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Plan d'économies à Grenoble: le conseil municipal interrompu par des opposants

A Grenoble, une centaine de personnes ont fait irruption lors du conseil municipal, lundi 11 juillet, et remis des pétitions au maire. La séance a dû être reportée.

© France 3 Alpes
Ce ne devait être qu'une manifestation devant la mairie, mais, ce lundi, des agents municipaux et des représentants de quartiers se sont finalement "invités" au conseil municipal pour dénoncer le plan de sauvegarde des services publics engagé par la Ville. Un plan qui suscite beaucoup de colère et d'inquiétudes.

Fermetures de bibliothèques, baisse des effectifs municipaux... un vent de fronde souffle donc sur Grenoble, deux ans après l'élection du maire écologiste qui a présenté ce plan d'économies décrit comme une "casse du service public" par ses adversaires.

"On n'a pas voté pour ça!"

"Piolle, Valls, même combat!", "On n'a pas voté pour ça!", ont scandé une partie des manifestants, tandis que d'autres criaient plus sobrement "On veut nos bibliothèques".

Le 9 juin dernier, le maire de Grenoble, Eric Piolle a en effet annoncé tout un train de mesures qui impacteront différents services de la Ville. Parmi elles, la fermeture de 3 bibliothèques, la hausse du prix d’entrée des piscines et une nouvelle tarification des activités périscolaires.
150 départs à la retraite ne seront également pas remplacés. 

Une alliance inattendue

En début de semaine dernière, ce plan a provoqué un rapprochement inédit. Celui de l’opposition socialiste et des Républicains. Jérôme Safar et Mathieu Chamussy se sont fendus d’une lettre commune au maire de Grenoble. Une missive en forme d’ultimatum critiquant et le fond et la forme du projet municipal. "Ce plan qui n’a été débattu avec personne n’a même pas fait l’objet de délibération", déplorent Jérôme Safar et Mathieu Chamussy.

Nous sommes dans une cohérence qui répond aux enjeux du moment"

Une coalition que l’équipe d’Eric Piolle s’est fait un plaisir de pourfendre. Vendredi 8 juillet, Laurence Comparat a ouvert le feu des critiques.
"On voit bien que les tenants de l’ancien système, de l’ancien monde se regroupent, portent ensemble les même choses. Ici comme au niveau national" a indiqué la conseillère municipale déléguée à l’open data. "Ils sont dans une cohérence passéiste, nous sommes dans une cohérence qui répond aux enjeux du moment", a-t-elle ajouté.

Reportage Cédric Picaud, Vincent Habran et Sophie Vilatte
durée de la vidéo: 02 min 02
Avant le conseil municipal de Grenoble

Objectif: 13 millions d'euros d'économie 

A Grenoble, les premières mesures devraient se faire sentir à partir de la rentrée. La municipalité veut récupérer environ 13 millions d’euros pour faire face à l’endettement de la ville et à la baisse des dotations de l’Etat.
Le position de Piolle
Le maire met en avant la nécessité d'un "effort très important" pour faire face à la baisse des dotations de l'État, d'un montant de 17 millions d'euros entre 2013 et 2017.

"On s'est battu contre la baisse des dotations. On garde le cap mais on prend en compte la réalité", explique-t-il, affirmant que l'alternative était de "filer les clés au préfet" qui aurait mis la ville sous tutelle.

M. Piolle renvoie aussi la responsabilité à son prédécesseur socialiste Michel Destot (1995-2014) et à sa "stratégie de fuite en avant", consistant, selon lui, à laisser filer la masse salariale alors que la ville a déjà des impôts élevés et une dette très lourde comparée aux communes de même taille (1.687 euros/habitant).

Chantre de la démocratie participative, Éric Piolle assume l'absence de concertation. Elle s'explique, selon lui, par la nécessité d'éviter "deux écueils": la concurrence entre quartiers et celle entre politiques publiques (sacrifier la culture au profit du social par exemple).

Et même avec les fermetures annoncées, Grenoble comptera toujours une bibliothèque pour 14.500 habitants contre une pour plus de 30.000 à Lyon, Montpellier ou Nantes, fait valoir la mairie.
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