Station de ski fermée par manque de neige : “Si le réchauffement continue, on sera condamnés”

Faute de neige, la station de ski de Chastreix-Sancy (Puy-de-Dôme) est fermée depuis le samedi 17 février. Le cœur lourd, le directeur espère des jours meilleurs, sans trop y croire.

Personnes sur les pistes, personnes dans les commerces de la station de ski de Chastreix-Sancy. A peine 25 clients ont poussé la porte du magasin d'un loueur de skis ces trois derniers jours, contre des centaines en temps normal. Les professionnels sont au repos forcé. “Cela a un gros impact sur l'exploitation. Effectivement, les gens ont du mal à se mobiliser, les usagers ont du mal à se projeter dans le ski. Cela fait baisser les chiffres de fréquentation. Avec le personnel c'est assez compliqué, parce qu'il faut les garder mobilisés, les garder surtout sous contrat, c'est l'objectif pour qu'ils puissent revenir quand la neige est là”, explique Thibault Maillard, directeur de la station de Chastreix-Sancy. 

Tout ce qu'on va espérer, c'est d'aller à la saison prochaine.

Thibault Maillard, directeur de la station Chastreix-Sancy

Le mois de février représente 80 à 90% du chiffre d'affaires annuel des commerces de la station. Alors la peur du vide se fait sentir. Un restaurant n’a servi que 8 repas ce midi contre une centaine les jours d’affluence. “On n'a pas fait encore les bilans financiers mais la saison sera très mauvaise dans tous les cas, même si on a encore les 15 prochains jours des vacances de février. Ça va se répercuter sur toute la partie maintenance et développement de la station, il n'y aura pas de projet cette année, c’est sûr. Tout ce qu'on va espérer, c'est d'aller à la saison prochaine. Ça sera l’objectif”, indique Thibault Maillard. 

Tenir jusqu'à la prochaine saison

Des chutes de neige annoncées en fin de semaine redonnent espoir aux professionnels pour sauver leur saison, sans trop y croire : “En fin de saison, on fait le bilan financier. Si les résultats sont bons, ça nous permet d'investir sur des enneigeurs, sur un peu plus de maintenance, sur les remontées mécaniques, sur tout ce qui est entretien d'appareil de damage, outillage... Malheureusement si en fin de saison le bilan est très moyen, on ne peut plus se permettre de poursuivre ce développement. On ne fait que la maintenance obligatoire, celle qui nous est imposée par la réglementation et celle qui peut induire des failles sur la sécurité. Tout le reste passe à la trappe. On change d'objectif, ce n'est plus de développer mais c'est juste d'aller à la saison d’après”, regrette Thibault Maillard. 

"Une petite station comme Chastreix ne peut pas se permettre de basculer sur du 4 saisons"

Sans la neige, c’est tout un modèle économique qui s’effondrerait : "On ne mise que sur le ski parce qu'on n'a pas cette capacité à développer d'autres choses. Le développement de ce qu'on appelle le 4 saisons coûte très cher et, pour le moment ça n’a pas montré sa rentabilité partout, ça reste à charge sur la partie hivernale. Malheureusement une petite station comme Chastreix ne peut pas se permettre de basculer sur du 4 saisons. On n’a pas le potentiel, on n'a pas les lits en bas de la station, les commerces, cela serait très compliqué de basculer sur des projets comme ça. Notre seul espoir, c'est de continuer sur la neige, en espérant qu'on puisse faire des hivers corrects. Ça nous permettra peut-être de combler les hivers un peu moins bons”, affirme Thibault Maillard. 

Une fuite en avant

Si quelques ajustements sont possibles, rien dans cette station ne remplacera la neige, selon son directeur : “L’adaptation est très compliquée. On essaie de rajouter des enneigeurs, c'est un peu la fuite en avant. Dès qu'on a les moyens, on va essayer d'aménager un peu les pistes, revégétaliser et aménager les pistes pour qu'elles puissent travailler avec moins de neige, c'est un peu la seule adaptation. On sait qu'à terme, si le réchauffement continue, on sera condamnés. On n'a pas d'autres issues pour le moment”. D’ordinaire à cette période, 1 500 skieurs arpentent les pistes chaque jour. Cette année, ils sont éparpillés dans les stations voisines, certains sont allés sur les chemins de randonnée, d'autres sont repartis plus tôt, sans compter ceux qui n’ont même pas fait le déplacement. 

 

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