Puy-de-Dôme : pourquoi le syndicat de traitement des déchets s'oppose à la consigne sur les bouteilles en plastique

Au centre de tri Echalier, à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme, le Syndicat pour la valorisation et le traitement des déchets ménagers, Valtom, recycle des bouteilles plastiques et des canettes. En France, le collectivités collectent près de 80 % des bouteilles plastiques mises sur le marché. / © C. Lamorelle / France 3 Auvergne
Au centre de tri Echalier, à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme, le Syndicat pour la valorisation et le traitement des déchets ménagers, Valtom, recycle des bouteilles plastiques et des canettes. En France, le collectivités collectent près de 80 % des bouteilles plastiques mises sur le marché. / © C. Lamorelle / France 3 Auvergne

Consigner ses bouteilles en plastique ou ses canettes métalliques pourrait faire son retour. Le  Syndicat pour la valorisation et le traitement des déchets ménagers, Valtom, du Puy-de-Dôme s’est insurgé contre ce projet de loi mardi 17 septembre.
 

Par Aurélie Albert

Consigner ses bouteilles en plastique ou ses canettes métalliques pourrait revenir au goût du jour en France. C’est l’une des mesures envisagées dans le projet de loi gouvernemental « anti-gaspillage », qui doit être examiné par les parlementaires à la fin du mois de septembre. 
Le principe est simple et existait déjà en France dans les années 60 : le consommateur ira acheter une bouteille d’eau en plastique ou une canette de soda métallique. Une consigne sera appliquée sur le prix : environ 10 à 20 centimes de plus. Après utilisation, les consommateurs pourront mettre les bouteilles en plastique et les canettes dans des boites de déconsigne.
 

Des commerces de proximité impactés

Pour les élus du Syndicat de valorisation et de traitement des déchets ménagers, Valtom, du Puy-de-Dôme, réunis mardi 17 septembre, c’est une erreur environnementale, économique et sociale. « Le consommateur va devoir acheter 15 à 20 centimes de plus, il va falloir amener ces bouteilles en plastique au supermarché pour les déconsigner, il faudra qu’ils prennent leur voiture. Et le commerce de proximité n’aura pas ces boites de déconsigne », explique Olivier Mezzalira, directeur du Valtom.
 

Vers une augmentation de la fiscalité ?

Les élus demandent le maintien du système actuel qui consiste à collecter l’ensemble des déchets recyclables dans le bac jaune dédié pour être ensuite orientés au centre de tri, mise en balles et envoyés vers leurs filières de recyclage. Avec ce système, les collectivités françaises collectent près de 80 % de bouteilles en plastique mises sur le marché et pourraient atteindre les 90 % d’ici 2021.

« Nous étions en train de mettre en place les consignes de tri sur l’ensemble des emballages comme le demande le projet de loi de 2015. Ce système de consignes n’aura que pour but d’augmenter la facture des usagers et du contribuable. Ces bouteilles en plastique et ces canettes sont des recettes pour nos budgets, qui équilibrent les budgets des collectivités locales. Cette perte de recette va inévitablement se répercuter sur l'augmentation de la fiscalité », ajoute Laurent Battut, président du Valtom. 
 

Interdire le plastique non-recyclable

Pour l’association UFC Que choisir, le projet de consigne serait une fausse bonne idée. « Il faut s’interroger beaucoup plus sur le devenir, sur l’utilisation et sur fabrication des plastiques, insiste Gérard Quenot, de l’association UFC Que choisir du Puy-de-Dôme. Et il faudrait déjà interdire le plastique qui n’est pas recyclable. C’est une idée-gadget. Il va y avoir un impact sur la redevance des ordures ménagères »

D’autres syndicats de valorisation des déchets s’opposent à cette mesure, que le gouvernement espère voir appliquée d’ici 2022. 

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