Nord-Isère : des associations forment les citoyens à la construction d'un capteur de particules fines

Jacques Richard avec l'un de ces boîtiers détecteurs de pollution. / © Franck Ceroni / France 3 Alpes
Jacques Richard avec l'un de ces boîtiers détecteurs de pollution. / © Franck Ceroni / France 3 Alpes

Un site allemand collecte des données de pollution de l'air envoyées de toute l'Europe, et les compile sous forme de carte qui évolue en temps réel.

Par T.H. avec Gilles Ragris

Une prise d'air, un capteur d'humidité et un boîtier électronique. Voilà tout ce qui constitue ces engins capables de mesurer précisément la quantité de particules fines dans l'air. Des capteurs qui commencent à se répandre en France, et particulièrement dans le Nord-Isère, zone régulièrement concernée par des pics de pollution aux particules fines.
 

Pour construire et installer un boitier, les associations UFC que choisir, Porte de l'Isère environnement et Idagir organisent réguliérement des ateliers pour apprendre à assembler les différents composants. Que l'on peut acquérir pour moins de 20 euros.

Un jeu d'enfants selon Bruno Jacquet, de l'UFC que choisir :  "Même quelqu'un qui n'y connait rien, peut le faire lui meme en achetant ce qui existe sur internet, notamment sur le site de Luftdaten. Il sait où commander tous les éléments, et on lui décrit pas à pas ce qu'il faut faire."
 

Une carte de la pollution en temps réel


Lufdaten, c'est un site internet d'origine allemande avec lequel les boitiers sont en communication permanente et qui compile les données sous forme de carte. Il est possible de voir en temps réel les données sur la pollution aux particules fines chez soi, chez son voisin, et même à l'autre bout de l'europe. Avec un code couleur simple : si c'est vert, tout va bien, et plus on se rapproche du rouge, plus la pollution est forte.
 

Selon les premieres données recueillies par ces citoyens isérois et leur quinzaine de capteurs, les feux de cheminée en hiver provoquent souvent de petits pics de particules fines. "Parfois on se dit : "Tiens le matin, j'ai allumé ma cheminée, le soir aussi." Et on se rend compte que ça concorde le lendemain quand on relève sur le capteur, explique Roland Borghi d'Idagir. Donc le chauffage au bois peut être une pollution."

En petit nombre, ces boitiers ne peuvent donc pas encore donner des tendances générales sur la qualité de l'air d'un village entier, mais sont capables de détecter des pollutions ponctuelles. Pour en savoir plus, notamment sur l'incidence de la circulation automobile dans cette zone traversée par une autoroute très chargée, il faudra plus de données, et donc d'autres volontaires pour installer des capteurs à domicile.
 

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