HANDICAP. Et si vous deveniez famille d’accueil pour chiens d’assistance dans le Puy-de-Dôme ?

Accueillir un chiot pour en faire un chien d’assistance capable d’accompagner des personnes en situation de handicap : c’est ce que propose l’association Handi’chiens, délégation Auvergne. Elle recherche des familles d’accueil pour prendre soin des chiots pendant un an environ.

Accueillir un chiot pour l’accompagner à devenir un chien capable d’assister les personnes en situation de handicap. C’est ce que propose l’association Handi’chiens, délégation d’Auvergne. Elle recherche des familles d’accueil pour ces chiots, dans le bassin de vie de Clermont-Ferrand. La président Isabelle Boisdon explique : “ Pendant à peu près un an et demi, la formation de ces chiens d'assistance se passe en famille d'accueil, avant de partir dans l’un des 5 centres Handi’chiens où ils sont pris en charge par des éducateurs canins, qui vont finaliser la formation.” 

Ils doivent pouvoir les emmener partout avec eux, il ne faut pas que le chien soit un poids supplémentaire.

Isabelle Boisdon, présidente de l'association Handi'chiens délégation d'Auvergne

Les familles auront pour mission d’accueillir les chiots, les sociabiliser, démarrer leur éducation et leur apprendre entre 20 et 30 commandes. “C'est une étape très importante de la formation de nos chiens, parce que c'est là qu'on va leur apprendre tous les bons comportements. C'est fondamental car on a des chiens qu'on remet à des personnes handicapées, en fauteuil, des personnes fragiles, des personnes âgées, des enfants lourdement handicapés. Il faut des chiens très calmes, très gentils avec l'humain, pas envahissants, qui ne sautent pas sur les gens. On veut des chiens qui ne soient pas un poids au quotidien pour ces personnes-là. Il faut qu'ils se comportent bien en toutes circonstances. Ces gens-là ont déjà beaucoup de choses à gérer.” 

Au moins 3 familles recherchées

Lorsqu’un groupe de familles d’accueil termine sa mission d’un an, un autre groupe d’environ 5 familles le remplace. Pour l’heure, 2 familles se sont proposées. “On fonctionne par petits groupes de familles d'accueil de 4 ou 5 familles avec chacune un chien, encadrées par une personne formée par l'association, qu'on appelle déléguée. À proximité des centres Handi’chiens, ce sont les éducateurs qui peuvent prendre ce rôle, mais quand on est loin, ce sont des bénévoles, qui avant étaient familles d'accueil et qui ont été formés par l'association, qui encadrent les autres familles. C'est mon rôle. Il y a un groupe qui termine au printemps et un autre qui va démarrer. C'est pour cela qu'on en a besoin en ce moment.” La mission de ces nouvelles familles devrait donc débuter dans quelques mois.  

Consacrer du temps au chien

Pour devenir famille d’accueil, il est important d’avoir la possibilité d’accorder beaucoup de temps au chiot : "Il faut avoir du temps à consacrer, il faut s'engager à suivre les consignes et appliquer la méthode Handi’chiens qui va être donnée. Il faut savoir qu'on doit le rendre, à la fin. Il faut venir à tous nos cours et appliquer la méthode de formation qui va être donnée par le délégué. Il faut surtout avoir du temps. On peut laisser le chien tout seul, mais pas plus d'une demi-journée par exemple, il faut pouvoir l’emmener à tous les cours, s’occuper de son éducation...” Isabelle Boison pointe une autre condition, qui facilite la vie des familles : “Si on a d'autres chiens, il y a des choses qu'on ne va pas laisser faire à nos chiens pendant l'éducation : par exemple, monter sur les lits, sur les canapés, ça c'est non. Donc, il ne faut pas qu'il y ait un autre chien dans la famille qui monte sur les lits ou qui aboie, en tout cas ça rend l‘éduction plus compliquée pour la famille.” 

Pas de conditions pour devenir famille d'accueil

Isabelle Boisdon rassure : excepté ces deux points, aucune condition particulière n’est requise pour accueillir les chiens. “On peut habiter en maison à la campagne, en ville, en appartement, il n'y a pas de souci. On peut avoir des enfants, un chat, des lapins, on peut ne pas en avoir. Il n’y a pas d’obligations particulières à ce niveau-là. Il faut aimer les chiens, il ne faut pas en avoir peur. Après, il ne faut pas forcément avoir déjà une expérience d'éducation. Ça peut être des gens qui se posent la question, “Est-ce que ce serait bien d’avoir un chien chez moi ?”, ça peut être des gens qui ont perdu un chien, qui ne veulent pas en reprendre un... Il y a tout type de profil. Moi je n'avais jamais eu un chien à moi, par exemple.” 

Habiter dans le bassin clermontois

L’association recherche 3 familles, ou plus. En effet, si être famille d’accueil vous paraît être un engagement trop chronophage, il est également possible de devenir famille relais : “Si on a des gens en plus, ce n'est pas bien grave parce qu’on a aussi besoin de familles relais, c'est à dire des gens qui vont venir au cours régulièrement et qui pourront prendre les chiens pour décharger les familles d'accueil sur un week-end, une semaine, si on a une famille d'accueil qui est malade ou qui veut partir faire un break.” Aucun investissement financier n’est à prévoir, excepté les frais de déplacement pour amener les chiens aux cours. “Les croquettes, les frais vétérinaires, le matériel, un parc pour le chien, un tapis, une gamelle, la laisse, tout ça est pris en charge. On donne surtout beaucoup de temps et d'énergie. Il est préférable d’habiter dans le bassin de Clermont-Ferrand. On donne nos cours à Marmilhat, où on nous prête des locaux. L'idéal, c’est d’habiter à une demi-heure au maximum. Je trouve que c'est plus convenable de ne pas être trop loin en cas de problème ou de mauvaises conditions de circulation, l'hiver par exemple”, explique Isabelle Boisdon.  

Labradors ou Golden Retrievers

Devenir famille d’accueil représente un engagement d’un an et demi environ : “Ce sont des chiots qui sont Labrador ou Golden Retriever. On utilise cette race qui a été sélectionnée pour rapporter du gibier sans l'abîmer. Ce rapport d'objet, on s'en sert énormément pour les personnes en fauteuil, notamment pour apporter les objets dont la personne a besoin. On veut des chiens qui fassent ça naturellement, sans abîmer l'objet. Ce sont des chiens qui ont une bonne tête, qu'on sait éduquer parce que ce sont des chiens gourmands”, indique la présidente de l’association. Les chiots arrivent dans leur famille à 2 mois, en sortie d'élevage, et ils restent jusqu'entre 14 et 18 mois. 

Un suivi tout le long de l'accueil

Durant cette année, les familles sont accompagnées en cas de difficultés, rassure Isabelle Boisdon : “Il y a des moments qui sont plus compliqués. Quand un chien ne revient pas au rappel, quand un chien détruit des choses dans la maison, quand au début, la propreté, c'est compliqué. Dans ces moments, on est accompagné, on est en groupe et puis on cherche des solutions pour que ça aille bien. Je retiens surtout l'aventure humaine, le groupe, rencontrer tous ces gens, apprendre. Même s'il y a des moments difficiles, on est vraiment récompensé des efforts qu'on fait.”  

C'est quelque chose d'extraordinaire et ça change vraiment la vie des gens.

Isabelle Boisdon

Pour elle, cet engagement est plein de satisfactions : “C'est une véritable aventure humaine. On découvre, on apprend plein de choses, on apprend sur l'éducation, sur le handicap, on rencontre des personnes. Quand on voit les bénéficiaires, c'est quelque chose d’extraordinaire. Les gens vous remercient. Pendant un an et demi, on a ce chien avec nous, on fait tout ce qu'on peut, il y a ce lien qui se crée et on fait le cadeau de cet investissement à la personne. Lors des cérémonies de remise, tout le monde pleure toutes les larmes de son corps de joie, de fierté d'avoir fait ça pour les autres. Même si on a un petit pincement au cœur, tous les efforts qu'on a faits sont largement récompensés.” Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez contacter Isabelle Boisdon au 06 34 95 92 78. 

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