VIDEO. Déconfinement. Isère : " le pass sanitaire est discriminatoire" estiment des gérants de discothèques

Les boites de nuit connaissent enfin la date officielle de leur déconfinement. Ce sera le 9 juillet, sous conditions, avec notamment un pass sanitaire obligatoire, que nombre d'entre eux jugent "discriminatoire".Certains envisagent, dans ces conditions, de ne pas rouvrir cet été

Après plus d'un an de fermeture, Jean-Pierre Porthal fait partie de ceux qui hésitent à rouvrir cet été
Après plus d'un an de fermeture, Jean-Pierre Porthal fait partie de ceux qui hésitent à rouvrir cet été © France 3 Alpes

Les discothèques rouvriront le 9 juillet prochain. Le Président de la République a tenu ce lundi 21 juin 2021 une réunion d’échange avec le secteur des discothèques, du monde de la nuit. 

Seul secteur resté fermé depuis le début de la pandémie de coronavirus, soit 15 mois, le monde de la nuit sort d’une « période difficile » pour leurs responsables et d’une « longue attente pour les clients », a reconnu ce 21 juin le ministre chargé des PME Alain Griset.

Les syndicats sont récemment montés au créneau, pour assouplir quelque peu les règles, alors qu'il était question du port obligatoire du masque sur les pistes de danse et d'une jauge à 60%. Ils ont obtenu quelques concessions : une jauge de 100% à l’extérieur et de 75% à l’intérieur, sans port obligatoire du masque.

Un pass sanitaire obligatoire "non négociable"

L’accès restera en revanche réservé aux porteurs d’un pass sanitaire (preuve de vaccination ou de test négatif récent) car "L’idée, c’est de permettre aux jeunes et aux moins jeunes de faire la fête en sécurité ", a estimé le ministre.

Ainsi l’accès aux discothèques, quelle que soit leur taille, sera conditionné à la présentation du pass sanitaire.

Ce que bon nombre de gérants estiment tout de même discrimatoire, à l'instar de Jean-Pierre Porthal, que nous avions rencontré en Isère alors même que la date officielle n'était pas fixée, et que le protocole n'était tout à fait défini.

Le pass santaire est à son avis discriminatoire, par rapport à d'autres établissements qui n'y sont pas soumis. "des bars plus grands parfois que nos propres discothèques".

" Par ailleurs nos murs se sont dégradés, une boite doit vivre pour exister, il y a de l'humidité, il faut chauffer l'hiver, il faut aérer, et nous l'avons très peu fait cette année, et puis une piste de danse à jauge réduite, non seulement ce n'est pas dans l'esprit de la fête, mais ce n'est pas rentable".

Selon les syndicats, dans ces conditions, seuls 5 à7% des discothèques envisagent une réouverture pour cet été. 

 

Pour les concerts debout, par exemple, qui reprendront le 30 juin, les mêmes jauges s’appliquent, mais le pass sanitaire « ne sera exigé (...) qu’au-delà de 1.000 spectateurs attendus », comme c’est le cas actuellement pour tous les spectacles en configuration assise, a précisé ce lundi 21 juin la ministre française de la Culture Roselyne Bachelot.

Des « barnums » proposant des tests de dépistage rapide pourront être mis en place à l’entrée des concerts et des discothèques pour les clients n’ayant pas pu valider leur pass.

De l’avis d’Aurélie Hannedouche, responsable du Syndicat des musiques actuelles (Sma), « pour les festivals prévus d’ici mi-juillet, ça va être dur de se réadapter d’ici là ».

« Avec le pass sanitaire, on ne vend plus un seul billet car les spectateurs ne veulent pas s’y soumettre, déplore-t-elle. Les spectateurs de nos festivals, moins de 50-40 ans, n’ont pas eu encore les deux injections, ils doivent se faire tester et ils en ont marre 

Des indemnités versées jusqu'à la fin du mois d'août

Même son de cloche pour les 2 principales organisations représentant les discothèques en France, « le plus important est de donner la liberté de rouvrir aux discothèques en phase avec ces modalités et de continuer d’accompagner financièrement toutes les discothèques y compris celles qui ne pourront pas rouvrir, soit pour des raisons de rentabilité, soit pour des raisons d’organisation en l’absence de programmation ou de recrutements en temps utile ou de ventilation efficace. »

Le gouvernement a confirmé "que toutes les discothèques continueront d’être indemnisées avec l’aide dite « couts
fixes » qui permet de prendre en charge jusqu’à 90% des charges non couvertes (70% pour les entreprises d’au moins 50 salariés)".

Une aide dont seules les discothèques bénéficient sans condition de chiffre d’affaires minimum (avec  les acteurs de la montagne et les bowlings) au moins jusqu’à la fin août.

 

 

 

 

 

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