L'affaire de harcèlement moral à Alpexpo jugé devant le tribunal correctionnel de Grenoble

Alpexpo à Grenoble / © France 3 Alpes
Alpexpo à Grenoble / © France 3 Alpes

Ce lundi 11 mars, l'affaire de harcèlement moral à Alpexpo fait de nouveau parler d'elle. Guy Chanal, ancien directeur, et la société Alpexpo sont appelés à comparaître comme personne morale après une enquête commandée par le parquet de Grenoble suite à un procès-verbal de l'inspection du travail.

Par Franck Grassaud

Il n'est pas le seul dans le box des prévenus puisque la société Alpexpo est aussi inquiétée, mais c'est son ère qui est pointée du doigt. Patron du palais des sports de Grenoble pendant plus de 20 ans, Guy Chanal a dirigé la société Alpexpo entre janvier 2009 et novembre 2011. Un homme nommé pour "redresser" la structure qui gère la salle de spectacles et le centre d'exposition et de congrès. Une société dont la ville de Grenoble est l'actionnaire principal (35%).

Un procès-verbal accablant


En mars 2011, dans un procès-verbal de 25 pages, l'inspection du travail dénonçait la gestion "humaine" d'Alpexpo et notamment "un système de management du personnel utilisant la déstabilisation, la brutalité orale, l'humiliation, la mise en situation d'infériorité, l'appel à la délation". "A cela s'ajoute une charge de travail accrue, en raison de la drastique diminution de l'effectif, de nature à provoquer des situations d'épuisement".

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Novembre 2011 - L'affaire au grand jour

13 des 54 employés d'Alpexpo avaient quitté la société 18 mois après l'arrivée de Guy Chanal. L'inspection du travail faisait aussi état "d'une dégradation indéniable de la santé d'une part importante de l'effectif (...) attestée par le médecin du travail".

Le procès-verbal citait des cas de dépression, d'employés privés de leur bureau ou d'une partie de leurs responsabilités et d'autres travaillant jusqu'à 27 jours sans repos. Des salariées évoquaient "un rouleau compresseur de terreur".

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Interview de salariées d'Alpexpo
En novembre 2011, alors que l'affaire de harcèlement moral était révélée, deux ex-salariées acceptaient de parler de leur expérience, Anne-Bénédicte Desiès et Katia Plantay.

Selon l'inspection du travail, les faits relevés sont passibles d'un an de prison et d'une amende de 3.750 euros.

La réponse de Guy Chanal


A l'automne 2011, dans la foulée de l'enquête, Guy Chanal réagissait: "toute ma vie, y compris sur le plan professionnel, est guidée par des valeurs simples: vérité, engagement, attachement à mes racines géographiques, sens des responsabilités. Je n'accepterai pas que le vent de l'imaginaire puisse emporter ces valeurs. Je demande donc à chacun de penser d'abord à Grenoble au-delà des idéologies ou des plans de carrières".

Après le bruit autour de cette affaire, Guy Chanal a quitté Alpexpo avant la fin de son mandat, affirmant que ce choix n'avait rien à voir avec l'enquête. 

Le trou, une autre affaire


A l'origine de la nomination de Guy Chanal à la tête d'Alpexpo, il y avait un trou. Un trou qui n'a cessé de se creuser pendant son mandat selon un rapport de la Mission d'Information d'Evaluation et de Prospective publié en décembre 2012, pour atteindre 2 millions 400 mille euros.

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Alpexpo : Où en est le déficit ?

 

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