"Mes animaux, c'est comme mes enfants" : l'installation d'un cirque avec animaux fait polémique à Meylan

L'installation du cirque Franco-Belge fait débat à Meylan, la municipalité étant fermement opposée aux cirques avec animaux. Son directeur se défend de toute maltraitance et affirme être en règle pour l'occupation du terrain.
L'installation du cirque Franco-Belge fait polémique à Meylan, la municipalité s'opposant à la présence d'animaux en captivité.
L'installation du cirque Franco-Belge fait polémique à Meylan, la municipalité s'opposant à la présence d'animaux en captivité. © Marie-Charlotte Perrier / France 3 Alpes

Les cirques avec animaux, loisir traditionnel ou exploitation animale ? La question fait débat à Meylan, près de Grenoble, depuis l'installation du cirque Franco-Belge le 12 juillet. Autour de son chapiteau jaune et rouge, plusieurs enclos avec tigres, zèbres, lions et dromadaires. Si la mairie souhaiterait le voir partir, les circassiens, installés sur un terrain privé, comptent bien rester jusqu'au 1er août comme prévu.

"Il n'y a aucune ville de France qui peut interdire les cirques avec animaux", tranche le directeur du cirque Franco-Belge Jackson Muller. Car la loi autorise ces troupes itinérantes et leurs fauves sur le territoire français, les municipalités ne peuvent donc pas s'y opposer. Mais depuis l'arrivée des circassiens dans l'agglomération grenobloise, de nombreux internautes ont utilisé les réseaux sociaux pour dénoncer l'enfermement de ces animaux dans des cages qu'ils jugent trop petites et trop exposées au soleil.

Le gérant du cirque, lui, se défend de toute maltraitance. "Il y a toujours des gens qui sont opposés à tout. On est un cirque de sept générations avec des animaux qui sont nés en captivité. Lorsqu'on ne travaille pas, pendant 4 ou 5 mois de l'année, ils ont 5 hectares de terrain. Et quand on est en ville, nos animaux ne sont pas toujours dans des camions comme certains disent. Ils ont des cages avec piscine pour qu'ils se baignent et ils ont de l'ombre", martèle Jackson Muller. "Mes animaux, c'est comme mes enfants, ajoute-t-il. Ils sont nés au cirque, on les aime. On mourra avec eux. Personne ne pourra nous séparer d'eux."

 

"Une quinzaine de mails par jour"

Fermement opposée aux cirques avec animaux, la mairie de Meylan espérait voir les circassiens quitter la commune le 21 juillet. Mais ces derniers ont demandé au propriétaire de prolonger leur occupation du terrain jusqu'au début du mois d'août. Les élus vont demander au propriétaire de s'opposer à cette demande. "Nous souhaitons que le monde des circassiens avec animaux sauvages se réinvente. On pense que cela ne colle plus à l'évolution de la société", estime Mélina Herenger, première adjointe (DVG) au maire de Meylan.

L'élue affirme avoir été sollicitée par des associations et des habitants demandant le départ des circassiens. "On reçoit plus d'une quinzaine de mails par jour depuis qu'ils se sont installé, sans compter les courriers", assure-t-elle, regrettant que la mairie n'ait pas été "consultée en amont de leur arrivée". L'Assemblée nationale a adopté en janvier la proposition de loi relative à la lutte contre la maltraitance animale. Elle vise notamment à interdire les animaux sauvages dans les cirques itinérants. La question est désormais entre les mains du Sénat.

 

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