Coronavirus COVID 19 : une fin de saison incertaine pour le président de l’ASM Clermont Auvergne Eric de Cromières

Alors que toutes les pratiques sportives ont été mises en sommeil à cause du Coronavirus COVID 19 et que les championnats sont suspendus, le président de l’ASM Clermont Auvergne Eric de Cromières imagine toutes les fins de saison possibles, en Top 14 comme en Coupe d’Europe.
Le stade Marcel Michelin à l'arrêt et l'ASM sans certitudes sur la fin de la saison 2019-2020
Le stade Marcel Michelin à l'arrêt et l'ASM sans certitudes sur la fin de la saison 2019-2020 © Jean-Luc Roussilhe
Malgré l’interdiction de se réunir du fait des mesures prises pour lutter contre le Coronavirus COVID 19, les présidents des clubs de rugby français restent en contact pour envisager l’avenir, la reprise de l’entraînement et les rencontres nécessaires pour terminer la saison 2019-2020 déjà mise à mal. A quelques heures d’une réunion qui devait se tenir mercredi 1er avril, Eric de Cromières, le Président de l’ASM Clermont Auvergne, engagé en Top 14 et en Coupe d’Europe fait part de ses réflexions.

Pour l’instant c’est très difficile d’imaginer un scénario de reprise du Top 14 ou de toute compétition…

Eric de Cromières : "Oui c’est très difficile, je dirais même c’est impossible tant on ne connait pas les différents éléments qui vont cadrer ce qu’on sera capables de faire, c'est-à-dire d’abord la fin du confinement ; deuxièmement le temps attribué à l’entraînement des joueurs, a priori après cette fin de confinement on parle de 4 semaines ;  troisièmement le fait qu’on puisse jouer à huis clos ou à stade plein ; quatrièmement savoir si on a un certain nombre de semaines disponibles, si l’on fait uniquement les phases finales ou si l’on fait quelques matchs de la phase régulière plus les phases finales.

Donc c’est tout ça qui est en jeu, vous voyez que ces variables sont tellement importantes que l’on ne peut pas à l’évidence, et il n’y aura rien de nouveau ce soir à la fin de la réunion, il n’y aura pas d’éléments nouveaux. La seule chose qu’on peut dire, c’est qu’on avance un petit peu dans les hypothèses pour savoir au moment où on aura des précisions pour s’engager le plus vite possible vers une formule ou vers une autre
".

Vers une fin de saison « ordinaire » ?

On peut dire quand même que compte tenu de la date de reprise d’entraînement, il y aura un mois laissé aux équipes et aux joueurs pour se préparer, pour se remettre à niveau. On est plutôt sur un scénario de reprise avec des phases finales et avec relégations ?

"Je pense que si on veut être raisonnables, que si la fin du confinement peut être décidée fin avril, on pourrait à partir de ce moment là envisager effectivement de disputer les phases finales à 8 clubs avec un quart de finale en aller simple ou en aller et retour et puis ensuite demi-finale et finale. Idéalement, ça serait de respecter le calendrier de fin de championnat.

Si ce n’était pas possible pour des questions avec des délais d’une ou deux semaines parce que ce serait trop tôt pour rassembler des foules dans un grand stade, on peut envisager de prolonger la fin du championnat jusque vers le 18 juillet. Parce qu’à cette date-là le stade de France est libre et que le 11, le stade de Nice est libre ; on pourrait disputer les demi-finales à Nice. Donc si on fait les phases finales : les demi-finales et finales auront lieu soit le week-end du 19-20 juin pour la demi et 26 pour la finale, soit le week-end du 11-12 juillet et le 18 pour la finale
".

Et pour la suite de la Coupe d’Europe pour laquelle vous êtes toujours qualifiés en quart de finale ?

"Ce qu’on souhaiterait, c’est de pouvoir disputer au moins les quarts de finale le plus rapidement possible, c'est-à-dire si fin de confinement en avril peut-être avoir fin mai ou début juin, juste avant les phases finales (du Top 14, ndlr) et puis les demi-finales et finales à ce moment-là vers début octobre. Ce sont des scénarii imaginés, encore une fois…"

Des conséquences financières importantes

Il y a beaucoup d’incertitudes mais aussi une grosse pression financière pour les clubs parce qu’il y a un manque à gagner relativement important avec ces annulations de matchs.

"Absolument, mais encore une fois, on peut penser que tous les matchs de la saison régulière soient annulés, ce qui veut dire pour nous 5 matchs à domicile, pour d’autres 4 car comme vous le savez il y avait un nombre impair donc tout le monde n’aurait pas le même nombre de matchs à jouer. Cinq maths pour nous, c’est aux alentours de 4 millions d’euros. Voilà !

Après la pression financière peut dépendre d’un deuxième facteur qui serait : il n’y a pas de match du tout de phases finales, auquel cas la Ligue n’engrange aucune ressource financière pour distribuer, soit une valeur d’à peu près 10 millions par an pour les redistribuer après aux clubs, c'est-à-dire 10 millions de pertes pour la Ligue supplémentaire et pour chacun des clubs ça va faire entre 500 et 800 000 en plus. Et derrière, ça c’est pour l’année actuelle, une vraie question c’est de se positionner sur l’année 2020-2021 et de voir quelles sont les conséquences que tout cela aura sur les abonnements, sur les partenariats puisqu’on ne fera pas pour des questions de TVA ou autre, je ne pense pas qu’on puisse faire des remboursements sur cette année. Mais on pourrait envisager si c’est faisable, c'est-à-dire que ça ne coule pas complément les clubs, des mesures d’avoirs pour les abonnés dans une certaine mesure et les partenaires l’année prochaine. Ce qui viendrait grever les comptes de l’année prochaine
".

Les joueurs mis à contribution ?

Vous envisagez peut-être comme peut le faire le football un effort demandé aux joueurs pour qu’ils renoncent à une partie de leurs salaires.

"Ça serait la dernière solution, mais si on est vraiment dans la difficulté, je pense que les joueurs comprendraient qu’on puisse demander un sacrifice sur l’année 20-21 puisqu’il en va de leur outil de travail finalement. C’est des choses qui peuvent, qui doivent être envisagées. Ça ne veut pas dire qu’on aura besoin de les mettre en œuvre. On est dans la période où il faut envisager toutes ces mesures".

Ça fait énormément d’incertitudes.

"Oui c’est pour ça qu’il faut éviter de trop en parler parce qu’on ne peut qu’en dire probablement des "bêtises" par rapport à ce qui va advenir puisqu’on est dans toutes les hypothèses".

Le coût d’une saison déjà terminée ? 

Envisagez-vous aussi l’hypothèse d’une année blanche, du championnat qui ne reprendrait pas du tout ?

"Ah bien sûr ! C’est qu’en plus du manque à gagner des phases finales de la saison régulière, il y aurait le manque à gagner de ce qui est réparti entre les clubs : il y aurait les 4 millions plus 7 à 800 000 euros de plus".
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