Affaire Wissam: la bataille d'experts continue

Une nouvelle expertise toxicologique vient s'ajouter au dossier Wissam El Yamni. Réalisée par un toxicologue reconnu, elle démontre que la mort du jeune homme ne peut être due à des complications liées à une prise de stupéfiants, contrairement à ce qu'affirmait une expertise précédente.

Par Valérie Riffard

Les expertises se suivent et se contredisent dans l’affaire Wissam El Yamni. Alors qu’en mai dernier, un collège d'experts estimait qu’un cocktail drogue-alcool, combiné au stress de l’interpellation, aurait pu être fatal au jeune clermontois, le Docteur Pascal Kintz, toxicologue reconnu par la Société Française de Toxicologie Analytique (SFTA), affirme aujourd’hui le contraire, dans un rapport qu’il vient de rendre public.
http://data.over-blog-kiwi.com/1/52/74/21/20160317/ob_3aaac6_wissam-el-yamni-expertise-toxyco.pdf

"Du fait du délai de 6 à 8 heures entre dernière administration et moment du prélèvement proche de l’interpellation, il est acceptable de considérer que l’intéressé n’était plus sous l’influence de la cocaïne au moment de son interpellation. La très faible concentration de cocaéthylène mesurée dans le sang Wissam El Yamni n’est pas contributive à des complications cardiaques et renforce l’estimation du délai à 6 à 8 heures entre dernière consommation et moment du prélèvement. Même si la cocaïne présente un risque de toxicité cardio-vasculaire, connue et décrite pour se manifester pendant 60 à 90 min après l’administration, il est hautement improbable que cette toxicité ait pu se manifester 6 à 8 heures après l’exposition" .
Interpellé dans la nuit de la Saint-Sylvestre 2011 dans le quartier de la Gauthière, à Clermont-Ferrand, Wissam El-Yamni, 30 ans, était mort neuf jours après être tombé dans le coma le soir de son arrestation. Un rapport de l'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) avait relevé l'emploi sur la victime, lors de son transport au commissariat, de la technique du "pliage", qui consiste à maintenir la tête appuyée sur les genoux. Sa famille a toujours estimé qu'il avait été victime de violences.
Les conclusions de cette nouvelle expertise pourraient relancer l’affaire, alors que les mises en examen des deux policiers dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour violences volontaires ayant entraîné la mort dans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique ont été annulées par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Riom.


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