A Moirans, situation tendue dans le camp des gens du voyage

Ce mardi 20 octobre en fin de soirée, le calme est revenu à Moirans, après 7 heures de guerilla urbaine. Pour autant, au camp des gens du voyage, on assure que le bras de fer n'est pas terminé.

Des policiers surveillent les alentours du camp des gens du voyage de Moirans.
Des policiers surveillent les alentours du camp des gens du voyage de Moirans. © Jordan Guéant/France 3 Alpes
Il y a eu des voitures et des palettes brûlées, des habitants pris à partie... un vrai déchaînement de violences aux abords de la gare de Moirans. En début de soirée, le déploiement des forces de l'ordre a été à la hauteur et le calme est peu à peu revenu dans la petite ville de 8.000 habitants. A l'origine des faits, le refus de la Justice de libérer un membre de la communauté pour qu'il assiste aux obsèques de son frère.   

"Nous, ça nous a beaucoup touchés de voir partir ce petit (mort ce week end dans un accident de la route à bord du voiture volée en rentrant d'un cambriolage). On a demandé qu'il (le juge d'application des peines) lâche son frère, pour le voir au moins", dit un homme cheveux grisonnant. "C'est quoi? Une heure (de sortie de prison), le temps de voir le cercueil dans la tombe et c'est tout", poursuit une femme d'une quarantaine d'années qui assure que le défunt était un petit cousin.

Dans le camp, les tensions restent palpables. Les gens du voyage sont réunis autour d'un feu, en contre-bas de la gare qui a été en partie saccagée. Cinq carcasses de voitures fument encore sur les voies ferrées, alors qu'un escadron de gendarmerie surveille le camp à proximité et va passer la nuit sur place.

"Ça ne s'arrêtera pas"

"On attend les ordres du juge", continue la femme qui dit être la tante du jeune homme mort dans l'accident. Et "si le juge ne lui donne pas l'autorisation, ça ne s'arrêtera pas, car c'est une question de respect. Chez nous, c'est le respect qui compte", complète un jeune homme. "C'est collectif parce que c'est la famille", indique la femme.

Interrogée par BFM TV, la mère du jeune homme décédé, Adèle Vinterstein, a déclaré: "J'ai demandé une escorte, même avec des boulets aux pieds. Ça ne prendrait qu'une heure."

Une nouvelle demande de permission de sortie "sous escorte" a été déposée par l'avocat de Mike Vinterstein. Le juge d'application des peines d'Albertville doit l'examiner mercredi.

Les obsèques devaient se tenir ce mercredi mais elles pourraient avoir lieu jeudi, à la demande de la famille.
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