Train Clermont – Paris : ce que les usagers attendent de la rencontre avec le ministre

Le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires Christophe Béchu devrait faire des annonces vendredi 23 février à l’occasion d’une rencontre avec le Collectif des usagers du train Clermont-Paris. Voici ce que le collectif espère voir acté dans le plan d’urgence.

La réunion trimestrielle du groupe de travail technique consacrée à la ligne de train Clermont-Ferrand – Paris se tiendra à la préfecture de Clermont ce vendredi 23 février. Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires et Jean-Pierre Farandou, PDG du groupe SNCF, y participeront. La porte-parole du Collectif des usagers du train Clermont-Paris Stéphanie Picard y sera également, et elle compte bien en profiter pour faire remonter des doléances. En effet, un plan d’urgence doit être mis en place, et les suggestions des usagers ne manquent pas : “On considère que tout le monde doit faire un effort, la SNCF et l'État et les autorités organisatrices, ainsi que la région parisienne. En arrivant sur Paris, souvent, les trains accusent beaucoup de retard dans le sens Clermont – Paris, des petits retards en raison de la régulation du trafic à l'arrivée à Paris. Un petit retard de 5 ou 10 minutes au départ à Clermont finit en 50 minutes ou 1 heure à Paris. On se dit qu'il y a peut-être quelque chose à faire, en tout cas dans le plan d'urgence.” 

Plus de moyens matériels et humains

Elle souhaite également demander à ce que des moyens humains supplémentaires soient déployés sur la ligne : “Il n’y a pas d'équipe d'astreinte à Nevers, l'équipe d'astreinte est venue de Clermont-Ferrand pour dépanner le train du 19 janvier et ce n'est pas acceptable. On sait que les problèmes et les avaries sont très souvent entre Montargis et Nevers. Il nous semble que positionner des équipes prêtes à intervenir rapidement dans cette zone-là irait dans le bon sens”. Stéphanie Picard compte aussi interpeller les ministres sur la location de locomotives : “On a eu pendant plusieurs mois au moins un aller-retour par jour supprimé sur cette ligne, depuis novembre jusqu'au 8 février parce qu'il n'y avait pas suffisamment de locomotives en état de fonctionnement pour tirer des trains. On ne comprend pas que dans ces conditions, on ne loue pas davantage de locomotives, sachant qu'il y a des solutions de location, notamment à la SNCF. Je pense que c'est acquis puisque ça a été annoncé.” 

Protéger les nouvelles rames

Elle dénonce également les traversées d’animaux en Sologne, qui mettent hors-service du matériel roulant et qui pourraient, selon elle, être évitées : “Quand y a un problème de caténaire par exemple, on répare et ça repart. La locomotive va repartir dès le lendemain ou le jour même. Quand on heurte un sanglier, la locomotive ne repart pas. Elle met des semaines à être réparée dans les ateliers de maintenance. Dans les ateliers de maintenance, les délais de réparation des locomotives se sont allongés. Deux raisons a priori, c'est qu'ils ont du mal à avoir les pièces aussi rapidement qu'avant et surtout qu’il y a un manque de personnel dans les ateliers. Ils en sont à aller rechercher des retraités ! On va parler de ce besoin de renforcer les ateliers de maintenance. On demande en urgence, à mettre du grillage pour prévenir les heurts. Ils savent faire et ça peut être fait très rapidement. Il n'y a pas besoin de faire des études supplémentaires. Il faudrait que ce soit fait rapidement parce que les rames Oxygène, c'est quand même du matériel neuf qui va être jeté en pâture aux sangliers, ce n'est pas possible. Quelle boîte accepterait de faire ça ?”  

Geler les tarifs

Stéphanie Picard craint également une augmentation du prix du billet, inacceptable selon elle au vu des difficultés et des nombreuses avaries sur la ligne : “Ce qu’on demande aussi depuis l'année dernière, c'est le gel des tarifs. On a quand même eu une augmentation. N'importe quelle augmentation est inacceptable sur cette ligne quand on voit la qualité du service qui se dégrade. On a obtenu le gel des tarifs seulement jusqu'en 2024 et on redemande à nouveau un gel”, précise-t-elle. Une autre crainte des usagers, d’éventuels retards dans les travaux promis : “Je vais les questionner sur la date de livraison des rames Oxygène, normalement les premières sont livrées en juin ou juillet 2025 et leur mise en circulation va s'étaler jusqu'à fin 2026. Il y a quand même de grandes chances et quelques signaux faibles qui laissent penser que c'est probablement dans le champ du réel qu'il y ait encore des délais supplémentaires et que ce soit reporté. On sait qu'il va y avoir encore probablement des avaries, des problèmes pendant cette période.”  

Un temps de parcours plus long

L’état global de la ligne l’indigne : "Il faut avoir en tête qu'en 2008 on était à 02h58 de Paris. Une fois que tout le matériel roulant aura été remplacé, une fois que tous les travaux auront été achevés, on mettra 03h06 au mieux. En 20 ans, on aura rallongé le temps de parcours de 8 min et on n’a aucune perspective aujourd’hui d'améliorer ce temps de parcours. On se bat pour que cette phase-là des investissements nous permette de rejoindre Paris en 02h30 pour nous faire faire une entrée dans le monde moderne. Partout en France, on se rapproche. Regarder Bordeaux, regardez Rennes, toutes les villes de France, et nous, on nous rallonge le temps de parcours. On nous a demandé en décembre de choisir, on nous a dit qu’on ne pourrait pas à la fois réduire le temps parcours et fiabiliser le temps de parcours sur cette ligne. Il faut choisir entre fiabiliser ou réduire son temps de parcours ! Nous on dit qu’on prend les 2. On n'est pas traité comme tout le monde. C’est assez désobligeant, c'est très parisien cette manière de raisonner”. Cette ligne a accueilli près de 2 millions de voyageurs en 2022.