Bienvenue à la ferme des Roziers, où l'on fête les 110 ans du domaine

Connaissez-vous la ferme des Roziers ? Située à Lezoux, dans le Puy-de-Dôme, elle fête ses 110 ans. La famille Barrier, agriculteurs depuis six générations, organise une grande fête ouverte à tous. On vous fait découvrir quelques membres de cette famille.

Bien plus de 100 ans d'existence pour la ferme des Roziers, à Lezoux (Puy-de-Dôme). L'occasion de faire une grande fête pour la famille Barrier, à la tête du domaine depuis six générations. La date est fixée : c'est pour le samedi 25 mai. "Quelque 1 200 personnes sont attendues. Il y a deux ans, c'est parti d'une idée de ma femme Adeline. Organiser une petite fête familiale, avant de se transformer en une fête qui va réunir plus de 1 000 personnes", se souvient Anthony Barrier, 30 ans.

À la clé, dès 9h30 et jusqu'à 23h00, des stands comme sur un marché local, avec notamment des artisans, ou des tatoueurs. Une fête foraine avec une pêche aux canards et des jeux gratuits. Cerise sur le gâteau, un concert d'un groupe musical rock, les Flying Tractors. Le tout, gratuit, pour faire en sorte "que les familles passent une journée festive, sans dépenser des centaines d'euros", selon Anthony.

Pour lui-même et sa famille, il s'agit aussi de marquer le coup d'une façon originale. Portraits de quelques membres de cette famille, qui travaille sur ce domaine depuis 1914.

Pas de repos pour les héros

Six générations pour s’occuper de ce site familial de 150 hectares, avec 55 vaches laitières, et Anthony Barrier n’échappe pas à la règle. Chaque matin, il met du cœur à l’ouvrage, sur cette ferme bio. "J’arrive à 5h30 à peu près, avec ma femme. On s’occupe de la partie fromagerie. Il s’agit des productions de la veille, mais aussi de préparer la traite du matin. Ensuite, soit je continue à la fromagerie, soit je fais les livraisons aux professionnels, jusqu’à midi. L’après-midi, et jusqu’à 19h30 ou 20 heures, c’est soit dans la ferme, s’il faut changer les vaches de pré, des clôtures ou des fauchages à faire, ou encore à la fromagerie", détaille-t-il.

Dans une autre vie, il était "commercial en matériel agricole". Depuis son installation qui s’est faite "naturellement" en 2022 sur ce terrain familial, tout a changé pour lui : "J’ai repris l'exploitation familiale, avec ma femme et mes parents. Je m'occupe aussi de la partie commerciale. C’est facile, car on parle directement au consommateur. Un produit qui se goûte, ce sont des gens qui l’achètent ensuite. Se battre avec des dossiers à 50 000 euros, ce n’est pas la même chose que de vendre des fromages à 2,70 ou 5 euros."

Une activité qu'il apprécie beaucoup, même si le rythme est intensif. "J'ai un planning de pro, sur une vingtaine de jours. Certains fromages sont faits toutes les semaines, d'autres une fois par mois", détaille-t-il. Il faut dire que la ferme livre "1 000 litres par jour de lait", selon Anthony. Ce qui représente aussi "à peu près 40 000 litres de lait par an transformés, sur la partie fromagerie, 230 000 litres livrés à l'année à la laiterie Sodial, et au total 270 000 litres de lait produits à l'année par les vaches".

Une transmission continue entre générations

Pour faire tourner le site familial, Anthony peut compter sur ses parents, mais aussi sa femme. Une répartition des rôles bien cadrée. "Adeline s'occupe de la fromagerie, des papiers, et de l'élevage des génisses. Mon père s'occupe de la partie ferme, donc de l'élevage et de la culture. Quant à ma mère, elle est en charge de la traite, et c'est aussi la nounou du petit dernier de la famille, Antoine.

Antoine, le petit dernier, porte le nom du grand-père de son grand-père, précise Anthony. Un autre artisan de cette réussite familiale : "Mon arrière-arrière-grand-père Antoine a acheté le domaine en 1912. Il était métayer à la base, sur Puy-Guillaume. En 1914, il est venu exploiter le domaine acheté, avec entre autres des vaches et des cochons. Leur fils Alphonse a ensuite repris le flambeau, jusqu'à son décès. Mon grand-père a alors pris la suite, quand il est rentré de la guerre d'Algérie." Le site comprend alors une quarantaine d'hectares et une vingtaine de vaches. Il est spécialisé sur le lait.

"Mon grand-père a eu cinq enfants avec sa femme. Parmi eux, c'est mon père Daniel qui a repris la ferme avec sa femme Nathalie, dans la fin des années 80", relate Anthony. La suite, c'est son installation à son tour sur ce site familial, en 2022, trois ans après sa femme. "J'ai installé un atelier de transformation fromagère en 2019. C'était après une discussion avec mes beaux-parents, et après avoir appris à faire du fromage avec le grand-oncle d'Anthony. Sans compter le retour à l'école pendant huit mois, pour passer une certification en valorisation des produits laitiers et fermiers", ajoute Adeline Barrier, 30 ans.

Un travail familial et solidaire

Adeline Barrier s'est donc installée avant son mari sur le site. Sa rencontre avec Anthony remonte à 2013 : "Une amie était dans sa classe, en école agricole. C'est là que je l'ai rencontré." Fille d'un éleveur de Corrèze, elle connaissait déjà le métier, avec les "vaches à viande". Depuis, elle produit une "large gamme" de fromages sur la ferme des Roziers : "Des petits crottins, du cendré, des fromages type tomme, type raclettes et des Reblochons, comme il n'y a pas d'AOP (NDLR : appellation d'origine protégée, dépend d'une zone géographique définie)." Elle baigne dans son milieu, sans hésitation aucune : "C'est un milieu exigeant, qui évolue constamment avec la loi. On ne fait pas ça pour l'argent, donc si on n'a pas un minimum de passion, on ne peut pas continuer."

Un point de vue que partage aussi Daniel, le père d'Anthony. À 58 ans, il continue d'œuvrer sur le domaine qu'il a pris en charge en 1987, avec sa femme Nathalie. Avec le même enthousiasme, et la même fierté vis-à-vis de son fils et de sa femme : "J'ai toujours voulu être chef d'exploitation, car on fait un peu de tout : de la traite, du troupeau, des cultures. Être agriculteur, c'est plusieurs métiers à la fois, par exemple, éleveur, vétérinaire et comptable. Je suis chanceux d'avoir réussi à vivre assez bien, et fier de mon fils. Il a choisi ce métier, il y est revenu car il l'a voulu et que ça lui plaisait."

Un moral au plus haut dans la famille, qui leur permet d'envisager cette belle fête. "Près de 400 convives sont prévus pour le repas. Il y a eu tellement de demande que nous avons dû refuser 80 repas. Mais deux food-trucks seront présents, pour répondre à cette demande. Cette fête, il fallait la faire : c'était une idée des deux grands-parents, des parents, et de nous. Une façon de réunir 4 générations sur les 6", s'enthousiasme Anthony Barrier.

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Interrogé sur ses projets à l'avenir, Anthony assure sans hésitation : "Continuer à faire perdurer la ferme des Roziers." Le trentenaire confie qu'il faut "voir ce qui va être à gérer, comme la retraite de mes parents". Parmi les possibilités : diminuer la production ou faire des embauches supplémentaires.

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