Un habitant de la Loire inscrit son nom au palmarès de l'Enduroman pour défendre la cause des femmes

I endure for her : Lionel Jourdan endure des épreuves sportives pour dénoncer les violences faites aux femmes. Et il le fait avec succès. Ce Ligérien vient de battre le record de l'Enduroman, un triathlon en solo entre Londres et Paris. Avec sa femme, il entend bien poursuivre ce combat de société.
L'équipe "I endure for her" lors de l'Enduroman Arc2arch entre Londres et Paris. De gauche à droite : Maxime Jourdan, Pierrick Pitiot, Lionel Jourdan, Nathalie Jourdan, Vincent Vial. Août 2020.
L'équipe "I endure for her" lors de l'Enduroman Arc2arch entre Londres et Paris. De gauche à droite : Maxime Jourdan, Pierrick Pitiot, Lionel Jourdan, Nathalie Jourdan, Vincent Vial. Août 2020. © I endure for her
Il a beau avoir battu le record de l'Enduroman le 6 août 2020, Lionel Jourdan reste pour le moins discret sur son exploit sportif. 140 kms de course à pied, la traversée de la Manche à la nage, puis 290 kilomètres à vélo... Cet habitant de Saint-Martin-la-Plaine, dans la Loire, a bouclé l'ultra triathlon Arch 2 Arc, entre Londres et Paris, en 49 heures et 24 minutes. Un record. Un exploit pour dénoncer les violences faites aux femmes.

Il y a 4 ans, Lionel Jourdan ne sait pas nager le crawl, et n'est jamais monté sur un vélo de course. Il décide toutefois de se mettre au sport, se laisse convaincre par un copain ostéopathe de faire du triathlon. Le dirigeant d'entreprise ligérien aborde rapidement la compétition : l'Ironman, les championnats du monde, etc. Jusqu'à ce jour où il décide de courir pour la cause des femmes.
 

J'avais été scotché par les propos misogynes de certains athlètes qui minimisaient les résultats de compétitrices... parce qu'elles étaient des femmes.

Lionel Jourdan


I endure for her : une marque, une équipe pour dénoncer les violences faites aux femmes


Avec sa femme Nathalie et son fils Maxime, Lionel Jourdan décident de relever le défi. "Le sport est un très bon vecteur de communication". Alors pour promouvoir la cause des femmes, il décide de s'inscrire à l'Enduroman, et monte son équipe sous la marque "I endure for her". Une page Facebook est créée pour susciter de l'engouement pour l'épreuve sportive, mais aussi et surtout pour cette cause : dire stop aux violences faites aux femmes.
 

Lionel court, nage, pédale. Sa femme Nathalie, elle, se charge de concrétiser une aide à ceux qui luttent contre les violences faites aux femmes. La cheffe d'entreprise a l'idée d'organiser une collecte de vêtements au profit de Viffil SOS Femmes, basée à Villeurbanne.
 

Lors de cette collecte, on a demandé des robes, beaucoup de robes. Des choses colorées. Des jeans, des vestes blazers... Je voulais des vêtements décents, qui permettent de mettre en valeur les femmes. Leur apporter un peu plus de dignité.

Nathalie Jourdan


De retour de l'Enduroman, Lionel accompagne sa femme à Villeurbanne, afin de ramener le produit de la collecte à Viffil SOS Femmes. Le couple file un coup de main pour aménager un local, où les portants à vêtements sont désormais installés.
 

Pendant qu'on était à Viffil, un taxi est arrivé et a déposé une femme. Elle ne portait pas de chaussures, elle était partie sans rien après s'être faite violenter. Lorsqu'on s'intéresse à ce sujet, on s'aperçoit qu'il se passe des choses démentielles, et que rien ne bouge.

Lionel Jourdan


Pour ce couple engagé, il faut maintenant poursuivre le combat. Lionel évoque la possibilité de monter une association. "Si on peut à l'occasion d'une autre course, continuer à porter le message, on le fera" poursuit Nathalie .
Nul doute que d'autres actions viendront lorsque l'on écoute le couple. "Je ne voulais pas être dans la compassion ou dans la plainte, mais dans l'action pour aider concrètement" Viffil et ces femmes victimes de violence, précise Nathalie. Pour elle, il était hors de question "de simplement déposer un paquet de vêtements et de se satisfaire d'avoir fait une bonne action".

 

Si on arrive à rendre une ou deux femmes heureuses, ce serait déjà le bout du monde.

Nathalie Jourdan

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
solidarité société femmes sport