VIDEO. Téléphérique de Grenoble : en immersion dans les coulisses des bulles

Depuis 1934, un fil d'acier relie Grenoble au sommet de la Bastille.  Les fameuses bulles aux parois translucides offre une vue imprenable sur le centre-ville. Mais savez-vous vraiment comment fonctionne cette remontée mécanique, qui a déjà fait voyager 14 millions de visiteurs ?

Les bulles du téléphérique de Grenoble.
Les bulles du téléphérique de Grenoble. © G. Lespinasse / France 3 Alpes

L’atelier du téléphérique semble être resté hors du temps. C’est juste en dessous de la gare d’arrivée, que les techniciens s’occupent des bulles de Grenoble.

Chaque mois de janvier, c’est le même rituel : le téléphérique ferme ses portes au public pour assurer la maintenance des cabines. Pendant ce laps de temps, les cabines sont désossées et chaque pièce est inspectée avant d’être remontée.

Chaque mois de janvier, le téléphérique ferme pour assurer la maintenance des cabines.
Chaque mois de janvier, le téléphérique ferme pour assurer la maintenance des cabines. © G. Lespinasse / France 3 Alpes

Au milieu de l’atelier, Thibault Conesa, chef d’exploitation depuis 11 ans, s’attèle à une tâche délicate : "On en est au désaccouplement de la cabine sur sa suspente. Ça fait 4 ans que c'est accouplé et comme un couple aimant, on dévisse mais une accroche persiste et c'est grippé".

Après plusieurs manipulations, la cabine est prête à être décrochée du câble. "C’est le moment le plus acrobatique car on est au-dessus de la fosse, précise Thibault en enfilant son baudrier. On va maintenant descendre la cabine dans la fosse. Mais ce n’est pas le moment le plus délicat, c’est juste une formalité".

Le désossement des cabines est une opération minutieuse
Le désossement des cabines est une opération minutieuse © G. Lespinasse / France 3 Alpes

De l’autre côté de l’atelier, Patricia Gallois veille au grain. Directrice du téléphérique depuis 3 ans, elle gère les travaux avec attention. "C'est un rite minutieux car il faut retirer une à une les pièces sans les abimer et sans les faire tomber. C’est vraiment minutieux et presque religieux comme instant. Moi je suis passionnée et admirative devant leur savoir-faire et leur technicité" ».

 

Un site historique à transformer

Ce savoir-faire se transmet depuis plusieurs décennies. A l’origine, le fort de la Bastille a été bâti pour les militaires. Mais depuis les années 30, date de l’ouverture au public, il faut sans cesse adapter le site.

"Les militaires avaient fait cette bastille pour qu’elle soit imprenable, explique Patricia Gallois. Et aujourd’hui nous on la rouvre aux visiteurs. Donc il y a des travaux pour adapter cette construction militaire à un site touristique".

La télécabine de Grenoble est l'un des premiers téléphériques urbains au monde. Dès 1934, l'objectif est de rendre le fort accessible au grand public en montant en quelques minutes seulement à la Bastille.

Avant les bulles installées en 1976, les cabines ressemblaient à des petits wagons bicolores comme celui-ci.
Avant les bulles installées en 1976, les cabines ressemblaient à des petits wagons bicolores comme celui-ci. © Archives INA

Fort de son succès en 1976, le téléphérique prend la forme de bulles pour transporter plus de monde et permettre à chaque passager de profiter de la vue.

 

Une journée d’inauguration mémorable

Le jour de l'inauguration restera dans les mémoires. Le 19 septembre 1976, le câble porteur saute des roues du treuil, immobilisant les bulles à 270 mètres de hauteur au-dessus de Grenoble. Cet incident nécessite la mobilisation d’un hélicoptère de la sécurité civile pour évacuer 36 passagers coincés dans les bulles.

Depuis 1976, seulement 2 incidents de ce genre se sont produits, sans faire aucun blessé. Chaque année, plus de 300 mille visiteurs montent au fort par le téléphérique.

Au total, 10 bulles circulent sur le câble l'été et 8 l'hiver car les passagers sont moins nombreux. Toutes les cabines supplémentaires sont stockées sur place.

"Elles ont toutes un nombre d’heures défini. Ensuite, on prend le nombre d’heures des cabines qu’il y a sur le câble et une fois qu’on a tous les nombres d’heures, on prend la cabine qui en a le moins" explique Thibault Conesa.

Les bulles non utilisées sont stockées dans un vestibule.
Les bulles non utilisées sont stockées dans un vestibule. © G. Lespinasse / France 3 Alpes

En tout, 12 employés entretiennent les bulles. Parmi eux, Stéphane Marron conduit le téléphérique depuis 25 ans. "Le téléphérique, c’est la vitrine de Grenoble ! conclut-il. Quand on est là le matin, et qu’on voit le tapis de nuage, on se dit qu’on a de la chance". 

 

Ci-dessous, retrouvez le reportage complet de Nathalie Rapuc et Grégory Lespinasse : 

Les coulisses des bulles de Grenoble

 

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