Chasse. Réactions mitigées dans le Puy-de-Dôme : "Il faut diminuer drastiquement le nombre de jours de chasse"

Le ministère de la Transition Ecologique a annoncé de nouvelles mesures réglementant la pratique de la chasse. Satisfaction de la fédération de chasse dans le Puy-de-Dôme, mais certains écologiste regrettent l’abandon du "jour sans chasse."

Création d'une application pour localiser les zones de chasse, formations pratiques ou établissement d'un seuil d'alcoolémie… Pas de surprise pour la fédération des chasseurs du Puy-de-Dôme à la lecture des décisions. Elle est satisfaite de ne pas voir la pratique interdite le dimanche, d'autant que la sécurité fait déjà partie de ses préoccupations, selon la directrice de la fédération du Puy-de-Dôme Elsa Gross : « On n'a pas tellement attendu toutes ces mesures pour faire des choses pour la sécurité, sinon les accidents ne baisseraient pas. Depuis des années, les accidents sont en constante baisse. Nous on trouve qu'il y a trop d'empilement, trop d'emballement, qu'on réagit au contexte et aux émotions... »

Des mesures de sécurité

Dans le Puy-de-Dôme, depuis 2 ans, les responsables de battues sont formés et il est possible d'évincer un chasseur sous l'emprise d'alcool ou de stupéfiants. Ces mesures s'ajoutent aux équipements existants et visibles de loin : panneaux, gilets, ou miradors. « L’avantage sécurité, c’est de pouvoir faire un tir fichant. Quand vous tirez en hauteur, la balle va avoir tendance à s’enterrer plus rapidement dans le sol, plutôt que de poursuivre sa route parfois à plusieurs kilomètres. »

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Le ministère de la Transition Ecologique a annoncé de nouvelles mesures réglementant la pratique de la chasse. Dans le Puy-de-Dôme, la fédération de chasse est satisfaite, mais certains regrettent l’abandon d’un jour sans chasse. ©S.Trentesaux/L.Pastural/K.Janicki / France 3 Auvergne

"La liberté de chacun, c'est de se balader sans recevoir une balle"

Pour les opposants, évidemment on n'accueille pas les nouvelles mesures de la même manière. France Nature Environnement militait pour la mise en place d'une journée sans chasse, indique son président René Boyer : « Chaque citoyen qui veut se balader sur un chemin, malheureusement risque un jour de recevoir une balle, c’est ça le fond du problème. Or la liberté de chacun, c'est de se balader sans recevoir une balle. Il faut diminuer drastiquement le nombre de jours de chasse dans l'année. » Selon l'Office Français de la Biodiversité, on dénombre en 2022 une centaine d'accidents sur le territoire national ; 8 ont été mortels, dont un dans le Cantal.

Un contrôle de l'alcoolémie

Mesure phare du plan: la création d'un délit d'alcoolémie pour les chasseurs, comme celui pour les automobilistes, soit un seuil maximal fixé à 0,5 g d'alcool par litre de sang. Une contravention de 135 euros doit être instaurée "tout de suite", selon la secrétaire d'État, ajoutant qu'un projet de loi sera déposé "très rapidement" pour aggraver les poursuites pénales, sans préciser comment seront effectués les contrôles. Les sanctions administratives en cas d'accident grave seront aussi renforcées avec la possibilité d'un retrait du permis de chasse pendant une période déterminée, avec interdiction de le repasser.

14 mesures

Parmi les 14 mesures du plan, figure également la généralisation de la formation à la manipulation des armes. Pour mieux informer les promeneurs, une application pour smartphones sera déployée à l'automne. Les organisateurs de chasse collective devront obligatoirement s'y déclarer. Mais cette application concernera uniquement les forêts publiques, des questions peuvent donc se poser quant à son efficacité. La secrétaire d'État à l'Écologie Bérangère Couillard reconnait une "difficulté" pour l'étendre aux forêts privées, soit les trois quarts des forêts françaises. 

-Propos recueillis par Stéphane Trentesaux, France 3 Auvergne avec AFP