Pourquoi les maires sont si populaires

Le maire est l'élu préféré des Français. / © Eric Cabanis/AFP
Le maire est l'élu préféré des Français. / © Eric Cabanis/AFP

Selon un sondage Odoxa-CGI rendu public ces derniers jours, le maire est l’élu préféré des Français. Ils sont vus par une majorité de leurs administrés comme étant dynamiques, compétents et honnêtes. C’est avant tout la proximité avec la population qui les rend aimés et aimables.

Par Maxime Vanoudendycke

Les maires n’auraient pas pu espérer mieux ! Honnêtes, compétents, dynamiques ou encore solides et autoritaires. Le dernier sondage Odoxa-CGI publié mardi 8 octobre pour France Info, France Bleu et la presse régionale révèle un tableau élogieux des édiles dressé par les Français. 63% d’entre eux ont une bonne opinion de leur maire. En toile de fond se dessine la proximité des élus municipaux qui permet à la population de les identifier et d’apprécier (en bien ou en mal) ce qu’ils font.
 

Proximité, proximité et proximité

Sans surprise, les Français connaissent davantage le nom de leur maire que celui des autres élus locaux et nationaux. D’après le sondage Odoxa-CGI, sur son territoire, le maire est 4 fois plus connu que le président de région et le député, 5 fois plus que le président de département et 6 fois plus que le sénateur ! A peine 9% des Français ignorent qui est le maire de leur ville. Un bémol toutefois chez les plus jeunes qui sont peu nombreux à s’intéresser à celui qui tient les rênes de leur commune.
 
 « Quand il y a des problèmes, on se rend sur place et on parle directement avec les administrés » explique Jean-Marc Morvan, maire d’Orcines (Puy-de-Dôme) et de ces 3336 habitants. Pas d’explication par courriel ou sur les réseaux sociaux. Seul le contact compte. « Pratiquement tous les dimanches, je suis sur le marché. Le maire c’est l’interlocuteur ! Y a un petit souci, y a un petit quelque chose, on vient voir le maire » surenchérit Jean Albisetti, maire de Gerzat, ville de 10 000 âmes dans le Puy-de-Dôme. Il tient d’ailleurs des permanences à l’Hôtel de ville chaque mercredi pour recevoir ses habitants et entendre leurs doléances ou jouer les conciliateurs.

Preuve que tout (ou presque) est une question d’humains, « la popularité des maires décroît de manière spectaculaire à mesure que le nombre d’habitants de la commune augmente » souligne le sondage Odoxa-CGI. 69% des Français en zone rurale ont une opinion favorable de leur maire alors qu’ils ne sont que 51% à apprécier leur élu dans les communes de plus de 100 000 habitants. « Cela s’explique aisément : plus le maire gère une ville importante, plus il ressemble aux yeux de ses administrés à un « homme politique » et par conséquent… on lui trouve moins de qualités » clarifie l’institut de sondage.
 


Un engagement quotidien

Cette proximité permet aux uns et aux autres de se comprendre. 60% des habitants estiment leur maire proche de leurs préoccupations. D’ailleurs, même si une majorité considère  qu’il aime les honneurs (56% des sondés), une minorité seulement estime que le maire fait plus de communication que de travail de fond (41%) ou qu’il pense trop à sa réélection (44%). Les Français semblent comprendre l’engagement et le dévouement de leur élu. « Quand on me demande combien de temps j’y passe, je dis que j’y passe tout mon temps. Parce qu’effectivement c’est de tous les instants, on nous appelle jour et nuit », détaille Jean-Marc Morvan. Pas étonnant que 84% des Français n’envient pas leur rôle !
 
Ainsi, la plupart des doléances des maires sont soutenues par les Français, en particulier dans les petites communes et en zone rurale. « En 2014, on a été élu, on avait des projets, et le lendemain matin, on nous a dit : quand vous aurez besoin de quelque chose vous venez me trouver et je vous expliquerai comment vous en priver », ironise Jean-Marc Morvan sur les baisses de dotations des communes. « On attend beaucoup de nous et on peut de moins en moins », ajoute Jean Albisetti. Un constat visiblement compris par les électeurs. Seuls 22% des Français estiment que les maires se plaignent trop.
 
Les habitants voudraient même donner plus de pouvoir à leurs maires. Ils sont 72% à penser qu’ils devraient avoir plus de prérogatives. « Je ne fais jamais de promesse et si j’en fais, c’est des choses que je peux tenir. Malheureusement, il y a de moins en moins de choses qu’un maire peut tenir. Ça devient une position intenable » justifie le maire de Gerzat. Cette volonté de renforcer le pouvoir des communes s’explique par un besoin de simplicité et de clarté pour les Français. Partout, de nombreuses compétences ont été transférées aux communautés de communes, métropoles, agglomérations, etc. Et les électeurs s’y perdent. Leur fonctionnement et leurs actions sont souvent mystérieux pour le grand public. « Finalement, les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) sont à leurs yeux non seulement un peu « abstraits » comme les conseils régionaux et généraux dont ils connaissent mal les actions, mais en plus introduisent un trouble… Il n’est pas toujours simple de comprendre qui de la mairie ou de l’interco est en charge de tel service ou de tel équipement » analyse l’institut de sondage Odoxa-CGI.
 


Un lien acquis mais pas garanti

On pourrait croire que tout se passe bien dans le meilleur des mondes pour les maires français. Et pourtant. L’amour des habitants pour leur élu est loin d’être inconditionnel. Même quand tout va bien…
A cinq mois des élections municipales de 2020, 41% des Français ne savent pas encore s’ils voteront pour le maire sortant ou un autre candidat. Les autres sont partagés à quasi-égalité entre continuité et nouveauté. Les Français « ont encore besoin d’un temps de réflexion. Il est vrai que les listes sont partout en cours de construction, que tous les maires, loin de là, n’ont pas annoncé leur décision de se représenter ou pas et qu’un nouveau parti, LaREM, est apparu depuis les élections de 2014. Il est donc logique que de nombreux électeurs attendent un peu avant de se déterminer » décrypte Odoxa-CGI. Malgré ce lien fort entre les habitants et leur maire, il faut croire que les campagnes municipales auront donc bien lieu.

 

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