Loire : des permanences pour signaler des violences conjugales dans six supermarchés

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Écrit par Dolores Mazzola
Dans la Loire, une association de lutte contre les violences conjugales met en place des permanences dans six magasins du département.
Dans la Loire, une association de lutte contre les violences conjugales met en place des permanences dans six magasins du département. © maxppp

Des permanences sont mises en place dans six Carrefour Market de la Loire pour venir en aide aux femmes victimes de violences conjugales. C'est une expérimentation lancée par l'association SOS violences conjugales 42 dans le département de la Loire.

Depuis lundi 7 septembre, dans la Loire, des permanences sont mises en place dans six supermarchés de l'enseigne Carrefour Market pour venir en aide aux femmes battues. L'expérimentation va durer six mois. C'est la mise en place concrète de l'une des mesures imaginées au moment du Grenelle des violences conjugales et pendant le confinement.

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Dans la Loire, l'expérimentation est pilotée par l'association SOS violences conjugales 42, qui rayonne sur l'ensemble du département depuis plusieurs décennies. L'accueil des femmes se fera à Riorges, Veauche, Sorbiers, Lorette, Unieux et Montbrison. Ce qui permet à l'association ligérienne de s'adresser aussi aux femmes vivant en zones péri-urbaines ou en zones rurales. "Ces femmes victimes de violences ne pas être aussi victimes d'exclusion géographique" explique Michèle Perrin, directrice de SOS violences conjugales 42. Le dispositif s'adresse à "des femmes qui ne connaissent pas l'association ou qui ne peuvent se rendre à Saint-Etienne." SOS Violences Conjugales 42 est basée rue Bergson. 

Pourquoi installer des permanences dans des supermarchés ? Les victimes de violences domestiques sont le plus souvent enfermées dans un huis-clos familial. L'association a fait le choix d'offrir une écoute dans des lieux de vie où les femmes se rendent seules, où elles peuvent ainsi échapper à la surveillance de leur conjoint. "Il s'agit pour ces femmes d'oser franchir le pas," explique aussi Michèle Perrin. Bien plus simple dans un lieu familier. "Les violences conjugales touchent tous les milieux, et c'est aussi l'occasion de toucher même un public qui travaille dans les supermarchés," précise la directrice.

Une fois dans le magasin, la victime peut se rendre à l'accueil et demander à être orientée vers la travailleuse sociale de l'association. Il s'agit pour les victimes de donner l’alerte le plus discrètement possible. Il peut aussi être question pour une femme battue de s'informer auprès de la travailleuse sociale des possibilités d'orientation vers des services spécialisés d'hébergement. Un local a été mis à disposition de l'association dans chaque supermarché. "Nous avons été très bien accueillies," se réjouit la directrice. C'est une salariée de l'association, spécialement recrutée pour cette mission qui a gère les permanences, mais "elle ne travaille pas seule, elle a toute une équipe derrière elle," tient à souligner la directrice. 

L'association met aussi à disposition des victimes une permanence téléphonique. Le numéro est mis en évidence sur les affiches disposées à l'entrée du supermarché.
 
L'association a encore peu de recul sur le dispositif car ces accueils en supermarchés viennent tout juste de débuter. Les permanences sont en place le lundi à Riorges, le mardi à Unieux, le mercredi à Sorbiers et à Lorette. Le jeudi à Montbrison, le vendredi à Sorbiers et à Veauche. 

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Le Grenelle contre les violences conjugales lancé à l'automne 2019 a contribué à sensibiliser le grand public et notamment à faire connaitre le numéro d'aide 39 19. "Il a permis de relancer le message," confirme Michèle Perrin. 

Créée en 1986, sous le nom de "Solidarité Femme 42", l’Association est devenue "SOS Violences Conjugales 42" en 2007. Elle a développé des permanences d'accueil en direction des femmes victimes de violence assurées par du personnel professionnel. L'association gère aussi 33 places d'hébergement. Le nombre de victimes accompagnées par la permanence d'écoute et d'information s'élève à 600 pour encore 4500 contacts, indique la directrice qui n'a cependant pas noté une augmentation des appels durant le confinement. "Les appels reprennent avec le déconfinement, le retour des enfants à l'école et des conjoints au travail," note-t-elle.
Outre les victimes, l'association accueille aussi les auteurs des violences en partant d'un constat évident: "faire partir une femme ne neutralise pas l'auteur des violences. Il recommencera avec une autre !" Alors SOS Violences Conjugales 42 a déjà accompagné depuis 2002 une centaine d'hommes auteurs de violences au sein du foyer. Hébergement d'urgence, prise en charge, possibilité de dépôt de plainte à l'hôpital ... en matière de lutte contre les violences conjugales, "les dispositifs ne manquent pas dans le département de la Loire," assure Michèle Perrin.En 2019, 146 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, soit 25 de plus qu'en 2018, selon les chiffres officiels rendus publics fin août par le ministère de l'Intérieur. Vingt-sept hommes ont également été tués au sein du couple, soit 173 décès au total. Cela représente en moyenne un décès tous les deux jours. Ces meurtres sont le stade ultime des violences conjugales, dont sont victimes chaque année plus de 210.000 femmes majeures en France. Depuis janvier 2020, au moins 46 féminicides présumés ont été recensés, selon un décompte de l'AFP. 
 

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