Isère : la découverte d'ossements humains datant de 1000 ans, retrouvés à 2000 mètres d'altitude

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Des ossements d'un squelette vieux datant de 1000 ans ont été retrouvés à 2000 mètres d'altitude. Une découverte rare à ces hauteurs.

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Tomber sur des ossements humains, à près de 2000 mètres d'altitude, c'est ce qui est arrivé à l'équipe de l'Association Spéléo Vercors, près du col des Deux Sœurs, au-dessus de Villard-de-Lans, lors de l’été 2009. Une découverte surprenante. En effet, les spéléologues se promenaient pour découvrir de nouvelles grottes à cartographier. Le jour de la découverte, "l’équipe a trouvé une porte" explique Nicolas Baudier, membre de l’association, et le photographe qui immortalisera les images des fouilles effectuées un an plus tard. "C’est en franchissant celle-ci que les spéléologues ont vu ces ossements."

Régis Picavet a mené les sondages et l’étude de ces derniers. "C’est une première pour moi, une découverte à cette altitude-là" explique l'archéologue. Mais ce n’est pas la première dans la région du Vercors. "Dans les années 70, des ossements ont été retrouvé en dessous du col de l’Arc" raconte-t-il. Plus tard, "un autre squelette a été retrouvé à Saint-Agnan-en-Vercors, à environ 1000m d’altitude".

Un homme datant entre 1000 et 1100 ans après notre ère

Concernant le squelette retrouvé, proche de Villard-de-Lans, Régis Picavet explique que "des personnes ont déplacé une partie des ossements, peut-être pour en faire une sépulture digne." En effet, l’individu est mort à quelques mètres de là où ont été retrouvés ses ossements. C’est ce qu’on appelle une sépulture en deux temps. Autre certitude, ils "ont été déplacés après avoir la décomposition du corps. Au total, c’est 95% du squelette qui a été récupéré".

C'est ainsi qu'un sondage a été mené un an après la découverte afin de "confronter les ossements des éboulis à ceux de la sépulture" . L'objectif, dater l'entité de l’individu. Les deux datations carbones ont permis d’établir "l’existence d’un homme d’une quarantaine d’années, mesurant 1,70 m environ, ayant vécu au Moyen-Âge, entre 1000 et 1100 ans après notre ère" détaille Régis Picavet.

Une découverte qui en dit plus sur les populations du XIe siècle de la région

Pour Nicolas Baudier, témoin des fouilles effectuées en 2020, l’important c’est "le fait de trouver des ossements porteurs d’histoire". L'homme a vécu à un moment de l'histoire de la région du Vercors où ce sont des populations nouvelles qui commençaient à s’installer comme l'explique l'historien Damien Silvestre-Pottin, dans un rapport publié en novembre 2021. "Antérieurement au Xe siècle, aucune colonie de peuplement permanente n’a été identifiée sur le territoire du Vercors-Nord [...] Les premiers toponymes apparaissent dans la seconde moitié du XIe siècle, le plus souvent liés aux patronymes des familles possessionnées, eux-mêmes en relation avec un aspect géographique bien identifiable. Ce qui nous permet ainsi de fixer des lieux de peuplement."

"Qu’est-ce qu’il faisait là-haut ?" se demande toujours Régis Picavet en train de rédiger actuellement le rapport. Certains indices permettent à l’archéologue d’émettre une hypothèse. "Je pense que c’est quelqu’un qu’il devait chasser. Une usure sur certains os montre une activité physique importante et récurrente comme couper du bois par exemple." Une question à laquelle il sera sûrement difficile de répondre.