Le gendarme français de l'assurance a prononcé à l'égard de la société SFAM, spécialisée dans la téléphonie et détenue par le groupe Indexia, "une mesure conservatoire d'interdiction temporaire de distribution de tout contrat d'assurance", selon un communiqué publié ce jeudi 27 avril.

"Les pratiques portant sur le processus de commercialisation mis en place par SFAM, constatées par l'ACPR, sont susceptibles de compromettre les intérêts des clients et ont déjà donné lieu à un nombre important de réclamations", a justifié l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. 

Avec cette décision, c'est une nouvelle page qui vient s'ajouter à la pénible saga des l'assureur de smartphones drômois. Certes, le groupe avait pris les devants la semaine dernière en annonçant se retirer du milieu de l'assurance sur la téléphonie et le multimédia. Désormais, il ne peut plus y remettre les pieds. Indexia Group envisage de se consacrer à la vente d'appareils reconditionnés. Pas sûr que les clients se bousculent tant la grogne des clients floués est forte. 

Accusé de tromper ses clients, l'assureur de smartphones Indexia (ex-Sfam), le groupe propriétaire des boutiques Hubside.Store, avait été convoqué devant le tribunal commercial de Paris pour "pratiques commerciales trompeuses". Des clients dupés et d'ex-salariés avaient à ce titre témoigné auprès de France 3.

Des clients encore dans le plus grand flou

La mesure conservatoire prise contre Indexia ? La plupart des clients abusés ne sont pas au courant. Mais leurs déboires se poursuivent. Une manifestation d'envison 35 plaignants a eu lieu le 16 février devant l'immeuble du groupe, à Romans-sur-Isère. Parmi eux, Jean-Louis Blard, retraité, qui avait été spolié de 4696 euros en un peu plus de trois ans, a réussi à se faire rembourser 3525 euros. Restent toujours plus de 1 000 euros dans la nature. Un couple de Jurassiens qui ont été prélevés au fil des années de 5600 euros sont repartis amers avec 850 euros. D'autres cas sont encore plus désepérés : des consommateurs arnaqués de 12 000 voire 17 000 euros. 

Terrible ironie du sort, 2020, en décembre  2020, dans un communiqué de presse, SFAM fait la promotion d'une assurance mobile solidaire. Et argue : "Parce que la protection des biens essentiels contre les imprévus de la vie ne devrait pas être uniquement réservée à ceux qui en ont les moyens, SFAM, leader en Europe de l’assurance affinitaire pour la téléphonie mobile, le multimédia et les objets connectés, s’engage pour aider les quelque 4,25 millions* de Français allocataires d’un minimum social, en leur proposant une assurance mobile à 1 € par mois." Les consommateurs connaissent la suite. 

Les plaignants devant la justice

Le 3 avril, soixante-et-un clients du courtier en assurances ont présenté leurs dossiers au Tribunal judiciaire de Paris. Tous réclament le remboursement de prélèvements qu'ils estiment abusifs. C'est le démarrage de l'action collective lancée contre Indexia. En Ardèche, Me Wissam Bayeh, l'avocat de l'association UFC Que Choisir 07, s'apprête à saisir le procureur avec un dépot de plainte concernant une quinzaine de dossiers et l'assocition de consommateurs pour des préjudices estimés à plusieurs milliers d'euros par plaignant, dont un à 25 000 euros. L'UFC Que Choisir entend se porter partie civile dans l'intérêt collectif des consommateurs. 

En parallèle, le torchon continue de brûler aussi entre la direction de l'entreprise et ses représentants syndicaux. Dans le cadre de sa reconversion dans les téléphnes reconditionnés vendus par abonnement, les syndicats (CFDT, CGT, SUD, CFTC) ont demandé en CSE la mise en place de deux expertises, l'une économique et financière, l'autre sur les orientations stratégiques de l'entreprise. La direction aurait saisi la justice pour annuler cette saisie d'un cabinet d'experts. La question devrait être jugée le 4 mai prochain. 

La principale inquiétude des organisations syndicales est de ne pas reproduire les mêmes égarements, les mêmes dérives, ces mêmes systèmes de facturation "bizarres" selon les mots de Nicolas Zeimetz, élues CFDT. La question est d'autant plus cruciale que le système de commercialisation est basé sur des abonnements "cash back" au sein des boutiques Hubside.Store.  Et que une fois encore, il y a d'un côté le front office, la boutique, et de l'autre, le back-office où tout a dérapé sur le volet assurances. "Lorsque l'on vend des abonnements, les engagements contractés doivent être tenus à 100 %. Pareil pour les salariés qui doivent disposer des moyens nécessaires pour remplir leurs tâches.

La chute d'un assureur peu scrupuleux

C'est l'histoire d'un empire commercial, qui ressemble à celle d'un conte de fées. Sauf qu'à la fin, les choses se terminent mal. En 1999 à Romans-sur-Isère dans la Drôme, Sadri Fegaier a un simple BTS assurances en poche. Mais il a aussi beaucoup de culot. Il persuade la ville de Roman de l'aider à obtenir un prêt pour ouvrir une boutique de téléphonie. Son business cartonne, il ouvre vite quatre nouveaux magasins dans la région. 

Aujourd'hui, à 43 ans, Sadri Fegaier est milliardaire. Ce qui lui a permis de gravir les échelons aussi rapidement ? Une idée de génie tout d'abord : transformer son business en une entreprise spécialisée dans l'assurance des téléphones portables et tablettes. C'est le début de la Sfam, la société française d'assurance multirisques, qui deviendra plus tard Indexia.

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