Grêle dans le Roannais : 30% à 40% des récoltes détruites

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Écrit par D.Mazzola (avec M.Aissou et T.Touchais)

Après l'épisode de grêle survenu dans le secteur du Coteau mercredi 22 juin dernier, l'heure est au bilan pour les agriculteurs de ce secteur du Roannais, durement touchés : de 30% à 40% des récoltes de blé et maïs sont perdues chez certains.

Les grêlons qui se sont abattus sur le nord du département de la Loire ont fait d'importants dégâts mercredi soir. Des centaines de toits de maisons et des équipements municipaux ont été endommagés au Coteau mais pas seulement. Ce violent épisode climatique a également touché les exploitations agricoles. Des champs de maïs et de blé détruits, des récoltes envolées, des toits de stabulation percés, des serres saccagées… 

1800 m² détruits : la toiture de l'étable n'a pas résisté

"Le jour même, on en pleurait. Tout est parti en un quart d'heure. On a tout perdu. Sur l'exploitation, c'est 1800 m² de toit détruit. Le bâtiment a 9 ans, la toiture était toute neuve. Ça nous met un coup", Nicolas Lenoir, éleveur laitier à Commelle-Vernay, n'a pas de mots. Les panneaux photovoltaïques, un investissement de 140 000 euros, ont également été détruits. "Il nous restait 15 hectares de blé à moissonner. Il nous en reste un tiers à ramasser", Nicolas Lenoir, est inconsolable.

Etables inondées et toiture trouée, à Commelle-Vernay, les dégâts sont importants pour le GAEC de la "Ferme des Arnauds". L'éleveur a également eu peur pour son cheptel. "On était dans un champ, occupés à rentrer de la paille avant la pluie. Quand on est arrivé, il n'y avait plus une vache sous le bâtiment" Les animaux de cet exploitant se sont enfuis du bâtiment agricole, affolés par les trombes d'eau et la grêle. Les vaches se sont abritées sous des chênes. Certaines ont été blessées par les gros grêlons dont certains pouvaient atteindre les 6 centimètres de diamètre. 

Maïs endommagés, blés fauchés...

A quelques kilomètres, à Parigny, Thomas et Baptiste Subtil, exploitants du GAEC de Saligny, n'ont pu que constater l'ampleur des dégâts une fois l'orage de grêle passé. Thomas explique, devant sa parcelle de maïs, la plus endommagée de l'exploitation. "Les plants devraient faire 50 à 60 cm, ils devraient couvrir le sol... mais il y a 30 à 40% de pertes sur cette parcelle."

Les parcelles de blé ont également enregistré des pertes. Les épis sont par terre à quelques semaines des moissons. Selon l'exploitant, les pertes s'élèveraient à environ 40%. Outre les pertes sèches enregistrées, cet épisode de grêle va nécessiter un travail supplémentaire. "Le grain est par terre, il est perdu. Il faudra le détruire pour éviter qu'il salisse la culture suivante. Avant de semer une autre céréale, il faudra faire germer ce blé à terre, et l'enterrer pour éviter qu'il apporte des maladies aux autres cultures", résume l'exploitant.

Ce blé perdu était destiné à l'alimentation des animaux de l'exploitation. "L'année va être longue. D'autant qu'on n'a guère de stock à cause de la sécheresse"

Toutes cultures confondues dans la région, les assurances ont déjà une estimation des dégâts : elle est considérable. "Sur les effets cumulés du mois de juin, sur le périmètre de notre caisse régionale, on va avoisiner les 100 millions d'euros. Ce qui est une somme considérable et jamais atteinte dans le périmètre de notre caisse régionale", assure Patrick Laot, président de la Fédération Groupama de la Loire.