Pollution de l'air: les vignettes bientôt là!

Les villes souhaitant améliorer la qualité de l'air pourront s'appuyer, à partir du 1er juillet, sur le système des vignettes pour restreindre la circulation dans certaines zones. Grenoble devrait s'en servir pour gérer des pics de pollution.

Première préoccupation environnementale des Français, la pollution de l'air est la 3e cause de mortalité évitable selon Santé publique France. L'organisme public estime que 48.000 décès annuels sont attribuables aux particules fines notamment émises par la circulation automobile. Il est donc plus que temps d'agir. 

Et les vignettes ("certificats qualité de l'air") viennent compléter le nouveau pouvoir qu'ont désormais les collectivités locales de créer des "zones à circulation restreinte" (ZCR) pour les véhicules les plus polluants. Cela va permettre aux mairies "de décider quels véhicules vont avoir le droit de circuler en fonction de la pollution", a expliqué Ségolène Royal, ce mardi 21 juin.  

De nombreuses villes ont déjà fait savoir qu'elles vont les utiliser. Grenoble, -qui a innové en généralisant la limitation de la vitesse à 30 km/h-, devrait se servir de ces vignettes pour gérer des pics de pollution. A Strasbourg et Bordeaux, des consultations sont engagées.

Concrètement, il y aura six vignettes différentes: vert pour les véhicules "propres" (électriques, gaz, hybrides), violet, jaune, orange, bordeaux et gris pour les autres.

Les véhicules les plus anciens, -pour les voitures, celles immatriculées avant le 31 décembre 1996-, ne pourront pas obtenir de certificat. Le sésame s'obtiendra sur internet (www.certificat-air.gouv.fr) avec le numéro d'immatriculation et contre la somme de 4,50 euros. Les vignettes seront envoyées par voie postale.

"Elles seront infalsifiables" et "la plupart des constructeurs vont l'offrir pour les nouveaux véhicules", a assuré Ségolène Royal.

D'autres mesures à venir

Pour aller plus loin dans la lutte contre la pollution de l'air, le Réseau action climat préconise de "mettre les bouchées doubles" pour développer les transports alternatifs et la Fondation Hulot défend notamment des mesures d'aide, en particulier aux populations les plus précaires, pour remplacer les vieux véhicules. Ségolène Royal a annoncé que le bonus de 10.000 euros pour l'achat d'un véhicule électrique en remplacement d'un vieux diesel serait maintenu l'an prochain: il a contribué à l'achat de 6.000 véhicules depuis sa mise en place en 2015.

La ministre souhaite aussi résorber en trois ans l'écart de TVA existant pour l'achat de véhicules professionnels, aujourd'hui très favorable aux véhicules diesel.

Enfin en juillet un arrêté précisera les conditions de déclenchement de mesures contraignantes en cas de pics de pollution (contournement pour les poids lourds, vitesse réduite, périmètre d'accès réservé): l'idée étant de gagner en rapidité sans attendre qu'un épisode long s'installe.