Coronavirus – Covid 19. CHU de Clermont-Ferrand : 3 questions au chef du service des maladies infectieuses

Au CHU de Clermont-Ferrand, tout un dispositif est dédié à l'accueil des malades atteints par le coronavirus-Covid 19. / © Christian Lamorelle / FTV
Au CHU de Clermont-Ferrand, tout un dispositif est dédié à l'accueil des malades atteints par le coronavirus-Covid 19. / © Christian Lamorelle / FTV

Mercredi 4 mars, le professeur Henri Laurichesse, chef du service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Clermont-Ferrand, était l’invité du journal de France 3 Auvergne. Il répond aux inquiétudes liées au coronavirus - Covid 19. 
 

Par C. L avec Charline Collet

En France, mercredi 4 mars, le ministère de la Santé recensait 212 cas de coronavirus – Covid 19 sur le territoire. Parmi ces 212 cas, 4 patients sont décédés. D'après l'ARS (Agence Régionale de Santé) la région Auvergne-Rhône-Alpes présente 51 cas de patients porteurs du virus mais les 4 départements auvergnats sont épargnés. Le même soir, le professeur Henri Laurichesse, chef du service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Clermont-Ferrand, était l’invité du journal de France 3 Auvergne. Il a tenu des propos rassurants.

Question : N’en fait-on pas trop dans les médias ? N’y a-t-il pas une inquiétude trop forte face au coronavirus ?
Henri Laurichesse : « Il y a une inquiétude qui est légitime car il y a un virus nouveau qui est apparu. Il a muté, il s’est transmis à l’homme. Il se transmet facilement à l’homme. Certes on déplore des décès dans le monde et y compris en France, puisqu’il y a au moins 4 décès en France, mais c’est un virus qui entraîne une maladie assez bénigne dans plus de 80% des cas. Il faut quand même rassurer la population. Il y aura des gens malades, qui auront des rhinites, des bronchites, mais heureusement on n’aura pas la gravité d’une épidémie comparable à la grippe ou à d’autres coronavirus que nous avons eu les années précédentes ».

Question : Quels sont les symptômes du virus ?                   
Henri Laurichesse : « C’est un peu moins grave qu’une grippe. Le plus souvent c’est une rhinite ou une rhino-pharyngite, donc le nez ou les sinus bouchés. Les gens toussent, donc ils expectorent. Certains même n’ont presque pas de signes et on sait maintenant qu’ils peuvent être porteurs du virus et le transmettre. C’est pour cela que nous allons entrer très vite en période épidémique, c’est-à-dire que les gens vont être capables de transmettre le virus facilement, sans être très malades ».


Question : Le dépistage va-t-il évoluer ?
Henri Laurichesse : « Il nous faut être capables dans les hôpitaux mais peut-être pas seulement d’organiser ces dépistages. La question qui va se poser pour nous est de savoir jusqu’où on va dans le dépistage. Car nous aurons beaucoup de formes mineures. Donc on va probablement se concentrer sur les patients qui sont en réanimation, et c’est déjà le cas. Il y a eu des recommandations et c’est déjà le cas pour des patients qui ont des infections pulmonaires. Après il y aura probablement des dépistages pour des patients qui ont quelques signes de gravité ou des enfants. Mais je tiens à rassurer les parents : la gravité chez les enfants est encore plus faible. On est à moins de 1 pour 1 000 pour les enfants et c’est très faible.


Nous sommes armés pour une épidémie que nous attendons et qui est déjà là

Nous avons dans le service des maladies infectieuses des lits dédiés qui sont actuellement vides : il y en a 3 actuellement. Nous avons en plus des lits en pédiatrie. Nous avons en plus au moins 4 lits avec pression négative dans des services de réanimation adulte. Je pense que nous sommes armés pour une épidémie que nous attendons et qui est déjà là, il faut le dire. Mais elle ne devrait pas déboucher sur un nombre trop important d’hospitalisations. C’est le pari que nous faisons ».


 

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