois un peu moins rationnels comme, pour 1 %, l’inconscience du risque encouru, la flemme (!) et le sentiment de liberté d’être « tête nue » ou de choix de le porter ou pas.

"Au rayon de l’encore moins censé, 3 % annoncent avoir honte si par exemple, les autres grimpeurs présents n’ont pas de casque, ou alors avoir peur d’être socialement perçus comme des débutants". 

Au chapitre accidentologie de l’étude il est clairement identifié que la seconde cause de blessures lors d’une chute (11 % des cas) correspond à la problématique dangereuse de la corde passée derrière la jambe, ce qui conduit la plupart du temps à finir « tête en bas » avec de grandes chances de frapper violemment la paroi. Le port du casque permet dans ce cas de répartir l’intensité du choc et montre qu’il ne sert donc pas qu’à se protéger des pierres.

Créée avec le CREPS Auvergne Rhone-Alpes et l'université Grenoble Alpes, l'association "CASQUE et VOUS" a pour but de sensibiliser au port du casque en milieu naturel. A la recherche d'aides financières, elle a lancé une cagnotte Leetchi. 

 

 

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