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Le préfet de l'Isère menace le maire de Charvieu-Chavagneux

© Google street view
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C'est le dernier épisode dans l'affaire des réfugiés à Charvieu-Chavagneux : le préfet de l'Isère va demander au maire de retirer sa délibération.

Par Renaud Gardette

Le préfet de l'Isère Jean-Paul Bonnetain va demander au maire de Charvieu-Chavagneux de retirer une délibération dans laquelle la commune ne disait vouloir accueillir que des réfugiés chrétiens.

"La délibération de Charvieu-Chavagneux me paraît s'exposer à une double critique sur le terrain de la discrimination et de la rupture d'égalité. Je vais le faire savoir au maire, ce qui peut lui permettre, éventuellement, de retirer cette délibération", a déclaré M. Bonnetain au cours d'une rencontre avec la presse. Si le maire refusait de retirer cette délibération, "je pourrais être amené à faire dire le droit sur le terrain du contrôle de légalité de cette délibération", a-t-il ajouté.

Dans cette délibération approuvée à l'unanimité par le conseil municipal le 8 septembre dernier, la mairie (divers droite) de Charvieu-Chavagneux affirmait vouloir "pallier la politique étrangère irresponsable de l'État en accueillant une famille de réfugiés, à la condition expresse que ce soit une famille chrétienne". La commune expliquait son choix en affirmant "que les chrétiens ne mettent pas en danger la sécurité d'autrui; qu'ils n'attaquent pas les trains armés de Kalachnikov, qu'ils n'abattent pas des journalistes réunis au sein de leur rédaction et qu'ils ne procèdent pas à la décapitation de leur patron comme nous l'avons vu à quelques kilomètres de notre commune".

Ville de 8.250 habitants, Charvieu-Chavagneux est située à une quinzaine de kilomètres de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), où Yassin Salhi a tenté de faire exploser une usine après avoir décapité son employeur, le 26 juin dernier. Dans le cadre du contrôle de légalité des actes administratifs, le préfet peut demander le retrait d'un acte en précisant les illégalités dont l'acte est entaché. Si la commune refuse, le préfet peut alors saisir le tribunal administratif. (AFP)

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