Isère : "On n'a pas la capacité d'analyser", à bout, des techniciennes du laboratoire Eurofins manifestent ce jeudi

Face à la politique de dépistage massif mise en place par le gouvernement, les laboratoires sont débordés. Les techniciennes d'Eurofins Labazur ont manifesté ce jeudi à Crolles et dans d'autres villes de la région afin de faire entendre leurs voix.
Les techniciennes du laboratoire Eurofins manifestent devant le laboratoire de Saint-Jean de Maurienne jeudi 17 septembre
Les techniciennes du laboratoire Eurofins manifestent devant le laboratoire de Saint-Jean de Maurienne jeudi 17 septembre © DR
"On n'a pas la capacité d'analyser", martèle Géraldine, technicienne au laboratoire Eurofins Labazur d'Echirolles (Isère). Le gouvernement a mis en place une stratégie de dépistage massif en raison de la crise sanitaire mais les laboratoires peinent à suivre et demandent une politique de tests plus ciblée.

De leur côté, les techniciennes, en première ligne, se disent à bout. Une dizaine d'entre-elles - en grève tout comme d'autres salariés de la région - se sont rassemblées devant le laboratoire Eurofins Labazur de Crolles afin de faire entendre leurs voix.

"Du personnel, du matériel, de l'oseille", dans un tweet, un internaute relaie les revendications des manifestantes : 


"Verbalement, c'est virulent"

Géraldine pointe du doigt le contraste entre les annonces gouvernementales et la réalité de terrain et elle regrette de devoir payer les pots cassés. "Mettre un coton-tige dans le nez, tout le monde peut le faire. Mais ensuite il faut réaliser le test". Il est souvent impossible de livrer des résultats en 48 heures, même pour des personnes qui doivent se faire opérer. De quoi crisper les personnes qui viennent se faire tester et qui n'hésitent pas en venir aux injures. "Verbalement, c'est virulent", raconte Géraldine qui s'est même fait insulter de "grosse salope" pour ne pas avoir su donner une date de résultats. 
 

Les 800 tests réalisés tous les jours dans les 20 sites Eurofins de la région sont envoyés à Chambéry. Là-bas, les prélèvements sont analysés par deux automates mais la place est limitée. Chaque machine ne peut analyser qu'une centaine de tests toutes les 4 ou 7 heures. Tous les soirs, des techniciennes restent plus tard au travail pour lancer les séries qui se feront pendant la nuit, raconte Géraldine. D'après elle, les laboratoires ne souhaitent pas forcément acheter de nouvelles machines "qui ne serviront peut-être plus dans six mois". 

 

"Nos professions doivent être considérées à leur juste valeur"

Parmi les revendications de ces techniciennes, figurent la revalorisation des salaires, la reconnaissance de la pénibilité au niveau de l'exposition aux risques multiples et le renforcement des effectifs avec pérennisation. 

"Le diagnostic repose pour près de 70 % sur la biologie médicale et la lutte contre les pandémies repose sur notre capacité à dépister, expliquent les salariées d'Eurofins. Nos professions doivent être considérées à leur juste valeur."

 
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