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A 3.100 mètres d'altitude, au pied de la face sud de La Meige, le refuge du Promontoire, lieu de rendez-vous mythique des alpinistes, "naissait" il y a 50 ans. Sous ses airs de "petite boîte métallique posée sur une arête", le petit abri reste en état grâce à ses gardiens et bénévoles. 

Les gardiens du refuge préparent son ouverture

Pour la première fois en 50 ans, la "remise en forme" du refuge du Promotoire s'est fait sous la neige. "Il y a eu énormément de précipitations, au dessus de 3.000 mètres d'altitude. La neige et la paroi n'étaient pas très froides et donc ça a collé. Lorsque l'on est arrivé, on s'est dit qu'il y avait une deuxième face nord! C'est la première fois que nous la voyons comme ça", explique Frédi Meignan, gardien au refuge.

A cause de la neige et surtout des 40 centimètres tombés la veille de leur arrivée, il aura fallu 7 heures aux gardiens, Nathalie et Frédi Meignan, pour grimper depuis La Bérarde, contre les 5 heures habituelles.

© Françoise Guais
© Françoise Guais

Depuis 8 ans, le couple s'occupe de la cabane, et, une fois la porte poussée, les habitudes reviennent. "La priorité reste le pelletage, notamment au niveau de notre local gaz, orienté nord. Après ça, on rangera l'abri pour le rendre le plus accueillant possible", indique Nathalie.

Vient ensuite le moment de l'inventaire des provisions. A l'extérieur du refuge, une cavité enneigée sert de frigo naturel pour garder au frais les vivres nécessaires pour dorloter les futurs convives et leurs hôtes. "L'hélicoptère a changé beaucoup de choses et nous permet d'être approvisionnés tous les mois. C'est d'autant plus important que les alpinistes ont pris l'habitude de prendre leur repas du soir au refuge", rajoute Nathalie.

Un lieu de rendez-vous

La course reine, la traversée des arêtes de La Meije du refuge du Promotoire à celui de l'Aigle, fait de ce "perchoir" vertigineux un lieu très fréquenté. D'autant que, selon Frédi, "tous les alpinistes ont envie de venir à La Meije". Cette année, les réservations atteignent des sommets. C'est la meilleure saison qui s'annonce depuis 50 ans. Il faut donc mettre les bouchées doubles pour relooker le refuge avant l'arrivée des premiers alpinistes. Pour ça, Nathalie et Fredi peuvent compter sur les bénévoles du Club alpin.

Reportage Dominique Semet, Françoise Guais et Eric Achard
50 ans refuge Promontoire : ouverture
Intervenants : Frédi Meignan gardien du refuge du Promontoire ; Nathalie Meignan gardienne du refuge du Promontoire

Les bénévoles sont "l'âme du refuge du Promotoire"

Comme chaque année, les gardiens ne sont pas montés seuls au refuge du Promontoire. Lourdement chargés, les bénévoles du Club Alpin Pays d'Oisans ont brassé la neige fraîche pour offrir une nouvelle jeunesse à la cabane. L'altitude et l'absence de chauffage créent beaucoup de problèmes de condensation et de moisissures au printemps, notamment dans les dortoirs. Pendant quatre jours, ils vont donc, gratter les murs, les brosser, avant de poser un nouveau lambris.

© Françoise Guais
© Françoise Guais

Pour la plupart de ces volontaires, le refuge n'a pas de secret, car avant de le remettre en état, ils y ont séjourné. "J'ai dormi plusieurs fois ici, notamment lorsque je faisais la traversée de La Meige. C'est un endroit mythique, comme le refuge de l'Aigle", confie Sylviane. Certains d'entre eux, en revanche, découvrent les lieux. "Je n'avais pas eu l'opportunité de venir, j'habite dans l'Oisans depuis peu et c'est vraiment très sympa d'être ici. La vue est magnifique", s'enthousiasme Juliette.

Pour les gardiens, les bénévoles et leur temps sont essentiels au bon fonctionnement du refuge. Et cette aide est encore meilleure quand ils "viennent du territoire et connaissent son histoire car de cette façon ils font partie de l'âme de cet endroit".   

Reportage
50 ans refuge Promontoire: les bénévoles
Intervenants: Nathalie Meignan, gardienne du refuge du Promontoire; Eric Durdan, bénévole CAF Pays de l'Oisans; Sylviane, bénévole CAF Pays de l'Oisans; Juliette, bénévole CAF Pays de l'Oisans; Frédi Meignan, gardien du refuge du Promontoire

Le refuge du Promotoire en photos...

Pour célébrer le demi-siècle du refuge du Promontoire, Antoine et Romain, deux étudiants passionnés de montagne, ont décidé de retracer son histoire à travers une exposition, avec l'aide du photographe Frédéric Chevaillot. Une quinzaine de panneaux présentent donc la petite cabane et son ancêtre, construite en 1901 au même endroit.

A l'époque, tout avait été pensé pour que le refuge ne risque rien, ni avalanche de neige, ni avalanche de pierres. "Ce n'est pas du tout une copie conforme, l'ancien refuge était vraiment une petite cabane en bois, mais assez innovante pour l'époque puisqu'il avait été pré-fabriqué. Aujourd'hui, il a l'air d'une petite boîte métallique assez futuriste, posée sur une arête", explique Romain.

Une seule pièce, une quarantaine de couchage, pas de gardien... bien qu'en bon état, l'ancien refuge avait dû être démonté, victime de l'augmentation du nombre d'alpinistes. C'est en 1965 que le chantier de la nouvelle cabane était lancé.

Reportage
50 ans refuge Promontoire : expo photos
Intervenants: Frédi Meignan, gardien du refuge du Promontoire ; Antoine Rolle, étudiant Aménagement territoires de montagne ; Romain Cocheril, étudiant Aménagement territoires de montagne