Puy-de-Dôme : pourquoi la Chaîne des Puys devrait être inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO

Après plusieurs déconvenues, le temps de la reconnaissance semble avoir sonné pour la chaîne des Puys. Recalé en 2014 et 2016, le Haut lieu tectonique Chaîne des Puys-Faille de Limagne » n’a jamais été aussi près de la reconnaissance ultime. / © THIERRY ZOCCOLAN / AFP
Après plusieurs déconvenues, le temps de la reconnaissance semble avoir sonné pour la chaîne des Puys. Recalé en 2014 et 2016, le Haut lieu tectonique Chaîne des Puys-Faille de Limagne » n’a jamais été aussi près de la reconnaissance ultime. / © THIERRY ZOCCOLAN / AFP

Après plusieurs déconvenues, le temps de la reconnaissance semble avoir sonné pour la chaîne des Puys. Recalé en 2014 et 2016, le Haut lieu tectonique Chaîne des Puys-Faille de Limagne , dans le Puy-de-Dôme, n’a jamais été aussi près de la reconnaissance ultime.
 

Par K.T.

Personne ne dira le contraire, la chaîne des Puys est exceptionnellement belle. Mais ce n’est pas le critère qui a été mis en avant par le Conseil départemental du Puy-de-Dôme pour faire aboutir un dossier porté depuis 10 ans. Pour son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO, c’est bien sa « valeur universelle exceptionnelle » qui est mise en avant.

Fin mai, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) donnait son feu vert pour l’inscription de la Chaîne des Puys-Faille de Limagne au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette recommandation d’inscription qui vaut avis favorable, constitue une avancée primordiale pour le dossier. « Nous avons un avis d’inscription ce qui est, normalement, la voie royale » indique Cécile Olive-Garcia, chef de projet.  « Mais on entend aussi les remarques et les observations qui sont contenues dans ce rapport. On reste mobilisés, on reste consciencieux et au travail », s’empresse-t-elle d’ajouter. Il faut dire qu’après les différents revers, la prudence est de mise.

Je suis confiant, mais le match se joue jusqu’au bout


De son côté, le président du Conseil départemental du Puy-de-Dôme Jean-Yves Gouttebel fait preuve de la même retenue : « Je suis confiant, mais le match se joue jusqu’au bout ». Et de poursuivre : « Lorsqu’on a un avis favorable de l’UICN, on n’a pas vu de refus d’avis d’inscription donc nous avons toutes les chances  (…) mais l’instance de décision c’est quand même le Comité du patrimoine mondial, donc il faut être présent et actif jusqu’au bout ».

Reste que devant les 21 pays qui siégeront à Manama et qui rendront leur décision finale entre le 1er et le 2 juillet 2018, la proposition d’inscription de l’UICN devrait grandement faciliter leur choix final sur ce dossier dont la solidité scientifique est réelle. « Nous avons travaillé avec une expertise scientifique de premier plan, avec une cinquantaine de scientifiques qui ont légitimé nos arguments », insiste  Cécile Olive-Garcia.

La chaîne des Puys et son alignement de 80 volcans qui s’étend sur près de 32 km de long et 4km de large « illustre de manière exceptionnelle les processus et caractéristiques de la rupture continentale, un phénomène fondamental de l’histoire de la Terre », a reconnu l’UICN. Un site naturel qui revêt un caractère «  important au plan mondial du point de vue de sa nature exhaustive, de sa densité et de la clarté de l’expression topographique, témoignant tout particulièrement des liens génétiques et chronologiques qui unissent les caractéristiques de la rupture continentale (rifting) », estime l’ONG.
Ici, les « grandes étapes de la formation de la Terre sont facilement reconnaissables dans le paysage », explique le volcanologue Benjamin Van Wyk de Vries.
 

Le site offre une compréhension accessible d’un phénomène géologique d’échelle planétaire. « Nous avons ici une partie des continents qui commence à se casser. Tous les phénomènes associés tel que le volcanisme ou encore la faille se voient sur un petit périmètre. Nos volcans sont l’expression de la tectonique et comme ils sont facilement visibles et compréhensibles, cela amène les gens à comprendre d’autres éléments plus difficilement compréhensibles, comme les failles », poursuit le scientifique. Et d’insister : « C’est unique dans le fait qu’ils soient rassemblés ».

Si, comme c’est fort probable, la Chaîne des Puys-Faille de Limage obtient la reconnaissance suprême, quelles seront les conséquences pour les habitants ?  Selon Jean-Yves Gouttebel : « Dans le quotidien des habitants, dans l’immédiat, cela ne va pas changer beaucoup de choses. Cela va surtout changer la manière d’approcher le territoire. Depuis le début, il s’agit d’un projet de territoire qui mobilise les habitants, les forces vives du territoire, etc. Cela a été un pari gagné. Demain, si nous sommes inscrits, il faut que ce projet de territoire devienne une réalité et qui soit lui-même source de notre projet. Tout ceci crée de la cohésion et donne envie aux habitants de ce territoire d’avoir des projets par rapport à un site qui est reconnu au niveau international ».

La balle est désormais dans le camp des 21 pays qui, depuis lundi 25 juin, siègent au Comité de Bahreïn. Du haut de ses 350 millions d’années d’histoire géologique, la Chaîne des Puy, devra donc patienter quelques petits jours pour être enfin fixée sur son sort.
 

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