Chantage à la sextape gay à la mairie de Saint-Etienne : Gaël Perdriau nie avoir eu connaissance de la vidéo

Publié le Mis à jour le
Écrit par Ana K.

Les révélations de Médiapart font réagir la scène politique stéphanoise. L'équipe municipale se retrouve, de fait, dans la tourmente. L'opposition dénonce des pratiques mafieuses. Le maire LR, Gaël Perdriau, nie avoir eu connaissance de la vidéo. Outre le chantage à la sextape gay, le versement de sommes via des subventions allouées à des associations pose questions.

Au lendemain des révélations de Mediapart concernant un chantage à la sextape gay dans l'entourage politique du maire de Saint-Etienne, les réactions se multiplient.

Pierrick Courbon du groupe d'opposition municipale, "Saint-Etienne Demain", ne mâche pas ses mots. L'élu explique que son groupe a apporté son soutien " à l’homme, à Gilles Artigues, par rapport à ce qu’il a vécu et subi pendant de nombreuses années". L'opposition condamne "les méthodes qui sont dignes des pires systèmes mafieux". Pierrick Courbon envisage de donner une suite judiciaire à cette affaire, notamment sur les "détournements de subventions municipales et sur d'éventuelles tentatives de corruption avec des propositions de poste au sein de la mairie. "

"Les faits qui sont allégués sont extrêmement graves, il est de notre responsabilité de conseillers municipaux de faire en sorte que la justice fasse toute la lumière sur cette affaire."

Pierrick Courbon

Elu d'opposition à la mairie de Saint-Etienne

Pierrick Courbon souligne que plusieurs acteurs municipaux ont tenté de "dénoncer le climat malsain qui règne au sein de la ville de Saint-Étienne".

"J’ai moi-même été confronté à un certain nombre d’intimidations (en tant que candidat aux élections municipales de 2020), de menaces et malheureusement la nature des faits relatés et les méthodes ne me surprennent pas plus que ça" conclu l'élu.

"Cela jette un discrédit sur la vie politique mais à un moment chacun récolte ce qu’il a semé".

Georges Ziegler, président du conseil départemental de la Loire

Dans la vie politique ligérienne depuis des décennies, Georges Ziegler admet sans hésiter que si les pratiques détaillées dans l'article de Médiapart étaient avérées, il serait scandalisé. "Ce sont des choses qui ne se font pas, j’attends le développement qui sera donné à cette affaire. C’est la justice qui va regarder maintenant ce qu’il en est."

Il a côtoyé Gilles Artigues durant des années, Georges Ziegler se souvient même de la première fois qu'il l'a rencontré. "Je le connais depuis à peu près 40 ans, la première fois que je l’ai vu, il était étudiant, j’étais moi-même chef des informations à Loire Matin et il est venu m’apporter un communiqué d’une association étudiante, "jeune pour une foi", et il préparait l’arrivée de la crèche de Cracovie sur la place de l’Hôtel-de-Ville. J’ai une pensée pour sa famille" conclu le président du département.

"À ce stade, je n’ai aucun commentaire à faire sur une vidéo que je n’ai pas vu."

Gaël Perdriau, Maire de Saint-Etienne

Moins compatissant, le maire de la ville, Gaël Perdriau préfère se taire, c'est ce qu'il a déclaré à l'issue de la cérémonie du 78e anniversaire de la Libération de Saint-Étienne, aux journalistes présents.  

Selon lui, les agissements décrits dans l'article "relèvent de la stricte intimité, de la vie privée des personnes qui sont citées et que je n’ai pas à juger." L'édile conteste toute notion de chantage, répète plusieurs fois qu'il ne fera pas de commentaire et élude les questions sur les sommes versées à des associations.

durée de la vidéo : 02min 50
Réaction de Gaël Perdriau (maire LR de Saint-Etienne) aux révélations concernant le chantage à la sextape gay de son ancien premier adjoint, Gilles Artigues. ©France 3 Rhône-Alpes- Vincent Diguat

L’avocat de Gilles Artigues, Maître André Buffard, explique que son client avait informé très tôt Gaël Perdriau du chantage qu’il subissait.

« Gilles Artigue affirme, et il a des éléments pour prouver qu’il s’en est ouvert au maire et que le maire n’a pas dénoncé les faits et a maintenu dans ses fonctions celui qui était l’auteur de cette manipulation (cf Samy Kéfi-Jérôme)."

"Aujourd’hui, poursuit l'avocat, Gilles Artigues s'aperçoit qu’il a probablement été victime d’un coup monté, très bien orchestré, qui a été financé par des subventions municipales, ce qui est absolument ahurissant."

En début de semaine prochaine, Gilles Artigues a prévu de déposer plainte pour guet-apens en bande organisée et utilisation de fonds publics à des fins crapuleuses.

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