“Michel Neyret a encore toute mon estime” Christophe Gavat, ancien chef de la PJ de Grenoble

Christophe Gavat, ancien responsable de la PJ de Grenoble / © France 3 Alpes
Christophe Gavat, ancien responsable de la PJ de Grenoble / © France 3 Alpes

L'ancien chef de la Police Judiciaire de Grenoble était l'invité du journal des Alpes pour la promotion de son livre "96 heures". Il y raconte sa garde-à-vue à la police des polices. Christophe Gavat est accusé de détournement de drogue dans le cadre de l'affaire Neyret. 

Par Céline Aubert

Le flic s'est retrouvé à la place du voyou. Christophe Gavat, l'ancien patron de la police judiciaire à Grenoble est "tombé" en septembre 2010 dans le cadre de l'affaire Neyret.

Accusé d'avoir détourné de la drogue pour payer des indics, Christophe Gavat a passé 96 heures en garde à vue, avant d'être mis en examen pour trafic de stupéfiants, détournement de scellés, vols en réunion et association de malfaiteurs. L'instruction court toujours. Mais Christophe Gavat parle désormais. Dans un livre, "96 heures" publié aux Editions Michallon.

Interview Christophe Gavat, ex patron de la PJ de Grenoble
2013

J'ai été 25 ans à la police judiciaire" commence Christophe Gavat, "quand on se retrouve de l'autre coté de la cellule criminelle, c'est très difficile". "96 heures de garde-à-vue c'est très violent, surtout quand on ne comprend pas la raison. Je me suis retrouvé en garde-à-vue pour UN appel téléphonique".

Christophe Gavat a toujours nié ce que l'on lui reproche, avoir payé un indic avec de la drogue saisie. Il explique avoir reçu plusieurs coups de téléphone de Michel Neyret ce jour-là.

"Michel m'appelle peut-être cinq fois dans la journée. Il me demande si on a brûlé tous les scellés (drogue saisie). Michel est très charismatique, vous le savez. C'est mon chef à cette époque. Pour lui plaire, par faiblesse, peut-être même par lâcheté, je lui dis oui, alors qu'on a tout crâmé". En fait, Michel Neyret est sur écoute. C'est à partir de cette écoute téléphonique que Christophe Gavat sera interpellé. 

Dans son livre, Christophe Gavat dénonce surtout les méthodes de l'IGS, la police des polices. "Je suis un professionnel, je sais très bien que pour mettre quelqu'un en garde-à-vue et le garder, il faut des éléments". A son sens, ils n'étaient pas suffisants pour le garder 96 heures. 

Aujourd'hui, Christophe Gavat dit ne plus avoir de nouvelles du juge, et ce depuis 18 mois. Michel Neyret ? Il n'a pas le droit de le contacter. "Mais il garde toute mon affectation, et toute mon estime" précise-t-il. 

Le livre devrait être adapté à la télévision par le réalisateur Olivier Marchall (qui a travaillé avec Michel Neyret lorsqu'il était policier) sur Francetelevisions. 

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