Clermont-Ferrand : pourquoi les avocats en grève ont offert des roses aux magistrats

A Clermont-Ferrand, mardi 18 février, les avocats entament leur septième semaine de grève contre la réforme des retraites. Au Palais de Justice de Clermont Ferrand ils ont offert des roses, en vue de pacifier les relations avec leurs collègues, même s'ils ne comptent rien lâcher.
Au Palais de Justice de Clermont-Ferrand, les avocats en grève ont offert des roses à leurs collègues magistrats en signe d'apaisement.
Au Palais de Justice de Clermont-Ferrand, les avocats en grève ont offert des roses à leurs collègues magistrats en signe d'apaisement. © L.Breuil / FTV
Au Palais de Justice de Clermont-Ferrand, ce mardi 18 février, des roses ont été offertes par les avocats aux magistrats en guise de drapeau blanc. En cette septième semaine de mobilisation, ils ont conscience que leur grève affecte l’intégralité de l’appareil judiciaire. L’objectif de cette action était de pacifier les relations avec les magistrats sans abandonner les revendications. Karine Engel, avocate au barreau de Clermont-Ferrand, fait partie de ceux qui ont choisi de le dire avec des fleurs : « On veut marquer, vis-à-vis des magistrats et des greffiers, qu'on se bat pour le retrait de la réforme et non pas contre les magistrats et on entend continuer à soutenir le retrait de ce texte. L’intégration dans le régime général implique un doublement de notre cotisation, et une baisse sensible de  notre pension de retraite. C’est aussi la disparition de la solidarité qui existait jusque-là dans notre profession. Peu importe le parcours que nous avions en tant qu’avocats, nous avions tous la même retraite de base. Ça implique aussi l’augmentation des cotisations des cabinets, qui provoquerait la fermeture de nombreux petits cabinets ».

Un engorgement de la justice qui empire

En l'absence d'avocats de nombreuses audiences sont reportées parfois jusqu'en 2021. Des renvois qui inquiètent les magistrats qui redoutent l'engorgement de la justice. « Cette grève contribue à l’engorgement de la justice qui était déjà conséquent avant le mouvement. Là, en ce qui concerne les audiences correctionnelles et la plupart des audiences publiques, elle a conduit à un blocage total puisque toutes les affaires dans lesquelles les avocats représentent les clients, le renvoi est demandé et obtenu dans l’immense majorité des cas. On a déjà vu augmenter considérablement les délais d'audiencement. La justice était déjà engorgée, les délais sont pires. La grève les a fait augmenter de 2 mois », regrette Charles Gouilhers, vice-président en charge des audiences correctionnelles. Pour les avocats, le dysfonctionnement de la justice est antérieur à leur revendication. Pour rouvrir le dialogue avec les magistrats et greffiers, ils ont tenu à leur donner en mains propres leurs roses.
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