Ligne SNCF Clermont-Paris : "Les Auvergnats ne sont pas des citoyens de seconde zone", martèle Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, avait convié le président de la SNCF devant la gare de Clermont-Ferrand ce vendredi 9 février. En l'absence de ce dernier, il a détaillé un certain nombre de mesures attendues d'ici la fin du mois, faute de quoi, la Région retirera ses financements.

Le 23 janvier, le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a annoncé avoir convoqué le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. Il lui demandait notamment un "plan de mesures concrètes et immédiates", qu'il devait présenter sous quinze jours aux élus et acteurs de terrain. Pour rappel, cette convocation intervenait quelques jours après un énième retard (presque huit heures) sur la ligne Paris-Clermont. Quelque 700 voyageurs avaient alors passé la nuit dans un train à l’arrêt, dans des conditions de grand froid ayant nécessité l’intervention de la Croix-Rouge et de pompiers.

"Une ligne de la honte"

Ce vendredi, Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, avait invité le président de la SNCF, ainsi que des journalistes, devant la gare de Clermont-Ferrand. Si Jean-Pierre Farandou "n’a pas daigné se déplacer, nous, on est là", a martelé Laurent Wauquiez. Il a indiqué être là pour marquer sa "colère face à une ligne aujourd’hui devenue une ligne de la honte. Une ligne sur laquelle les Auvergnats sont maltraités, sur laquelle les retards sont chroniques, des retards qui accumulent des heures apocalyptiques. Je rappelle que cette ligne est gérée par l’Etat, que la Région a accepté de mettre 43 millions d’euros sur la table. Ce qui est un montant colossal pour une ligne qui n’est pas de notre responsabilité. Je le dis clairement, ça suffit !

Il a proposé plusieurs mesures concrètes pour que les Auvergnats aient des trains qui soient à l’heure, qu’ils soient à peu près confortables, et abordables. "Est-ce que c’est trop demander ?", interroge le président de la Région. 

Des mesures concrètes

Tout d'abord, Laurent Wauquiez tient à souligner que les solutions de substitutions par le car ne seront pas acceptées. "On veut des trains. C’est la moindre des choses, on parle de Clermont-Ferrand, de l’Auvergne." Deuxièmement, il demande que la ligne soit sécurisée et qu'il y ait des points opérationnels qui soient émaillés le long de la ligne, pour qu’il puisse y avoir un secours quand le train tombe en panne. "Il n’y a quasiment pas de centre de maintenance. Donc dès qu’il y a le moindre incident, le train reste au milieu de la campagne et on attend des heures pour qu’il y ait une solution pour pouvoir intervenir."

Il demande également à ce que deux locomotives partent pour les trains les plus à risque, de façon à ce que si l'une est défaillante, l'autre puisse prendre le relais. Il pointe également du doigt le prix des billets. "Les Auvergnats ne sont pas des citoyens de seconde zone. Surtout quand la SNCF n’est pas capable de fournir un service de qualité, il faut que le prix soit ajusté."

La Région menace de retirer ses financements

Il attend à ce que ces mesures soient mises en place avant la fin du mois, sans quoi Laurent Wauquiez assure que la Région retirera ses financements. "Je ne vais pas mettre 40 millions d’euros si ça sert à rien. On est partenaire, la Région finance une ligne qui est celle de l’Etat, maintenant j’ai besoin d’avoir des avancées et des garanties de résultats." Il dit avoir bon espoir pour que le ministre du transport "nous aide pour qu’enfin, la SNCF comprenne qu’on ne traite pas l’Auvergne de cette façon."

Si le président de la SNCF ne s'est pas déplacé aujourd'hui, les deux hommes seront amenés à se voir rapidement, puisque jeudi prochain, à Lyon, ils doivent signer la nouvelle convention TER.