Tempête Frederico. "En 10 ans, je n'avais jamais pris une telle décision" : pourquoi bus et tram ont été arrêtés à Clermont-Ferrand

Jeudi 16 novembre, la tempête Frederico a frappé Clermont-Ferrand, causant de nombreux dégâts. En raison des vents violents, aucun bus et aucun tram n’a pu circuler une bonne partie de l’après-midi. On vous explique comment cette décision a été prise.

Une rafale de vent mesurée à 126 km/h à Clermont-Ferrand. Jeudi 16 novembre, la tempête Frederico et ses vents violents se sont abattus sur la capitale auvergnate. En début d’après-midi, la décision a été prise d’interrompre le trafic du tram et des bus. C’est François Rage, président du SMTC (Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération clermontoise) qui en est l’instigateur. Il explique pourquoi il a pris cette décision : "Cela fait partie de mes responsabilités, en tant que président du SMTC, en lien avec notre exploitant T2C, qui m’a fait remonter les informations sur l’état de la situation. On a eu une première alerte avec un tram qui a eu des vitres brisées en haut du viaduc Saint-Jacques : on a interrompu le tram mais on l’a laissé fonctionné de chaque côté".

La vidéo ci-dessous montre le tram avec les vitres brisées.

Il poursuit : "On a décidé ensuite d’arrêter le tram, après avoir eu des informations : il y avait plein d’objets sur la voie. L’idée est de mettre en sécurité les usagers et les chauffeurs. On ne peut pas faire circuler le tram avec des objets sur la voie. Ensuite, on a eu la même situation sur les bus, avec des arbres tombés, le toit du lycée Jeanne d’Arc tombé juste devant un bus. On a pris la décision de faire rentrer l’ensemble des bus".

Un internaute a pu filmer la partie du toit du lycée qui s'envole. 

Je sais que cela pose un problème mais à chaque fois, ce qui nous guide, c’est la sécurité

François Rage, président du SMTC

Pour François Rage, la sécurité des usagers et des chauffeurs prévalait : « On ne peut pas prendre le risque qu’il y ait un arbre qui tombe sur un bus avec 50 personnes dedans. On a estimé à ce moment-là que la sécurité n’était pas assurée ». La décision d’interrompre le tram a été prise vers 14 heures et les bus vers 15h30. Le président du SMTC se justifie : « Cette décision se fait en lien avec la préfecture, avec une cellule de crise. Dans un premier temps, on a dû gérer les établissements scolaires. L’Education nationale a vu avec les proviseurs des collèges et des lycées comment informer les parents d’élèves qu’il n’y avait pas de transport public. On avait l’intention de faire repartir les bus et on a pensé que les gens pouvaient attendre un peu. Ils sont plus en sécurité confinés dans leur bureau que sur la voirie, dans des bus ».

Des bus et des rames de tram abîmés

Pour François Rage les signaux d’alerte étaient nombreux : « Ce n’était pas des incidents isolés, il y en avait sur l’ensemble du réseau. On a 9 rames de tram et 2 bus qui ont été abîmés en rentrant tout le monde : vous imaginez ce qui aurait pu se passer si on avait eu du trafic tout l’après-midi. On ne peut pas prendre le risque qu’un toit s’envole et tombe sur un bus. C’est vrai que cela gêne les usagers mais on les met en sécurité. C’est essentiellement cela qui nous guide. Il y avait aussi beaucoup de panneaux de signalisation qui sont tombés, des feux tournés dans le mauvais sens : la sécurité n’était pas assurée. Le tram et les bus n’étaient pas en situation de circuler en toute sécurité ».

Des règles de sécurité

Le président du SMTC évoque les règles de sécurité qui existent : « Sur le tram, les règles sont très encadrées. Par exemple, il y a une règle qui dit que s’il y a des objets sur la voie, on est obligés de s’arrêter. Il y a un risque de déraillement. Ces règles sont définies par l’Etat dans le cadre d’une réglementation. Pour les bus, c’est nous qui voyons avec notre exploitant ». François Rage assume sa décision et rappelle le caractère exceptionnel de l’interruption du trafic : « En 10 ans à la tête du SMTC je n’avais jamais pris une telle décision. Cela m’était arrivé pour des bouts de lignes. C’est la sécurité avant tout qui prime. Il n’y a que cela qui guide nos choix. On considérait que le transport ne pouvait plus fonctionner. Ce n’est jamais une décision facile à prendre. Je pense que les gens ont compris. Ce qui a été compliqué c’est qu’il y a eu plus de voitures en ville et des voiries où on ne pouvait pas passer. Il y a eu des ralentissements importants ». Finalement, le trafic des bus a repris en partie jeudi à 18h15. Le tram n’a pu redémarrer que ce vendredi 17 novembre. 

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