Fête des mères : et si vous offriez des fleurs françaises ?

La fête des mères approche. Si vous comptiez offrir des fleurs pour l’occasion, sachez qu’elles peuvent aussi présenter un lourd bilan carbone. Des fleuristes nous expliquent pourquoi il faut défendre la fleur made in France.

Dimanche 4 juin, on célèbre la fête des mères. Nombreux sont ceux qui vont se rendre chez le fleuriste pour acheter un joli bouquet. Mais savez-vous que les fleurs ne sont pas souvent produites dans l’hexagone ? Stéphane Chanteloube est fleuriste à Riom et à Gerzat, près de Clermont-Ferrand. Il est même Meilleur ouvrier de France. Il se présente comme un fervent défenseur de la fleur française : « En tant que Meilleur ouvrier de France, je me dois de valoriser les fleurs de mon pays. Je défends les fleurs françaises. Nos clients savent qu’on a de la fleur de France, ils me suivent et connaissent le produit. Les nouveaux clients qui viennent en boutique me demandent où l’on se fournit. J’arrive même à leur citer le nom du producteur de la fleur. Je suis aussi ambassadeur du marché aux fleurs de Hyères, dans le Var ».

L'argument écologique

Pour lui, il est important de se faire plaisir, tout en pensant à la planète : « J’évoque aussi avec mes clients l’argument écologique. La fleur n’a pas traversé le monde entier en avion. Ma fleur est cueillie le lundi. Lundi soir, elle est stockée au marché. Mardi matin, elle passe au cadran, à la vente. Le mercredi à minuit elle est chez moi. On ne peut pas avoir plus frais. Depuis le mois de février, plus de 50% de mes fournisseurs sont français. Tout est cultivé dans le bassin hyérois ». Stéphane Chanteloube poursuit : « Il faut faire attention à l’empreinte carbone, faire attention à la traçabilité. Je n’arrive pas à connaître la traçabilité de fleurs du Kenya. En France, j’arrive à connaître le producteur. Il faut penser aux fournisseurs français. La France a besoin de nous pour travailler. Il ne faut pas perdre nos horticulteurs. On en a perdu un peu lors du COVID par exemple mais la filière repart ».

Des fleurs françaises de qualité

Pour le Meilleur ouvrier de France, les fleurs françaises sont gages d’excellence : « En termes de qualité, la fleur française est numéro un. On a cependant moins de produits qu’ailleurs. Nos pivoines viennent du Var, tout comme les roses, les giroflées, les tournesols, les lisianthus, les amarantes, les eucalyptus, les gerberas, les germinis et les arums. On est dans une saison où il y du choix. Les producteurs ont travaillé pour qu’il y ait de la variété pour la fête des mères ». Pour lui, l’argument d’un prix trop élevé ne tient pas : « La fleur française n’est pas plus chère que ses concurrents étrangers. Ce sont des on-dit. Je parle de prix à qualité égale. Les fleuristes qui se fournissent surtout à l’étranger veulent vendre à tout prix, et ne pas forcément vendre de la qualité ». Stéphane Chanteloube mise avant tout sur la fleur made in France pour la fête des mères : « La fête des mères est pour nous la plus grosse fête de l’année. Le mois de mai représente 20 % de mon chiffre d’affaires annuel ».

Des clients qui s'interrogent

A quelques kilomètres de là, Céline Castellan et elle aussi fleuriste à Clermont-Ferrand. Elle a également constaté un changement auprès de ses clients : « Nous sommes installés depuis 15 ans. Je trouve que nos clients s’interrogent de plus en plus sur l’origine des fleurs. C’est une préoccupation importante ». La fleuriste a choisi d’adhérer à un label qui valorise l’horticulture française : « Nous sommes adhérents du collectif Fleur française. Il regroupe des fleuristes et des horticulteurs qui ont une démarche écologique. On trouvait qu’il y avait quelque chose qui clochait, lorsqu’on fait venir des roses du Kenya par exemple. On a cherché à se rapprocher de personnes qui pensaient comme nous. Pour adhérer, il faut avoir au moins 50 % de fleurs françaises tout au long de l’année ». Elle explique où elle trouve des fournisseurs : « On se fournit surtout dans le Var mais ce n’est pas toute l’année. C’est surtout de novembre à mai. Par exemple, en ce moment la pivoine vient du Var. Quand nos fleurs ne sont pas produites dans le Var, les fleurs viennent d’Italie et des Pays-Bas. L’été, on arrive à se débrouiller avec les jardins. On a d’autres solutions comme la cueillette. Dernièrement, on a planté des fleurs avec un producteur de Volvic, qui fait de l’agroécologie. On commence à faire pousser notre propre production ».

Des fleurs de saison

Céline Castellan insiste sur la saisonnalité des fleurs : « En mai, on met l’accent sur la pivoine. Le mois dernier c’était la renoncule. En janvier, on a proposé le mimosa et les anémones. Au fil des saisons, on change de fleurs ». Elle indique : « Cela ne coûte pas plus cher de se fournir auprès de producteurs français. Cela nous restreint dans le choix des fleurs. Par exemple, en été, c’est la saison des mariages. Des couples ont des idées arrêtées sur la couleur, la forme des fleurs. A présent, ils nous laissent carte blanche pour avoir quelque chose de plus écologique. Cela nous laisse plus de latitude pour manœuvrer ». Elle met surtout en avant l’argument écologique pour défendre sa démarche : « Il s’agit de la décarbonation des transports. De plus, chauffer des serres en hiver n’est pas une bonne chose. C’est la même idée que la nourriture. On ne fait pas la rose rouge à la Saint-Valentin. C’est cultivé en Equateur ou au Kenya et c’est un non-sens écologique. On remplace par la renoncule qui fait aussi de beaux bouquets colorés et nos clients sont très contents ».

Une filière à défendre

La fleuriste déplore le manque de valorisation de la filière : « Il manque des horticulteurs en France, pour pouvoir produire des fleurs. Il y a le CAP horticulture mais plus la formation spécialisée en fleurs coupées. Dans le sud de la France, les horticulteurs commencent à être âgés et on attend la relève. On espère que les jeunes vont suivre ». Alors dimanche, pour célébrer la fête des mères, essayez de penser aussi à la planète ! 

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