LGV Lyon-Turin : une demande de commission d'enquête parlementaire déposée ce lundi à l'Assemblée nationale

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Écrit par Amaëlle Brignoli avec Renaud Gardette

Ce dimanche se tenait une nouvelle manifestation contre le chantier du TGV Lyon-Turin en Maurienne (Savoie). Le député du Rhône (LFI) a annoncé qu'il demanderait une commission d'enquête parlementaire ce lundi à l'Assemblée nationale sur la question de l'eau.

C'est un dossier qui n'en finit pas de faire parler de lui. Ce dimanche 4 septembre, une nouvelle manifestation a été organisée par les opposants au projet de Ligne à grande vitesse (LGV) reliant Lyon à Turin, en Italie. 

Déjà, en août dernier, une dizaine de manifestants avaient été délogés par les forces de l'ordre alors qu'ils tentaient de bloquer la route menant au chantier. 

Ce dimanche, plus de 200 personnes se sont donné rendez-vous à Villarodin-Bourget, dans la vallée de la Maurienne, pour dénoncer notamment une atteinte irréversible aux réserves en eau de la montagne.

Désastre écologique 

"Ce chantier soi-disant écologique va siphonner entre 60 à 125 millions de mètre cube d'eau par an selon un rapport de la Commission européenne datant de 2006, avance Philippe Delhomme, co-président de l'association Vivre et agir en Maurienne.

"Ce seront des quantités phénoménales d'eau que la nature ne pourra pas recharger, et qui manqueront non seulement aux forêts et aux prairies, mais aussi aux habitants et aux touristes", poursuit-il.

Selon les opposants, le chantier serait même parfaitement illégal. "Nous avons découvert en 2021 que ce chantier creuserait à l'aplomb de 19 captages d'eau potable. Or, il existe des arrêtés préfectoraux qui interdisent strictement tout creusement à l'aplomb des captages", explique Daniel Ibanez, membre du collectif Les amis de la terre.

Vers une commission d'enquête parlementaire

Présent lui aussi à la manifestation, le député du Rhône Gabriel Amard (LFI) a annoncé qu'il déposerait ce lundi 5 septembre une demande de commission d'enquête parlementaire sur le bureau de la présidence de l'Assemblée nationale.

"Nous voulons savoir comment se fait-il que la directive européenne sur l'eau, la loi sur l'eau et la charte de l'environnement ne soient pas respectées dans ce dossier, déclare l'élu, membre de la commission développement durable et aménagement du territoire. Tous ceux qui ont été les artisans de contourner les lois et les textes règlementaires en matière de protection de l'eau à usage des familles de la vallée devront rendre des comptes."

Le vendredi 23 septembre prochain, une réunion publique sera organisée en présence d'élus afin de discuter des conséquences environnementales de ce chantier, dont opposants comme partisans ne voient plus le bout du tunnel.

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