Chaque olympiade remet en lumière des disciplines dont on parle peu le reste du temps. Chaque olympiade donne un coup de projecteur sur des sportifs peu médiatisés... c'est ça la magie des Jeux! Et pourtant, ces disciplines attirent du monde. Exemple dans les Alpes. 

La lutte, discipline "mère" aux JO

Plus vieux sport du monde, la lutte est pratiquée pour la première fois il y a 5.000 ans par les Sumériens! Par la suite, ce sont les Egyptiens, puis les Romains, et enfin les Grecs qui s'y adonnent. C'est donc tout naturellement que les Jeux de l'Antiquité font de ce sport leur symbole, et des lutteurs leurs héros.

"A la base les Jeux Olympiques comptaient deux sports: la course et la lutte. Puis Pierre de Coubertin a rajouté des épreuves plus modernes", explique Andrey Siryev, entraîneur au Grenoble Olympique Lutte.


Sport en vogue en 1896, la lutte est pratiquée autant que le football actuellement. Elle refait donc surface durant les premiers Jeux olympiques de l'ère moderne. Mais, avec le temps et une mauvaise communication, l'intérêt du public s'étiole pour ce sport, qui peine à s'imposer lors de la compétition. Il y a 3 ans, le Comité International Olympique (CIO) a même envisagé de supprimer l'épreuve de lutte.


Face à ces menaces, les réactions sont vives. Selon Fabrice De Bianchi, le président du comité départemental de lutte, en Isère, ce serait l'argent, ou plutôt le manque d'argent dans ce sport, qui serait à l'origine de ce désamour du Comité Olympique. Mais, des Jeux sans lutte, ce serait "impensable", affirme Andrey Sirvey. "Pour chaque enfant, chaque lutteur, le but est le même: les JO!". 

Le CIO n'est pas allé au bout de cette décision. Pour le moment, la lutte reste donc un sport olympique jusqu'en 2024. 

Reportage Maxence Regnault, Jordan Guéant et Philippe Caillat
La lutte aux Jeux Olympiques, vue des Alpes
Intervenants: Andrey Siryev, Entraîneur de lutte - Grenoble Olympique Lutte ; Fabrice De Bianchi, Président du comité départemental de lutte

L'équitation, discipline d'exception

Sport olympique depuis 1912, l'équitation est une discipline à part. Fusion entre le cavalier et sa monture, elle nécessite de nombreuses heures d'entraînement. Au programme, pas de course de vitesse, ni d'endurance mais du saut d'obstacle, du dressage ou le concours complet, nécessitant de la grâce mais surtout de la technique. Depuis 104 ans, les tricolores maîtrisent ces épreuves puisque ils ont déjà remporté 39 médailles olympiques.

© France 3 Alpes
© France 3 Alpes

"La France a su élever des chevaux, les faire naître. Elle a eu de grands cavaliers qui ont su transmettre leur savoir. Nous essayons d'être les plus pointus possible, dans tous les domaines. Raison pour laquelle le niveau est très élevé", indique Paul Gentil, du Centre équestre de Frontenex.

En septembre 1988, aux Jeux de Séoul, Pierre Durand remporte la médaille d'or. Si les exploits du cavalier sont célèbres dans les centres équestres, ce sont surtout ceux de sa monture, Jappeloup, que l'on retient. Le petit cheval d'obstacle d'1m58 au garrot était aussi connu pour ses exploits, que pour son caractère parfois incontrôlable.

Le "couple idéal" pour participer aux JO, en équitation résulte de la bonne entente entre un très bon cheval et un cavalier doué: "Les bons cavaliers sont capables de monter plusieurs chevaux, qui ont chacun leur caractère, leur tempérament, leur potentiel physique, leurs conditions physique. C'est une combinaison."

Reportage
L'équitation aux Jeux Olympiques
Intervenant: Paul Gentil, Centre équestre de Frontenex

Le tir au pistolet à 10 mètres, une discipline confidentielle malgré les médailles

Aux JO de Londres, en 2012, Céline Goberville décroche la médaille d'argent de tir au pistolet à 10 mètres. Un coup de projecteur sur cette discipline méconnue. Pourtant, elle fut longtemps l'épreuve d'ouverture des JO de l'ère moderne, en hommage à leur créateur Pierre de Coubertin. Adepte du tir, le baron a même été le premier tireur français de l'épreuve olympique, qu'il impose à Athènes en 1896.

Néanmoins, la discipline reste discrète. "Céline Goberville a été la bienvenue, elle nous a apporté un petit éclairage. Mais on ne peut pas dire que sa médaille d'argent nous ait apporté plus d'adhérents", confie Madeleine Perret, présidente des Chevaliers Tireurs de Chambéry

Actuellement, le tir sportif reste confidentiel, avec seulement 200.000 licenciés en France. Ce qui permet aux aînés de tirer leur épingle du jeu. Poussée par les "petits jeunes" qui la battent parfois, Jacqueline en mauvaise perdante, ne cesse de progresser. Elle a même tenté la qualification pour les Jeux de Rio. 

Reportage
Le tir à 10 mètres aux Jeux Olympiques
Intervenantes: Madeleine Perret, Présidente des Chevaliers Tireurs de Chambéry ; Jacqueline Bouffard, Chevaliers Tireurs de Chambéry

Le lancer de disque: le mal-aimé des JO!

Immortalisé par le sculpteur Myron, cinq siècles avant Jésus Christ, le discobole est la représentation parfaite du lancer de disque. Seule discipline à n'avoir jamais quitté la scène olympique, le sport n'est plus aussi adulé qu'avant. "Ce n'est plus un symbole, car on n'en parle plus", affirme Serge Debié, l'entraîneur de Mélina Robert Michon, lanceuse.

© France 3
© France 3

Selon la sportive iséroise, la discipline souffre des préjugés. Les détracteurs du lancer de disque le considèrent comme un sport de force et oublient l'ensemble "des qualités de force, de vitesse et de relâchement" nécessaires à sa pratique. "Vous pourrez prendre un haltérophile qui est très fort, vous lui donnez un disque il ne saura pas le lancer loin", rajoute-t-elle

Actuellement, ils sont de moins en moins nombreux à pratiquer cette discipline. Seule Mélina Robert Michon fait encore briller l'hexagone chez les femmes. L'iséroise perpétue ainsi l'héritage de Micheline Ostermayer, championne olympique en 1948. 

Reportage
Le lancer de disque aux Jeux Olympiques
Intervenants: Mélina Robert-Michon, Vice-championne du monde 2013 ; Serge Debié, Entraîneur de Mélina Robert-Michon