Tremblement de terre : quel risque dans le Puy-de-Dôme ?

En Auvergne, les derniers séismes importants remontent au XVe siècle. / © CHRISTIAN MIRANDA / AFP
En Auvergne, les derniers séismes importants remontent au XVe siècle. / © CHRISTIAN MIRANDA / AFP

Lundi 11 novembre, un séisme a frappé la zone de Montélimar dans la Drôme. Quel est le risque dans le Puy-de-Dôme ? Nous avons interrogé une spécialiste, géologue et experte en risques naturels.
 

Par Catherine Lopes

Lundi 11 novembre, un séisme de magnitude 5,4 sur l’échelle de Richter s’est produit dans la zone de Montélimar dans la Drôme. Certains habitants ont ressenti les secousses jusqu'en Haute-Loire et dans le Puy-de-Dôme. Mais au pays des volcans, quel est le risque dans le Puy-de-Dôme ? Monique Terrier-Sedan, géologue et experte en risques naturels au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), explique : « Le zonage sismique de la France revu au début des années 2000 indique une nouvelle fois un risque faible à modéré centré sur Clermont-Ferrand. Au-delà, en limite des bassins parisien et aquitain, le zonage indique un niveau de risque très faible. De ce zonage découle une réglementation spécifique, où pour chacune des zones, des paramètres de construction sont à prendre en considération. Ainsi, plus le risque est fort, plus les paramètres de dimensionnement pour les bâtiments sont contraignants. De même, plus l’usage du bâtiment présente un enjeu important, plus on prendra des paramètres contraignants ».
 

Trois séismes importants au XVe siècle

Si cette zone de sismicité modérée centrée autour de Clermont-Ferrand a été définie, c’est en raison d’une série de séismes qui se sont produits en Auvergne au XVe siècle. Les recherches des scientifiques ont permis de définir une base sur les séismes historiques survenus au cours du dernier millénaire ; cette base est probablement complète pour les séismes d’intensité au moins égale à 6. Plus loin dans le temps, la période est trop ancienne. Monique Terrier-Sedan raconte : « En Auvergne, le premier séisme connu remonte à 1450, avec une intensité de 7. L’intensité est basée sur une échelle qualitative qui donne la façon dont on ressent le séisme, à la différence de la magnitude qui est la traduction de l’énergie du séisme. En 1450, un grand nombre d’habitants de la région ont ressenti le tremblement de terre et ont été effrayés. Du mobilier s’est déplacé et il y a eu des fissures. Il y a eu un autre séisme en 1477, un peu plus violent, avec une intensité estimée entre 7 et 8. Des bâtiments ont connu des dégâts plus importants. Le clocher de l’église Notre-Dame-du-Port de Clermont-Ferrand et le mur d’enceinte de la ville se sont écroulés. Enfin, en 1490, un séisme encore plus violent s’est produit. Son intensité est estimée à 8 ». Ces trois séismes du XVe siècle ont eu une magnitude estimée entre 5 et 6, ce qui correspond au tremblement de terre qui s’est produit lundi 11 novembre dans la région de Montélimar. Depuis ces séismes historiques, l’Auvergne n’a pas connu de tremblement de terre d’intensité très importante : il y a juste eu quelques secousses d’intensité 4 à 5, et de magnitude plus modérée.
 

Une sismicité de fond en Auvergne

Quand on interroge la scientifique sur le risque de voir de nouveaux tremblements de terre se produire, voilà sa réponse : « En Auvergne, il y a une sismicité de fond, avec des petites secousses de réajustement. Mais en France on est loin des grosses limites de plaques entre l’Afrique et l’Europe. De temps en temps, on peut avoir un gros séisme. La difficulté est de dire de combien est ce temps en temps ». Si vous êtes inquiets, soyez rassurés : en effet, tout le territoire national est surveillé. De plus, chaque fois qu’une secousse est relativement importante, un bulletin d’alerte est émis.
 

Sur le même sujet

Les + Lus