Covid 19 dans le Puy-de-Dôme : « Il faut remettre un tour de vis sur les gestes barrières »

Publié le
Écrit par Solenne Barlot
Variant Omicron, réanimations, 3ème dose, la cinquième vague est bel et bien là dans le Puy-de-Dôme.
Variant Omicron, réanimations, 3ème dose, la cinquième vague est bel et bien là dans le Puy-de-Dôme. © DAVID HANISCH /L'EST REPUBLICAIN/ MAXPPP

Au CHU de Clermont-Ferrand, une trentaine de patients sont actuellement hospitalisés en raison du Covid 19. Parallèlement, les urgences accueillent de plus en plus de patients et une saturation est à craindre. Dose de rappel, variant Omicron, réanimations, on fait le point sur la situation.

Dans le Puy-de-Dôme, la cinquième vague de Covid 19 oblige à prendre certaines mesures. En effet, la situation est prise très au sérieux. Selon Jean Schweyer, délégué départemental de l’Agence Régionale de Santé (ARS), le taux d’incidence dans le département s’élève à 297 pour 100 000 habitants.

Le taux de positivité est de 6,1%, pour une activité en test revenue à 30 000 tests par semaine. « Le taux d’incidence est 100 points en dessous de celui de la région mais on suit la tendance régionale à la hausse », indique Jean Schweyer à l'occasion d'une conférence de presse ce vendredi 3 décembre. Il rassure néanmoins : grâce à la vaccination, on observe selon lui un decorrélation entre taux d’incidence et hospitalisations.

Des suspicions de variant Omicron en Auvergne

La variant Omicron est également un sujet d’inquiétudes. Selon le professeur Traoré, docteur en hygiène hospitalière au CHU de Clermont-Ferrand, il y a des suspicions de cas dus au variant en Auvergne mais, à sa connaissance pas de confirmation. Il tient à rassurer sur la dangerosité d’Omicron : « On le craint mais on a craint beaucoup le variant brésilien qui ne s’est pas implanté. On a craint aussi le variant Béta il y a un an. On avait peur que ça réduise à zéro notre effort de vaccination et finalement, il s’est très peu implanté. Peut-être que celui-ci va s’implanter mais on ne sait pas. Les virus respiratoires mutent en permanence comme la grippe et comme celui-ci. Néanmoins, Omicron mérite son statut de variant d'intérêt."

Le CHU sous tension

Selon le directeur du CHU Didier Hoeltgen, 85 lits de réanimation ont déjà été armés. Ceux qui sont occupés le sont notamment par des transferts par exemple de Saint-Etienne ou de Moulins. Il alerte cependant sur la réanimation pédiatrique qui est, elle, pleine, sans lien direct avec l’épidémie de Covid. On constate également qu’une trentaine de patients sont aujourd’hui hospitalisés en raison du virus. Le directeur du CHU alerte sur un problème d’absentéisme, d’usure de pénibilité particulièrement prévalent, mais également moins de personnel de remplacement. Les urgences sont très sollicitées, avec environ 210 visites chaque jour aux urgences pédiatriques et 150 chez les adultes. Pour autant, l’hôpital ne déclenche pas, pour l’heure le plan blanc. « Ca ne permet pas de mobiliser des effectifs supplémentaires. Tout le monde est déjà mobilisé. De plus, le plan blanc a des incidences sur les hôpitaux de proximité et on ne veut pas qu’ils déprogramment d’interventions. Peut-être que dans une semaine, comme à Saint-Etienne, on devra prendre des mesures d’urgence », explique Didier Hoeltgen. Le professeur Ousmane Traoré compte 4 à 5 passages Covid aux urgences par jour, ce qu’il indique être préoccupant.

Augmentation des capacités vaccinales

Pour conserver la bonne dynamique vaccinale, la capacité de vaccination sera augmentée à 31 000 personnes par semaine dans le département, soit plus de 100 000 personnes en un mois dans les centres de vaccinations du CHU de Clermont-Ferrand, à savoir les sites Polydôme, Auchan Nord et Gabriel Montpied. Le professeur Traoré tient à « insister sur l’efficacité du vaccin. » Il ajoute : « On en a la démonstration tous les jours. Peut-être qu’on en attendait plus mais l’efficacité est sur la réduction des formes graves, les chiffres actuels le montrent. Les hospitalisations augmentent plus lentement que les contaminations. Ca ne suit pas l’explosion qu’on connait dans la population en général. Il y a moins de diffusion du virus que l’année dernière à la même époque. » Face aux inquiétudes liées à la dose de rappel, il indique : « Au début de la vaccination contre l’hépatite B, on faisait 4 injections en 18 mois et après on a évolué. […] Ce n’est pas une situation inédite de faire des doses de rappel 6 mois après une primo vaccination ». Pour ceux qui sont éligibles à la dose de rappel, le département compte 11 centres de vaccination répartis sur 15 sites. 

"Il faut tirer la sonnette d’alarme"

Pour lui, la cinquième vague est due à un abandon des gestes barrières, sur lesquels il appelle à mettre un « un tour de vis ».  Mettre un tour de vis, c’est le rôle confié à Philippe Chopin, préfet du Puy-de-Dôme : « Il nous semble qu’il y a une certaine tension à l’hôpital, il faut tirer la sonnette d’alarme. » Reprenant les propos du ministre de la Santé Olivier Véran, le préfet précise que toutes les 10 minutes, une personne rentre en réanimation dans le pays. Pour cela, la campagne des doses de rappel est accélérée dans le département : « On a réarmé tous les centres qui étaient en sommeil. La médecine de ville est mobilisée et réalise 45% de la vaccination ». Il compte également relancer les opérations sur les territoires : « Douze communes se sont portées volontaires. On investit une commune une journée avec le matériel de vaccination. On envisage aussi de réutiliser le bus pour aller au plus près des gens. » Ces opérations dans les communes peuvent permettre jusqu’à 1 000 vaccinations en une journée. Voici la liste des communes qui se sont portées volontaires pour l'heure : 

  • Besse
  • Bourg-Lastic
  • Combrondes
  • Les Ancizes
  • Manzat
  • Maringues
  • Messeix
  • Pionçat
  • Pontaumur
  • Rochefort-Montagne
  • Saint-Georges-de-Mons
  • Saint-Gervais-d’Auvergne
  • Vic-le-Comte

Pour le rappel, des plages horaires ouvertes au fur et à mesure

Le délégué départemental de l’ARS Jean Schweyer précise que cette accélération de la vaccination est aussi « l’opportunité pour les primo injections ». Il indique également que les jeunes puydômois sont bien vaccinés, avec un « taux de vaccination au-dessus de la moyenne nationale ». Pour la troisième injection, le Puy-de-Dôme fait également office de bon élève puisque 90 000 personnes ont reçu leur 3e dose, soit 15%, contre 12,5% en France. Le département enregistre 14 000 prises de rendez-vous les 25 et 26 novembre. « La vaccination en rappel démarre bien », se félicite-t-il. Cependant, le département fait moins bien sur les personnes de plus de 80 ans : « On est à 1 point de moins que sur la France », regrette Jean Schweyer.  En moyenne, dans le Puy-de-Dôme, on compte 9 000 prises de rendez-vous chaque jour. Pour ceux qui peinent à trouver un créneau, le délégué rassure : des plages horaires sont rouvertes au fur et à mesure.  

"On essaie de protéger les gens d’eux-mêmes"

Suite aux diverses mesures de renforcement des gestes barrières et notamment du port du masque, Philippe Chopin précise que 1 658 contrôles ont été effectués la semaine dernière : « Le port du masque est la protection la plus efficace et je dois protéger un maximum de gens. Effectivement la lassitude conduit au relâchement. Dès qu’il y a un relâchement ça remonte. Mes arrêtés ont été mesurés, on a essayé de respecter les équilibres en concertation avec les élus […] On essaie de protéger les gens d’eux-mêmes. »

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

Participez à la consultation citoyenne sur la présidentielle 2022

Faites-vous entendre ! France 3 Régions s'associe à la consultation Ma France 2022, initiée par France Bleu sur la plateforme Make.org. Le but ? Vous permettre de peser dans le débat démocratique en mettant vos idées les plus plébiscitées au centre de la campagne présidentielle.