Municipales 2020 : les 3 choses à retenir du débat à Grenoble en Isère diffusé sur France 3 Alpes

Éric Piolle, Émilie Chalas, Olivier Noblecourt et Alain Carignon sont les invités du débat des municipales à Grenoble / © Joëlle Ceroni / France 3 Alpes
Éric Piolle, Émilie Chalas, Olivier Noblecourt et Alain Carignon sont les invités du débat des municipales à Grenoble / © Joëlle Ceroni / France 3 Alpes

REPLAY. C'est l'un des dernier temps forts de la campagne électorale à Grenoble avant le 1er tour des élections municipales des 15 et 22 mars. Les quatre candidats en lice, dont le maire sortant EELV Eric Piolle, s'affrontent dans un débat diffusé sur France 3. En voici les moments les plus forts.

Par Yann Gonon

Eric Piolle conservera-t-il son siège de maire de Grenoble à l'issue des municipales des 15 et 22 mars ? Dans un débat organisé par France 3, les quatre principaux candidats à l'élection ont pu confronter leurs propositions et affirmer à nouveau leurs différences. Environnement, propreté, sécurité, voici les principaux temps forts repérés par la rédaction. Le débat est à retrouver dans son intégralité au bas de cet article.
 

Les invités présents au débat


- Eric Piolle : 47 ans, maire (Europe Écologie Les Verts) de Grenoble depuis 2014

- Emilie Chalas : 42 ans, députée la République en marche de l'Isère

- Olivier Noblecourt : 42 ans, candidat soutenu par le Parti socialiste, ancien délégué interministériel à la pauvreté

- Alain Carignon : 70 ans, ancien maire de Grenoble de 1983 à 1995, ancien ministre, candidat divers droite à la tête d'une liste société civile.


Pas assez d'arbres et trop de pollution


Grenoble est-elle plus verte aujourd'hui qu'il y a six ans ? La question est importante quand l'on sait que la ville est dirigée par un maire écologiste depuis 2014. Eric Piolle est d'ailleurs le seul maire "vert" d'une grande ville en France. Comme l'on pouvait s'y attendre, les concurrents d'Eric Piolle affirment ne pas y trouver leur compte.

Emilie Chalas, dénonce une "révolution écolo" qui n'a pas eu lieu. Elle déplore les "12 m2 d'espaces verts" par habitant, très loin derrière la plupart des grandes villes qui affichent  "4 fois plus". La candidate LREM propose de planter 50 000 arbres, "d'arrêter de goudronner" parce "qu'on suffoque à Grenoble en été". Pour elle, il faut aussi "développer les fontaines" et peut-être aussi construire des "immeubles forêts" au murs largement végétalisés.

Alain Carignon n'est pas moins dur quand il attaque le maire sortant sur sa politique environnementale. Lui aussi dénonce une bétonnisation de la ville et pointe une agravation de la pollution à cause du nouveau plan de circulation : "quartier Championnet, rue Ampère, rue Hoche, ce sont des habitants grenoblois qui ont plus de pollution aujourd'hui". L'ancien maire, qui brigue un nouveau mandat, évoque aussi les bouchons interminables à l'entrée de l'agglomération comme un facteur aggravant. "4e agglomération pour le temps perdu dans les embouteillages, ça ne fait pas plus de pollution ?" interroge-t-il.

Pour Eric Piolle, il faut regarder "au niveau global" en ce qui concerne la pollution. "La pollution a baissé massivement pour l'ensemble des habitants" affirme le maire sortant EELV, "de même que le nombre de jours d'alertes" à la pollution qui "sont passés de 30 à 9 l'année dernière". Concernant les espaces verts, Eric Piolle affirme que Grenoble "perdait des arbres" depuis 20 ans. Et de dénoncer "la course aux arbres" à laquelle semblent vouloir se livrer ses concurrents.
Pas assez d'espaces verts à Grenoble ?
 

La ville trop sale


C'est l'un des moments forts du débat entre les candidats, quand le thème de la propreté de la ville a été abordé. C'est Emilie Chalas, candidate LREM qui a décoché les flèches les plus acérées, dénonçant tous azimuts une "ville sale", des tags, des odeurs "de pisse et de vomi" dans certaines rues des quartiers sud. "La propreté c'est quand même le b.a.-ba de la responsabilité d'un maire" s'exclame-t-elle et"aujourd'hui tous les habitants nous le disent, la ville est sale".

La propreté, comme un révélateur de "l'oubli" des quartiers populaires pour Olivier Noblecourt. Pour l'ancien délégué interministériel à la pauvreté, candidat soutenu par le Parti socialiste, la propreté "c'est le respect qu'on doit à chaque habitant. Les conditions de propreté et d'entretien des quartiers populaires sont indignes du respect que nous devons à chaque Grenoblois". Olivier Noblecourt affirme vouloir parier sur la reprise du projet de rénovation urbaine et sur la sécurité.

Attaqué sur le thème de la propreté, le maire sortant Eric Piolle botte en touche : "je fais du vélo, je marche à pied, il y a des endroits où si vous allez avant que nos équipes passent, vous pouvez rencontrer çà, mais ce n'est vraiment pas le sujet". Eric Piolle préfère évoquer les investissements de la ville en faveur des écoles ou encore des "menus bio et végétariens" dans les cantines. Il explique aussi que la ville est la "5e en France" en terme de calendrier pour les projets de rénovation urbaine.
Grenoble, une ville sale ?



La police municipale armée ?


Faut-il armer la police municipale ? Régulièrement débattu à Grenoble, le thème a évidemment été abordé lors du débat entre Eric Piolle et ses trois concurrents. 

Pour le maire sortant, pas de changement de stratégie. Non, les policiers municipaux ne seront pas équipés d'armes à feu s'il est réélu. Eric Piolle se félicite d'avoir obtenu des renforts de la police nationale, il rappelle aussi qu'il a équipé sa police municaple de "pistolets à impulsion électrique" et de "caméras".

Tous les autres candidats sont en revanche unanimes. S'ils deviennent maire de Grenoble, la police municipale sera armée. "Sans armes, la police municipale ne peut pas aller dans la moitié de la ville" selon Alain Carignon. Les armes, la "condition d'intervention dans les quartiers" estime pour sa part Olivier Noblecourt. Emilie Chalas, elle aussi est "pour" l'armement de la police municipale.

 

En 2026, comment voyez-vous la ville ? 


Pour clore le débat, les quatre invités se sont prêtés à un petit jeu de politique fiction en se projetant dans six ans, en 2026, à la fin du mandat qu'ils convoitent. Alain Carignon, Olivier Noblecourt, Emilie Chalas et Eric Piolle ont répondu à la question suivante : "en mars 2026, vous achevez votre mandat de maire, à quoi ressemble désormais Grenoble ? 
Grenoble, ce sera comment en 2026 ?

 

Voir le débat en intégralité


La sécurité, la "fracture sociale" entre le nord et le sud de la ville ou encore les transports en commun, les candidats ont débattu parfois très âprement sur de nombreux autres thèmes lors du débat organisé sur le plateau de France 3 Alpes. Vous pouvez découvrir ce débat en intégralité ci-dessous.
 
Municipales 2020 : voir ou revoir le débat à Grenoble en Isère

 

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