Cent ans du journal La Montagne : l’histoire étonnante de ces 5 unes

Le journal La Montagne, dont le siège est à Clermont-Ferrand, fête ses 100 ans, le 4 octobre 2019 / © La Montagne
Le journal La Montagne, dont le siège est à Clermont-Ferrand, fête ses 100 ans, le 4 octobre 2019 / © La Montagne

Le journal La Montagne, dont le siège est à Clermont-Ferrand, fête ses 100 ans, le 4 octobre 2019. En un siècle, plus de 30 000 unes ont été réalisées. Elles en disent long sur leur époque. Nous vous proposons de découvrir l’histoire de 5 d’entre elles.

Par Pascal Franco

Tout d’abord, un peu d’histoire. Le journal la Montagne, dont le siège est à Clermont-Ferrand, est fondé au lendemain de la première guerre mondiale, le 4 octobre 1919, par le Clermontois Alexandre Varenne. Avocat de formation, il a été le premier député socialiste du Puy-de-Dôme. Il évolue dans les pas de Jean Jaurès, devient un journaliste engagé. La Montagne est historiquement diffusée sur le territoire auvergnat et dans le Limousin, en Corrèze et en Creuse. Le tirage du quotidien est estimé actuellement à 150 000 exemplaires.

L’acte de naissance

 
Une du journal La Montagne du 4 octobre 1919. / © La Montagne
Une du journal La Montagne du 4 octobre 1919. / © La Montagne

La première une du journal date du 4 octobre 1919. La Montage ne compte alors en tout et pour que quatre pages. Au-delà de la question d’actualité qui est posée au lendemain de la première guerre mondiale : « Faut-il désarmer l’Allemagne », ce qui est remarquable dans cette une, c’est le premier éditorial du journal titré : « En avant ! ». On comprend l’origine du nom du journal, qui fait référence aux montagnards, ce groupe de députés de la Révolution les plus proches du peuple. Comme son fondateur, le journal est à ses débuts un journal engagé politiquement. Il se présente comme le quotidien de la démocratie socialiste du Centre. Une connotation qui va s’estomper avec le temps.

La censure

Le journal La Montagne censuré par le régime de Pétain. Une du 3 juillet 1940. / © La Montagne
Le journal La Montagne censuré par le régime de Pétain. Une du 3 juillet 1940. / © La Montagne

Le 3 juillet 1940, la une du journal comporte un espace quasiment vide à gauche, à la place habituel de l’éditorial. On peut juste lire que l’article d’Alexandre Varenne est entièrement censuré. Le régime de Pétain n’a pas apprécié son contenu. Le fondateur du journal souhaitait revenir sur cet évènement dans un autre article qui devait être publié le lendemain. Lui aussi sera supprimé, ce qui fait dire à certains dirigeants du journal que la Montagne fut le quotidien le plus censuré durant la seconde guerre mondiale. En une simple phrase Alexandre Varenne résume la situation : « Et je le répète une fois de plus que je n’ai de leçon de patriotisme à recevoir de personne ».
 

Un Auvergnat à l’Elysée

 Giscard président : une du 20 mai 1974. / © La Montagne
Giscard président : une du 20 mai 1974. / © La Montagne

C’est le titre de la une du 20 mai 1974. Valérie Giscard d’Estaing est élu président de la République. Thierry Gauthier, journaliste à la Montagne, qui a coordonné l’ouvrage sur les 100 unes du journal(*) précise : « Cette une se rapproche de celles d’aujourd’hui. Elle est plus graphique, plus lisible. Il y a des chiffres. Nous sommes désormais dans une logique d’information. Le lecteur doit pouvoir se faire sa propre opinion ».

Le poids des mots, le choc des photos

La tempête an 2000. La photo qui a fait le tour du monde. Une du 31 décembre 1999. / © La Montagne
La tempête an 2000. La photo qui a fait le tour du monde. Une du 31 décembre 1999. / © La Montagne

Le vendredi 31 décembre 1999, c’est une photographie qui retient l’attention en une du journal. Celle d’une portion de forêt de pins douglas abattue comme des dominos. Nous sommes en Creuse, au lendemain de ce qui était surnommé la tempête du siècle. Cette photographie a été prise par Pascal Chareyron, dit « le chat ». Elle a été reprise par de nombreux quotidiens nationaux et internationaux. Elle a même été accrochée aux grilles du jardin du Luxembourg à Paris dans le cadre d’une exposition. Pour Thierry Gauthier, journaliste à la Montagne : « Aujourd’hui on l’aurait mise pleine page ».

Enfin champion de France !

L’ASM enfin championne de France. Une du 30 mai 2010. / © La Montagne
L’ASM enfin championne de France. Une du 30 mai 2010. / © La Montagne

Le 30 mai 2010, la photographie est justement pleine page. Celle des joueurs de l’ASM brandissant fièrement le bouclier de Brennus acquis de haute lutte en finale contre Perpignan. Après une saison difficile, le club phare clermontois se hisse pour la quatrième fois consécutive et la onzième de son histoire en finale du Championnat de France de rugby. L’ASM bat finalement les Catalans et le club met fin à son rôle d’éternel second. Thierry Gauthier se souvient : « Tout le monde y était, tout le monde s’en souvient. Nous pouvions enfin publier cette une, préparée de nombreuse fois par le passé sans pouvoir être publiée ».
A travers ces unes du quotidien on voit donc des évolutions sur la forme, mais aussi sur le fond. Le journal militant né le 4 octobre 1919 est progressivement devenu un journal aux unes plus locales. Si l’actualité nationale et internationale reste traitée dans ses éditions, c’est une logique de proximité qui prévaut aujourd’hui, quel que soit le support, papier, vidéo ou web.

* Vous pouvez retrouver ces Unes et bien d'autres dans l'ouvrage « 100 ans, 100 unes, 100 plumes » publié aux éditions de Borée.
 

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