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Moustique tigre : une nouvelle arme biologique testée près de Grenoble pour tuer les larves sous les terrasses

Aedes Albopictus, le moustique tigre - Photo d'illustration / © EID Mediterranee / AFP
Aedes Albopictus, le moustique tigre - Photo d'illustration / © EID Mediterranee / AFP

Une nouvelle technique entièrement "bio" est testée en ce moment à Eybens, près de Grenoble, pour éradiquer les moustiques tigres qui pourrissent la vie des habitants. La cible : les larves qui se développent sous les terrasses surélevées.

 

Par Yann Gonon

Près de Grenoble, un quartier de la ville d'Eybens est, depuis ce lundi 20 mai 2019, le théâtre d'une expérimentation inédite de traitement contre le moustique tigre. Entièrement "bio", la méthode vise les larves qui se développent sous les terrasses. 270 logements sont concernés.
 

Le projet "Mousticator"


Plus petit que le moustique commun mais tout aussi vorace, Aedes Albopictus, arrivé en 2004 en France, a aujourd'hui colonisé une grande partie du pays comme l'explique le portail d'information national sur le moustique tigre. Dans la région de Grenoble, le petit insecte s'est invité il y a plusieurs années déjà sur les rives de l'Isère, du côté de l'Île-verte notamment.

A Eybens, ce sont les habitants du quartier des Maisons neuves qui se sont emparés du problème. "Même si on traite régulièrement, le parc est quasiment inacessible" confirme-t-on à la mairie. C'est ainsi qu'est né le projet "Mousticator". Un collectif d'habitants a profité d'un budget participatif, la mairie a coordonné le projet et l'Entente interdépartementale de démoustication (EID) Rhône-Alpes a été saisie.
 Depuis lundi 20 mai et jusqu'à demain jeudi, 270 logements vont être traités. On savait déjà qu'il ne fallait pas laisser de coupelle d'eau remplie dans le jardin mais cette fois, ce sont les terrasses qui sont l'objet de toutes les attentions. Plus précisément, les terrasses surélevées, installées sur des plots. "Quand il pleut, l'eau s'infiltre sous les plaques et peut s'accumuler, elle peut alors permettre le développement des moustiques" explique Gilles Besnard, enthomologiste à l'EID. Et de poursuivre : "le problème, c'est que cette eau sous la terrasse, les gens ne la voient pas".
 

Des milliers de moustiques par terrasse


Pondues à la surface de l'eau, les larves du moustique tigre mettent entre deux et trois semaines à se développer et "il peut y avoir plusieurs milliers de moustiques par terrasse" poursuit Gilles Besnard. Au total, ce sont environ 90 terrasses qui doivent recevoir la visite des "démousticateurs".

La technique quant à elle est inédite. Pas d'insecticide chimique versé entre les lames des terrasses mais un produit entièrement biologique : une huile de silicone. Le produit agit par action mécanique : l'huile vient se poser à la surface de l'eau pour constituer un film qui va empêcher l'oxygène de passer. Empêchées de respirer, les larves sont étouffées et ne peuvent plus se développer. Une technique "propre" et "sans risque" pour l'environnement, les animaux et les habitants explique le spécialiste de l'EID.

Cette nouvelle "arme biologique" est en test. Si l'expérimentation est concluante, elle pourrait être reconduite et développée dans d'autres quartiers. "Pour que cela soit efficace, il faut que l'on puisse traiter 95 % du quartier" explique la mairie d'Eybens. L'initiative venant des habitants eux-même, la plupart ont permis l'accès à leur terrasse sans difficulté. Pour une efficacité maximale, le traitement devra être reconduit toutes les six semaines jusqu'en septembre.
 

Le moustique tigre, sachez le reconnaître !

Reconnaissable à ses rayures noires et blanches sur tout le corps ainsi que sur les pattes, le moustique tigre est plus petit que le moustique commun. Selon le portail moustique-tigre.info ses ailes sont "complètement noires et sans tâche". Son allure est "pataude et il est facile à écraser en vol. Il apprécie généralement de voler autour des chevilles".

Si elle est assez douloureuse, sa piqûre est généralement bénigne. Dans certains cas cependant le "tigre" peut-être "vecteur de diverses maladies comme la dengue, le chikungunya ou le zika". Pour être contagieux, le moustique doit avoir piqué auparavant un malade infecté.

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