Chantage à la sextape gay dans l'entourage politique du maire de Saint-Etienne, Médiapart révèle les dessous de l'affaire

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Écrit par AK

Victime de chantage, Gilles Artigues, ancien adjoint au maire de Saint-Etienne a décidé de déposer plainte. Médiapart vient de révéler l'affaire, un massage érotique entre un escort gay et l'ancien premier adjoint de Saint-Etienne a été filmé à son insu et aurait été utilisé par ses rivaux politiques pour le contraindre à s'effacer et à verser 50 000 €.

L’affaire dévoile que Gilles Artigues, premier adjoint au maire de Saint-Etienne en 2014, a été filmé en compagnie d’un homme, à Paris, à son insu.

La vidéo aurait été tournée à l’initiative d’un autre adjoint (à l’éducation et à la jeunesse), Samy Kéfi-Jérôme, proche du maire LR, Gaël Perdriau. Contacté par Médiapart, Samy Kéfi-Jérôme a nié toute implication dans cette affaire avant de reconnaitre que cette vidéo lui avait été subtilisée par son ex-compagnon, Gilles Rossary-Lenglet.

Des faits qui remontent à 2014

Médiapart évoque le contexte politique nécessaire à la compréhension de cette affaire. 2014, à l'issue des élections municipales, c'est une alliance de circonstance qui va lier le chrétien démocrate, Gilles Artigues à l'UMP (puis LR) Gaël Perdriau.

Pour éviter une triangulaire, comme en 2008, qui avait permis à la gauche de remporter la mairie, le centriste se résout à rester dès le premier tour derrière la candidature de Gaël Perdriau, appliquant un accord (centristes-UMP) imposé depuis Paris.

L'accord implique que le nouveau maire prenne en premier adjoint Gilles Artigues. Les deux hommes travaillent côte à côte mais les élections municipales de 2020 les placent rapidement dos à dos.

A la faveur d'un déplacement dans la capitale, une caméra est cachée dans une chambre d’hôtel, dans laquelle Gilles Artigues sera invité par Samy Kéfi-Jérôme. Ce dernier lui présente alors un homme comme étant une de ses connaissances, il s'agit en fait d'un escorte gay payé par Samy Kéfi-Jérôme. 

C'est l'ancien compagnon de Samy Kéfi-Jérôme qui a expliqué à Médiapart comment il aurait procédé. Gilles Rossary-Lenglet affirme que c’est bien son ancien compagnon qui a payé l’escorte 200€ de l'heure. 

A la fin de la soirée, une vidéo compromettante de l'élu recevant un massage érotique est entre les mains de Samy Kéfi-Jérôme.

Quelques mois plus tard, courant 2015, l'adjoint à l'éducation lui présente un montage de la vidéo alternant ses propos politiques conservateurs et la séquence de la chambre d'hôtel. 

Chantage politique et financier

Pour que la vidéo ne soit pas rendue publique, Gilles Artigues devra s'effacer de la scène politique stéphanoise et ligérienne.

Selon Gilles Rossary-Lenglet 50 000 € ont été demandés en échange de la vidéo par Samy Kéfi-Jérôme. Toujours d'après ses propos à Médiapart, des sommes auraient transité par le biais de subventions municipales à des associations.

Il aurait lui même touché deux fois 20 000€ qu'il aurait reversé à son ancien amant. 

Des répercussions multiples

Samy Kéfi-Jérôme et Gilles Rossary-Lenglet se séparent. Sans emploi, Gilles Rossary-Lenglet demande un poste à la mairie de Saint-Etienne à son ancien compagnon en échange de son silence sur son rôle dans cette affaire.

Je n'ai plus rien à perdre.

Gilles Rossary-Lenglet

Médiapart

Sa demande reste sans réponse, il décide de s'adresser directement au maire de Saint-Etienne. Gaël Perdriau lui accorde un emploi payé 2500 euros net. Il reçoit Gilles Rossary-Lenglet en entretien, au cours duquel le maire évoque la fameuse vidéo et les rôles respectifs des anciens amants.

Gilles Artigues, qui n'est désormais plus premier adjoint, a décidé de porter plainte pour chantage aggravé et a pris le ténor du barreau, André Buffard comme avocat. 

Gaël Perdriau conteste le récit donné à Médiapart, et affirme n’avoir « procédé à aucune demande en ce sens ».

« Les subventions attribuées (aux associations) font l’objet d’une instruction de la part de nos services », explique le directeur de cabinet du maire, Pierre Gauttieri, il annonce en outre que « ces deux subventions feront donc l’objet d’un examen pour vérifier la réalité des opérations ».

En cas de détournement, la ville de Saint-Étienne se réserve le droit d’engager des poursuites.

L'opposition municipale, "Saint-Etienne Demain" réagit aux révélations et dénonce dans un communiqué "la mécanique du système Perdriau", elle souhaite rapidement saisir la justice.

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