Des candidats qui ne s’impliqueraient pas assez, des Français qui renonceraient à aller voter, la campagne pour l’élection du président de la République est décriée. Dans le Puy-de-Dôme à 15 jours du premier tour, les marchés pourtant traditionnels lieux de contact entre les électeurs et les militants ne font plus recette.
Une équipe défendant la candidate des Républicains Valérie Pécresse croisée samedi 26 mars sur le marché de Chamalières dans le Puy-de-Dôme, puis le dimanche un petit comité de soutien à l’écologiste Yannick Jadot à Cébazat, des militants de l’Union Populaire tractant pour Jean-Luc Mélenchon, quelques communistes pour Fabien Roussel et des partisans de LREM pour Emmanuel Macron à Aubière, à 15 jours seulement du premier tour de l’élection présidentielle qui se déroulera le 10 avril 2022, les défenseurs des 12 candidats ne sont pas nombreux sur le terrain.
Le tractage c’est pourtant avec le collage des affiches une des bases du militantisme. « La technique c’est déjà d’être de bonne humeur, sourire, écouter les gens, leur donner envie de discuter, et des fois de parler car ils ont quelque chose à dire les gens ! » explique Nicolas Dumoulin, un paquet de tracts pour Jean-Luc Mélenchon à la main. « Hier matin, on était sur un autre marché, mais on était seuls dans une commune pourtant proche de la droite alors qu’il ne reste qu’un dimanche de campagne, après ce sera le jour du scrutin. On est là pour montrer notre présence sur le terrain, répondre à leurs questions et les encourager à aller voter ».
Engager le dialogue
Tracter, c’est sans cesse tendre son programme, ne pas hésiter à interpeller les passants. Yannick et sa fille Nina, 15 ans à peine, mettent en avant les propositions du candidat Europe Ecologie Les Verts Yannick Jadot. Ils se sont installés près de la passerelle qui mène au marché de Cébazat, le passage incontournable pour accéder au marché dominical qui permet de ne rater personne. Et pourtant il concède que : « C’est compliqué parce qu’il n’y a pas une thématique forte qui ressort même si nous les écologistes on porte la question climatique. On sent bien que l’environnement, c’est dans l’esprit des gens. Il faut essayer d’interpeller sur les sujets du quotidien : les transports, l’énergie pour dire que cette élection est importante sur ces sujets-là pour les 5 ans à venir ».
« La bonne surprise c’est qu’on a beaucoup de jeunes qui viennent vers nous pour poser des questions, savoir comment marche la politique et savoir comment ils peuvent s’impliquer » dit-il.
Derrière son étal de fruits et légumes, ce commerçant présent sur les marchés depuis 1984 en a vu passer bien des campagnes, mais celle-ci lui semble bien différente : « Les gens préfèrent consommer de l’alimentation plutôt que parler politique, surtout en ce moment. La politique ça se fait de moins en moins et on ne voit pas trop les gens qui distribuent les tracts, je vois toujours les mêmes 5 ou 6 partis politiques être présents ».
La campagne prendra fin le vendredi 8 avril à minuit et la distribution de tracts sera interdite le jour du vote.