Référendum sur l’arrêt des cloches la nuit : le non l’emporte à Ceyrat dans le Puy-de-Dôme

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Écrit par Cyrille Genet avec Géraldine Chaine
Sous le contrôle d'un huissier, le dépouillement du vote au sujet de l'arrêt des cloches la nuit à Boisséjour.
Sous le contrôle d'un huissier, le dépouillement du vote au sujet de l'arrêt des cloches la nuit à Boisséjour. © Géraldine Chaine / FTV

Avec 91 voix contre et 32 pour, la population du hameau de Boisséjour à Ceyrat dans le Puy-de-Dôme a rejeté l’idée de faire taire les cloches chaque nuit. Une vive polémique était née après la demande d’un riverain, conduisant la municipalité à organiser un vote.

La population de Boisséjour, un hameau de Ceyrat au sud de Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme a tranché. Au terme d’une semaine de consultation du 15 au 19 novembre, elle s’est largement prononcée pour le maintien des sonneries de cloches chaque heure au cours de la nuit. Alors que 273 foyers avaient reçu un bulletin de vote avec la question suivante :" Etes-vous favorable à l’arrêt nocturne des cloches de l’Eglise de Boisséjour (de 22 heures à 7 heures) ?" 124 ont répondu. Le dépouillement a eu lieu au cours de la matinée du samedi 20 novembre et donne clairement la tendance : 91 non, 32 oui et un bulletin nul.

Pour Anne-Marie Picard, la maire de Ceyrat (SE) : "Le résultat est sans appel. Il correspond à tout ce que j’ai pu entendre lorsque j’allais à Boisséjour, ce qui prouve que les gens du village, des villages en général, sont attachés au patrimoine et aux sons de la France. Ça correspond tout à fait à une loi parue en janvier 2021 suite à l’affaire du coq Maurice ; ça correspond à ce que souhaitent les gens : rester au plus près des habitudes".

Une telle consultation communale "C’est une grande première, un bel exercice de démocratie participative. Je pense que c’est important qu’on soit à l’écoute des habitants, c’est un outil qu’on a mis en place avec cette municipalité" explique Julia Seguin, adjointe à la démocratie participative et à la vie de quartier.

« L’affaire », car les débats ont vite pris cette tournure avait été lancée en septembre par la contestation d’un riverain. Arrivé depuis moins d’un an, Gaël Drillon se plaint du niveau sonore des cloches de l’église située à quelques mètres de son habitation qui l’empêchent de dormir correctement : "On ne demande pas que les cloches s’arrêtent tout le temps et que l’église soit supprimée, on demande juste que les cloches s’arrêtent de 22 heures à 8 heures pendant que tout le monde dort. Je ne comprends pas que les gens qui ne sont pas gênés par les cloches soient gênés qu’on les arrête. Il faut imaginer ce que c’est 42 décibels fenêtres fermées et 75 décibels fenêtres ouvertes ; 75 décibels c’est un concert un peu tranquille, c’est invivable ». « Il y a 91 personnes qui se sont exprimées pour les cloches la nuit, je voudrais savoir où elles habitent. On est une trentaine à être gênés, les plus proches. C’est localisé à une ou deux rues où la résonnance de l’église se fait. Pourquoi nous, on ne nous écoute pas ? Pourquoi on n’écoute pas notre gêne ?"

La fin des discussions ?

Alors que la pétition de Gaël Drillon avait recueilli une trentaine de signature, sa demande avait vite été contestée par d’autres habitants, se réclamant de la tradition et se disant attachés à ces sonneries qui rythment leurs journées et leurs nuits et une contre pétition, en faveur du maintien avait reçu près de 300 signatures.

Ce référendum défavorable aux partisans de l’arrêt des cloches la nuit va-t-il clore le débat, ce n’est pas sûr. Gaël Drillon qui dit recevoir des injures "Encore ce matin sur internet, des plaintes, encore ce matin. J’ai été agressé dans la nuit, on m’a menacé d’utiliser un fusil" et ne veut pas abandonner : "La suite c’est de voir quelle va être la position de la Mairie. J’ai sollicité Madame le Maire pour avoir l’arrêté municipal qui régit les cloches, elle ne me l’a pas envoyé alors je vais devoir faire un recours auprès de la commission des documents administratifs pour l’obtenir et voir vraiment ce que prévoit la loi en local sur les cloches. Et ensuite je confronterai tout ça pour voir quelles pistes nous avons. Je n’exclus pas d’aller sur un recours juridique".

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