Italie Covid : les quadras appelés à faire leur troisième dose de vaccin dès lundi 22 novembre

Nos voisins italiens au bord du gouffre : à quand le retour aux restrictions ? Indices de circulation du Covid élevés, hôpitaux en tension… le responsable de la vaccination a décidé d’accélérer sur l’injection de la troisième dose. Elle sera ouverte aux 40-59 ans dès lundi.

"Le seuil psychologique des 10 000 contaminés par jour est tombé". Le bulletin quotidien de l’ISS (l’istituto Superiore di Sanità) publié jeudi soir n’a pas laissé l’ombre d’un doute : les régions italiennes sont à nouveau au bord d’un gouffre appelé Covid. Certes, on n’en est pas encore au stade de contamination de la voisine autrichienne où le confinement est de retour…mais tout de même ! D’après l’ISS italien, si la progression de la nouvelle vague continue au même rythme, l’Italie pourrait à nouveau flirter avec les 30 000 cas par jour aux alentours de la fin décembre.

Régions :  changement de couleurs en vue dans les régions

Alors, terminée la saison des régions italiennes toutes de blanc vêtues ? Depuis le printemps dernier, plus aucune région de la péninsule n’avait vu le nombre de ses cas de Covid, dépasser la barre fatidique des 50 malades par semaine pour 100 000 habitants, synonyme de passage du blanc au jaune. "Il ne devrait pas y avoir de région passant au jaune d’ici la fin du mois de novembre", assurait jeudi sur une radio nationale, Andrea Costa, le secrétaire d’Etat à la santé.

Même pour la région Frioul-Vénétie Julienne ?

La région du nord-est, à la frontière avec la Slovénie et la Croatie enregistre des chiffres de contamination à la limite du basculement dans un pré-confinement. Avec 15% de ses malades hospitalisés en soins intensifs, les frioulans se situent sur la frontière au-delà de laquelle le basculement en région jaune est automatique. Quant à sa voisine du Trentin-haut Adige, la situation est à peine meilleure, même si quelques dixièmes de décimales dans ses chiffres de contamination devraient lui suffire à rester en blanc pour une semaine encore... au plus ?

 Nouveau confinement : le prix à payer par les régions les moins vaccinées

"On ne peut pas permettre qu’une minorité empêche tout le pays d’avancer !". Une réflexion de l’un des présidents de région reprise, souvent en chœur, par nombre de membres du corps médical italien. C’est que les régions les plus à risques sont toutes celles où les taux de vaccination sont les plus bas.

"Si prochainement, nos enfants ne peuvent plus de nouveau aller à l’école, on saura qui montrer du doigt : les NO VAX !". Dans son interview au quotidien turinois "La Stampa", le responsable de la campagne de vaccination en région vallée d’Aoste n’y est pas allé par 4 chemins pour ce qu’il n'hésite pas à qualifier d' "injustice".

"La plupart des personnes hospitalisées en ce moment à l’hôpital sont des sexagénaires non vaccinés. Ce n’est tout de même pas un hasard !" Et le médecin de réclamer la mise en place d’une obligation vaccinale.

La campagne pour la 3ème dose avancée au 22 novembre

De son QG romain, ce n’est pas encore ce que demande le responsable national de la campagne de vaccination. En revanche, le général Figliuolo a bien décidé d’entamer une course contre la montre avec la nouvelle flambée d’épidémie.

"La classe d’âge comprise entre 40 et 59 ans qui a reçu sa deuxième dose il y a au moins 6 mois, pourra réserver en ligne son rendez-vous pour recevoir sa troisième dose dès ce week-end".

Le message exprimé dans la lettre envoyée, jeudi, à tous les présidents de régions est clair. En avançant de 10 jours le départ de la troisième dose, il s’agit de prendre de vitesse la propagation du virus au moyen de la seule arme actuellement à disposition : le vaccin.

"A l'heure actuelle, le virus fait son marché  principalement chez les non vaccinés âgés de 30 à 70 ans", a expliqué au quotidien "La Reppublica", le professeur Di Perri, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Amedeo di Savoia de Turin.

"Se retrouvera-t-on dans les semaines à venir obligés de se reconfiner, comme c’est le cas aujourd’hui en Autriche ou en Allemagne ? Peut-être dans certaines régions, oui", se risque-t-il à pronostiquer.

Quant à savoir s’il faut confiner les "NO VAX", en les empêchant de circuler même un test négatif en poche, le médecin se montre plus dubitatif : "le principe, en lui-même, semble juste. Mais je me demande si en Italie, nous serions en capacité de le faire respecter ? On a déjà bien du mal à contrôler les pass sanitaires, alors…"

Des doutes qui ne peuvent que pousser davantage nos voisins à appuyer sur l’accélérateur de la 3ème dose.    

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