Municipales 2020 : quatre maires d'Auvergne-Rhône-Alpes appellent à un second tour au mois de juin

Gaël Perdriau / Olivier Bianchi / Jean-François Debat / Jean-Paul Bret / © MAXPPP / Rémy PERRIN / Pierre COUBLE / Catherine AULAZ/ Maxime JEGAT
Gaël Perdriau / Olivier Bianchi / Jean-François Debat / Jean-Paul Bret / © MAXPPP / Rémy PERRIN / Pierre COUBLE / Catherine AULAZ/ Maxime JEGAT

Dans le JDD ce dimanche 17 mai, 36 maires de grandes villes ont lancé un appel pour l'organisation d'un second tour des municipales en juin dans les 5 000 communes concernées. Quatre maires d'Auvergne-Rhône-Alpes sont signataires de la tribune.

Par Emilie Henny

"La démocratie ne peut pas être plus longtemps confinée", ont déclaré 36 élus dans une tribune du Journal du Dimanche, ce dimanche 17 mai. Ils appellent à organiser le second tour des municipales dès le mois de juin. Parmi eux, quatre élus de la région Auvergne-Rhône-Alpes.


4 maires d'Auvergne-Rhône-Alpes

"Ne transformons pas le confinement sanitaire en un confinement démocratique qui serait néfaste à l’avenir de la France et organisons le deuxième tour des élections municipales dès le mois de juin", exhortent les signataires, parmi lesquels figurent Gaël Perdriau (LR), Maire de Saint-Etienne, Jean-Paul Bret (PS), Maire de Villeurbanne, Jean-François Débat (PS), Maire de Bourg-en-Bresse et Olivier Bianchi (PS), Maire de Clermont-Ferrand. Aucun élu de la Mairie de Lyon n'a signé cette tribune. 
 

5 000 communes dont Clermont-Ferrand, Villeurbanne et Saint-Etienne en attente du second tour

Environ 5.000 communes sont en attente de ce second round. À Saint-Etienne, comme à Clermont-Ferrand, les maires sortants sont arrivés en tête du scrutin mais n'ont pas obtenu la majorité pour être élus dès le premier tour. À Villeurbanne, Jean-Paul Bret, signataire de la tribune, devait quitter son siège de maire après ces élections. Un départ retardé, en attente de ce second tour.

"Je pensais que j'allais passer la main. Le fait de devoir poursuivre sans savoir pour combien de temps, cela m'a frappé au début. Mais j'ai fait mon devoir de citoyen pour gérer cette crise. Maintenant, il faut que ça s'arrête. La vie démocratique doit reprendre le plus rapidement possible", a affirmé le maire de Villeurbanne.

Les 30.000 autres communes que compte la France ont déjà déterminé, dès le 1er tour, le maire élu. C'est le cas, par exemple, à Bourg-en-Bresse, où Jean-François Débat a été réélu dès le 15 mars avec 60.98 % des suffrages.


"Plus nous attendons, moins nous seront légitimes à prendre des décisions"

Le maire de Bourg-en-Bresse est confronté aux conséquences du report du second tour, au niveau de sa communauté d'agglomération. En effet, tant que l'ensemble des élus de l'agglomération ne sont pas désignés, l'équipe communautaire ne peut pas être renouvellée.

"Plus nous attendons, moins nous seront légitimes à prendre des décisions. Il va falloir faire de nouveaux arbitrages qui auront des conséquences sur le budget 2021 et on ne peut pas le faire avec un conseil communautaire en fin de course", s'inquiète le maire de Bourg-en-Bresse.

Sans organisation rapide du second tour, l'édile craint "une paralysie de certains services publics." Dans la tribune, les élus rappellent que "70% de la commande publique sont réalisées par les communes et les intercommunalités. Elles sont le bras armé essentiel à notre économie et à nos emplois."

À Saint-Etienne, le maire Gaël Perdriau insiste, lui aussi, sur l'enjeu économique de ce second tour. 

"Le plan de relance de l'Etat va s'appuyer énormément sur l'échelon local. Pour cela il est indispensable que la démocratie retrouve sa légitimité et que les maires et les intercommunalités puissent être installés légitimement de façon à ce que les investissements puissent reprendre rapidement pour préserver l'emploi", affirme le maire de Saint-Etienne.


Refaire l'intégralité de l'élection ?

L'exécutif devrait trancher la semaine prochaine, après avoir reçu un avis du Conseil scientifique, sur la possibilité de tenir le scrutin d'ici la fin juin.

"Maintenant qu'on peut aller chez le coiffeur, on doit pouvoir - avec des normes d'hygiène, de sécurité et de distanciation physique - se rendre deux minutes dans un bureau de vote pour aller voter", affirme Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand

Si cela n'était pas le cas, il faudrait refaire l'intégralité de l'élection pour les communes concernées, à l'automne voire en mars prochain selon les scénarios.



  

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