Ligue1: face à Angers, Saint-Etienne en mode survie

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Écrit par afp
Claude Puel, entraîneur de l'ASSE.
Claude Puel, entraîneur de l'ASSE. © MaxPPP

Résultats et finances en berne, avenir de Claude Puel incertain, vente du club au point mort: Saint-Etienne, à la dérive, reçoit Angers ce vendredi 22 octobre pour un match capital, avec pour seul horizon le maintien en Ligue 1, déterminant pour le futur du club.

Dernier à quatre longueurs de Bordeaux, premier non relégable, l'ASSE, balayée à Strasbourg (5-1) dimanche, est en quête d'une première victoire lors de cette 11e journée, sous peine de voir l'ambiance se tendre sérieusement avec ses supporters ultras.                

Dans ce contexte, l'avenir de Claude Puel, entraîneur et manager général, est forcément en suspens, d'autant plus depuis l'ultimatum posé par les ultras stéphanois jeudi à l'entraînement, où ils ont déployé un calicot menaçant: "Puel : on te laisse 24 heures pour démissionner".                

"Je pense que les supporters seront derrière leur équipe et c'est le plus important. Nous sommes à domicile et on doit imposer une pression à notre adversaire et non pas créer une atmosphère néfaste pour notre équipe", a indiqué le technicien lors de la conférence de presse d'avant-match jeudi après-midi.                

Une énième défaite pourrait provoquer son éviction mais un tel départ ne ferait qu'apaiser très momentanément les tensions autour de l'équipe sans pour autant améliorer sa valeur.                

Pas de moyens pour recruter 

Car, faute de moyens, l'ASSE n'a pu recruter sur aucune des quatre dernières périodes de transferts.                

Et les 35 millions d'euros de la vente - en plusieurs échéances - du jeune Wesley Fofana pour Leicester, notamment, n'ont servi qu'à combler les déficits et financer la saison dernière.                

Cet été, Saint-Etienne n'a pu non plus conserver le défenseur Pape Abou Cissé, prêté par l'Olympiakos, qui avait largement contribué au sauvetage des Verts.                

Puel n'a ainsi plus les moyens obtenus par Jean-Louis Gasset (décembre 2017-2019) arrivé à l'ASSE alors que l'équipe était déjà en fond de classement, et qui avait bénéficié de gros investissements, via des emprunts, pour retrouver l'Europe en un peu plus d'un an.                

"Ce modèle économique n'était plus tenable après que le club se soit lourdement endetté pour tenter de titiller le haut du classement. Nous avons dû vendre des jeunes pour simplement nous assurer de jouer en Ligue 1", avait ainsi confié Puel à l'AFP en janvier dernier.                

"La DNCG a validé le retournement de notre modèle sportif et économique au terme de la saison 2020-2021 mais notre masse salariale reste en inadéquation avec nos revenus. Structurellement, le club génère encore des déficits", avait de son côté admis en septembre le président exécutif Jean-François Soucasse au quotidien La Tribune-Le Progrès.                

La vente, une urgence               

"Le club sera en capacité de mener cette saison à son terme", avait-il toutefois affirmé, laissant envisager une trésorerie tendue et donc, une cession d'autant plus urgente.                

En 2018, les deux actionnaires, Bernard Caïazzo (67 ans) et Roland Romeyer (76 ans), souhaitaient déjà vendre la holding ASSE Groupe qu'ils détiennent pour moitié chacun.                

Avec la perspective du contrat mirifique de droits TV signé par la LFP avec l'éphémère diffuseur Mediapro, ils ont alors écarté des offres de repreneurs puissants, comme celle du fonds américain Peak6.                

Depuis, la situation financière s'est aggravée avec les crises du retrait de Mediapro et les conséquences de la pandémie de Covid-19, et l'ASSE a encore souscrit deux prêts garantis par l'Etat (PGE).                

Les actionnaires actuels, qui n'ont pas réinjecté de fonds propres depuis 2018, ne sont sans doute pas plus en situation de repousser les offres d'investisseurs sérieux, comme celle portée par des entrepreneurs locaux, menés par le Drômois Olivier Markarian et soutenus par un établissement financier luxembourgeois.                

Souhaitant faire table rase du passé, ils ont les faveurs de Romeyer et des élus locaux, mais pas celles de Caïazzo qui ne fait pas partie de leur projet.                 Or, celui-ci souhaite rester minoritaire dans le capital pour continuer à siéger dans les instances du football national, et n'entendrait pas céder ses parts. Il poursuit au contraire sa quête hypothétique d'un investisseur milliardaire.                

Les deux actionnaires doivent être d'accord sur la vente et devront aussi s'entendre rapidement pour se porter caution afin d'emprunter pour renforcer l'équipe qui sera encore affaiblie cet hiver par le départ de six à huit joueurs à la Coupe d'Afrique des Nations en janvier-février.

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