Procès de Guy Chanal et de la société Alpexpo pour harcèlement moral à Grenoble

Guy Chanal, ancien directeur de Alpexpo / © France 3 Alpes
Guy Chanal, ancien directeur de Alpexpo / © France 3 Alpes

Lundi 11 mars, après 11 heures d'audience, le procureur a requis six mois de prison avec sursis contre Guy Chanal, l'ancien patron d'Alpexpo soupçonné de harcèlement moral sur une dizaine de salariés du parc événementiel. 100.000 euros d'amende ont également été requis contre la société Alpexpo.

Par Franck Grassaud

"Je suis plus meurtri que certains. J'ai lu tous les PV, je ne me reconnais pas (...) Je n'ai jamais harcelé personne", déclaration de Guy Chanal au cours de son procès pour harcèlement moral. Pourtant, "l'affaire" s'est nourrie d'un rapport accablant de l'inspection du travail puis d'une enquête de police. Pourtant, 10 anciens salariés en souffrance se sont portés parties civiles s'estimant victimes "d'injures, d'humiliations, de contrordres, de mises à l'écart"..."un cas pratique de 4e année de droit", dira leur avocat. 

Seul ou presque face à ces accusations, -l'avocat de la société d'économie mixte préférant faire cavalier seul-, Guy Chanal affirmera ne rien regretter mais en vouloir à ceux qui l'ont nommé pour redresser Alpexpo. Son regard s'est perdu dans la salle mais c'est la mairie de Grenoble qui était visée.

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Procès pour harcèlement moral
Intervenants : Annick Tormos, Ancienne responsable des hôtesses de Alpexpo; Elodie Salvi, Ancienne responsable administrative du Summum; Maître Pierre Janot, Avocat des parties civiles; Maître Jean-Luc Medina, Avocat de la société Alpexpo

"Radio moquette"

 / © Céline Aubert-Egret


Il retient sa colère, mais on le sent révolté. Guy Chanal, 62 ans, dont de nombreuses années au service de l'événementiel à Grenoble, est tendu dans le box des prévenus. Il n'arrête pas de parler de "radio moquette", c'est sa manière à lui de considérer les accusations des salariés d'Alpexpo. Il estime que tout est exagéré dans cette affaire. La salle réagit bruyamment. Guy Chanal fait aussi comprendre qu'à son arrivée en 2009, il voulait bousculer les "habitudes prises depuis longtemps", qu'il avait face à lui "des salariés qui ne voulaient changer" alors, il "a fait évoluer ceux qui le méritaient". "Je n'appelle pas ça du harcèlement", conclut-il. On sent l'homme persuadé d'être dans son bon droit. 

 

L'avocat de Guy Chanal dénonce une enquête à charge


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L'avocat de la défense, Me Joseph Aguera, a rapidement demandé "la nullité de forme" du PV de l'inspection du travail à partir duquel l'enquête pour harcèlement moral a été déclenchée. Pour lui, des témoignages anonymes sont incompatibles avec une affaire judiciaire. Un défenseur qui a aussi critiqué l'enquête préliminaire, l'estimant uniquement à charge. Pour lui, les pièces du dossier ne permettront pas "un procès équitable".







Le maire doit répondre de ses responsabilités

 / © Céline Aubert-Egret

Pour Me Janot, le représentant des parties civiles, à savoir les salariés qui s'estiment harcelés, "le maire de Grenoble doit répondre de ses responsabilités" dans cette affaire, la mairie détenant 35% des parts de la société d'économie mixte qui gère Alpexpo. L'avocat de la société, Me Jean-Luc Médina, a quant à lui rappelé que le conseil d'administration avait choisi à l'unanimité Guy Chanal pour reprendre les rennes du parc événementiel, "à droite comme à gauche". 

Au final, la défense a réclamé la relaxe de Guy Chanal, soutenant qu'il n'y avait pas intention de nuire mais volonté de redresser Alpexpo. Le procureur a demandé six mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende. 100.000 euros d'amende ont aussi été requis contre la société Alpexpo.

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Première audience du procès Alpexpo
Intervenants : Annick Tormos, ancienne responsable des hôtesses chez Alpexpo. Me Jean-Luc Médina, avocat de la société Alpexpo. Me Pierre Janot, avocat des parties civiles.


L'affaire a été mise en délibéré au 27 mai.

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