Clermont-Ferrand : Jean-Michel Blanquer condamne l’action des profs qui ont jeté des manuels scolaires

Jeudi 16 janvier, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, a condamné l'action des syndicats de Clermont-Ferrand qui avaient érigé un mur de manuels scolaires. / © DR
Jeudi 16 janvier, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, a condamné l'action des syndicats de Clermont-Ferrand qui avaient érigé un mur de manuels scolaires. / © DR

Mardi 14 janvier, des syndicats de l’Education nationale ont érigé un mur de manuels scolaires devant le rectorat de Clermont-Ferrand. Des vieux livres qu’ils ont ensuite jetés par-dessus les grilles du bâtiment. Une action condamnée par leur ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer.
 

Par Catherine Lopes

Mardi 14 janvier, des syndicats de l’Education nationale ont mené une action symbolique devant le rectorat de Clermont-Ferrand. Ils ont construit un mur de manuels scolaires, puis ils les ont jetés par-dessus les grilles du bâtiment. Cette action a été menée dans le cadre de l’appel national contre la réforme des retraites, lancé par la FSU, la CGT, Sud et FO. 
Le mouvement a aussi été motivé par des revendications plus spécifiques au personnel de l’Education nationale, comme la hausse des salaires et le report des E3C, les épreuves communes de contrôle continu. Jeudi 16 janvier, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, était l’invité de l’interview politique de RTL et a condamné cette action des syndicats : « C’est un très mauvais symbole. Nous existons, les professeurs, l’Education nationale, pour transmettre le savoir. Le livre est l’incarnation-même de cette mission. Jeter un livre, comme acte symbolique, ne peut jamais être le fait d’un professeur. Ceux qui font cela nous déshonorent mais heureusement c’est une toute petite minorité ».

Cette condamnation a vivement fait réagir les syndicats CGT, FO, FSU, Sud et UNEF, réunis en assemblée générale le jeudi 16 janvier. Dans un communiqué, l’intersyndicale indique : « C’est un mépris pour tous les personnels en lutte contre la réforme des retraites, qui défendent un système de retraites hérité du CNR, qui revendiquent la garantie d’une pension digne pour toutes et tous. (…)Comme les avocats, comme les médecins, comme d’autres professions, nous avons lancé ces manuels destinés à la benne, en bonne obsolescence programmée, dans un élan exaspéré, libérateur et cathartique. Des centaines de milliers de manuels sont d’ailleurs partis au pilon après les réformes du collège, lycée et de la voie professionnelle. Nous avons conscience que cet acte n’est pas anodin. Il est le fruit de notre colère. Plutôt que de s’indigner sur les vieux manuels, Monsieur le Ministre devrait s’élever contre les conditions de travail qui poussent à bout, dépression ou suicide, de plus en plus de collègues. Nous ne déshonorons pas la profession, c’est la République qui se déshonore quand elle donne la légion d’honneur au Président du fond de pension Blackrock France, quand elle enferme et elle expulse les enfants réfugiés sans papiers, quand elle détruit l’Ecole publique ».

Une action jugée politique

Au micro de RTL, Jean-Michel Blanquer a déclaré : « Certains cherchent à avoir une action politique contre le gouvernement. Cela n'est pas normal puisque l’école ne doit jamais être le terrain de jeu de luttes politiques. Il faut que chacun soit dans la sérénité et l’objectivité. (…) La neutralité, c’est le devoir de chaque fonctionnaire ». L’intersyndicale lui rétorque : « Nous lui rappelons que ces manuels, s’appuyant sur les programmes, ont toujours porté l’idéologie du pouvoir en place, et plus encore aujourd’hui. La volonté de nous faire travailler plus longtemps et nous donner moins est éminemment politique ».
 

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